[Visite privée] Les salons littéraires du Paris Romantique

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Exposition « Paris Romantique 1815-1848 : les salons littéraires »
Musée de la Vie Romantique (Paris)
22 mai – 15 septembre 2019

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, les plus grands noms de la littérature – parmi lesquels Charles Baudelaire, Victor Hugo, Alfred de Musset, Théophile Gautier – se réunissent dans des salons en compagnie d’autres artistes pour échanger sur leurs créations.
Grâce à la présentation de plus d’une centaine d’œuvres, partez à la découverte des salons littéraires parisiens avec Gaëlle Rio, directrice du musée de la Vie Romantique et commissaire de l’exposition.

Des poètes encamaradent des musiciens, des musiciens les peintres, les peintres des sculpteurs ; on se chante sur la plume et sur la guitare ; on se rend en madrigaux ce qu’on a reçu en vignettes ; on se coule en bronze de part et d’autre. » – Henri de Latouche dans « La Revue de Paris » en 1829

« François-Guillaume Andrieux faisant la lecture de sa tragédie « Junius Brutus » » par François Joseph Heim (1787-1865) – Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Détail de « François-Guillaume Andrieux faisant la lecture de sa tragédie « Junius Brutus » » par François Joseph Heim (1787-1865) – Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Je prends la liberté de vous proposer de venir jeudi prochain à mon domicile vous embêter d’une galette de vers que je dois lire à ces Messieurs. Vous y trouverez, je pense, Delaroche et Mérimée, et moi je serai enchanté d’avoir votre avis. » – Lettre d’Alfred de Musset à Eugène Delacroix, le 17 décembre 1829

Abandonnés à la suite de la Révolution française, les salons réapparaissent durant la Restauration et deviennent de hauts lieux du romantisme. Les auteurs ont pour coutume d’y réciter leurs vers ou de les écrire sur des albums. Musiciens, poètes, peintres, sculpteurs se côtoient: c’est la « fraternité des arts » si chère aux artistes et écrivains.

« Le Salon de M. Irisson, le soir du 19 août 1839 » par Prosper Lafaye (1806–1883) – Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Détail de « Le Salon de M. Irisson, le soir du 19 août 1839 » par Prosper Lafaye (1806–1883) – Musée Carnavalet, Histoire de Paris
‘Une soirée à l’Arsenal » (vers 1830) par Antoine, dit Tony Johannot – Bibliothèque nationale de France

Quelques disciples saints, les soirs, dans le cénacle/Se rassemblaient, et là parlaient du grand miracle. » – Charles-Augustin Sainte-Beuve

« Salon de madame Récamier à l’Abbaye-aux-Bois » (1826) par François Louis Hardy de Juinne dit Dejuinne – Musée du Louvre
« Chateaubriand en costume de pair de France » (1828) par Pierre-Louis Delaval – Châtenay-Malabry, maison de Chateaubriand
« L’artiste et son frère Achille » (1836) par Eugène Devéria (1805-1865) – Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
« Le Giaour » (1832) par Ary Scheffer (1795-1858) d’après « Le Giaour » de Lord Byron – Musée de la Vie Romantique
« Combat du Giaour et du Pacha »‘ (1835) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
« Portrait de Delphine Gay, madame Émile de Girardin » (1824) par Louis Hersent (1777- 1860) – Musée national des châteaux de Versailles et Trianon
« Charles Baudelaire » (1821-1867) par Emile Deroy (1820-1846) – Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Ce confrère était alors un long garçon sans fin, maigre en diable et dégingandé – quelque chose comme une ficelle avec des noeuds –, émerillonné, toujours en quête d’aventure […] indiscutablement laid, de tenue suffisamment modeste sinon parfois délabrée. » – Nadar décrivant Charles Baudelaire dans des écrits publiés à titre posthume en 1911

Situé dans le quartier de la « Nouvelle Athènes », l’hôtel Scheffer-Renan abrite le musée de la Vie romantique de la Ville de Paris.

En savoir +

Sur le site Internet du Musée de la Vie Romantique

Musée de la Vie Romantique
Hôtel Renan-Scheffer
16, rue Chaptal
75009 Paris

[Exposition] Dessins italiens de la collection Mariette au Louvre

Exposition « Dessins italiens de la collection Mariette »
Musée du Louvre
27 juin – 30 septembre 2019

Avec environ 9.600 feuilles, Pierre Jean Mariette a réuni l’une des collections les plus fascinantes du XVIIIe siècle, visant à offrir un résumé de l’histoire du dessin.
La nouvelle exposition Arts Graphiques du Louvre permet de présenter une centaine de feuilles de cette collection. Raphaël, Michel-Ange, les Carrache, Guido Reni, Guerchin sont au rendez-vous… mais les dessins de Léonard de Vinci attendent sans doute d’être dévoilés à l’occasion de l’exposition-événement de la rentrée.

Dernier représentant d’une dynastie de marchands d’estampes, admis comme « associé libre » à l’Académie royale de peinture et de sculpture, Pierre Jean Mariette (1694-1774) est graveur et dessinateur, critique d’art et collectionneur.

On compte les curieux qui, comme moi, donnent la préférence aux ouvrages des maîtres italiens, sur ceux des peintres qu’ont produits les Pays-Bas (…). Cela ne m’empêche pas de suivre mon goût, aussi n’est-ce point une exagération de vous dire que ma collection, formée dans cet esprit-là, est peut-être la plus complète et la mieux choisie qui soit en Europe. » – Pierre Jean Mariette dans une lettre du 12 décembre 1769

En 1717, Pierre Jean Mariette alors âgé de 23 ans entreprend son unique voyage. Il passe plus d’un an à Vienne, puis gagne l’Italie en décembre 1718. Ce voyage se poursuivra jusqu’en juin 1719.

« Chaque dessin a été choisi avec grand soin, que ce dessin fût d’un artiste réputé ou d’un dessinateur moins célèbre mais dont l’œuvre ne méritait pas de sombrer dans l’oubli. Réunion de feuilles d’une qualité exceptionnelle, la collection Mariette est également une école, une école de l’œil. Elle permet de faire connaissance avec des artistes négligés dont les dessins n’ont pas démérité. »- Pierre Rosenberg dans « Les dessins de la collection Mariette » (Electa) en collaboration avec Lure Barthélemy-Labeeuw

Un dessin d’Italie n’est regardé qu’avec une sorte d’indifférence. Cela ne m’empêche pas de suivre mon goût. » – Pierre Jean Mariette

En passant, j’aurai l’honneur de vous dire que Louis Carrache est mon héros, son génie noble, son grand dessin et sa manière terrible de composer me charment et me surprennent tout ensemble. » – Pierre Jean Mariette dans une lettre à son père

Le choix de Mariette, l’attention et le soin apportés à la mise en valeur de chaque feuille sont d’une certaine façon une leçon sur la manière de traiter les œuvres du passé. L’œil de Mariette est en quelque sorte créatif, même si, parfois, il traite ses dessins, les retouchant, les agrandissant, les divisant par la tranche, les coupant en deux dans leur épaisseur, d’une manière que nous jugeons aujourd’hui bien désinvolte. » – Pierre Rosenberg dans « Les dessins de la collection Mariette »

Le « montage Mariette » se reconnaît au papier bleu, au cartouche adapté au style du dessin qui porte le nom de l’artiste – et aussi à l’élégance de sa mise en page – le jeu des filets ombrés, les couleurs des premiers cadres relevant le dessin, la qualité du bandeau doré, etc.

Après sa mort, les dessins rassemblés par Mariette firent l’objet d’une vente aux enchères à Paris en 1775. De nombreuses feuilles furent acquises pour le roi et font aujourd’hui partie des collections du Louvre. L’essentiel de la collection fut dispersé.

Sources :
– dossier de presse de l’exposition « Dessins italiens de la collection Mariette »
– « Les dessins de la collection Mariette » (Electa) de Pierre Rosenberg en collaboration avec Lure Barthélemy-Labeeuw

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

En savoir +

Regardez la conférence de présentation de l’exposition avec Pierre Rosenberg, Président-Directeur honoraire du musée du Louvre, Victor Hundsbuckler, musée du Louvre, Laure Barthélemy-Labeeuw et Marie-Liesse Delcroix.

Exposition « Dessins italiens de la collection Mariette »
Musée du Louvre
27 juin – 30 septembre 2019

[Louvre] Pyramide liquide

Imaginez la pyramide du Louvre, un soir d’été.
Son image se reflète et ondule sur l’eau des bassins.
Retournez l’image.

« La pyramide a le même esprit que le ciel de Paris. » – Ieoh Ming Pei cité par « Paris Match »

La pyramide du Louvre fête ses 30 ans cette année.

[Visite privée] Dans l’atelier, la création à l’œuvre au musée Delacroix

Exposition « Dans l’atelier, la création à l’œuvre »
Musée national Eugène-Delacroix
15 mai – 30 septembre 2019

La nouvelle exposition du musée Eugène-Delacroix propose une immersion dans le processus créatif du peintre, mettant en évidence les sources auxquelles il s’est référé. Delacroix conservait dans son atelier les dessins et les études préparatoires à toutes ses œuvres, autant de documents qu’il pouvait reprendre et réutiliser pour d’autres compositions ou projets.
De l’histoire d’Ovide aux mythes de Médée et d’Orphée, des peintures des fauves aux représentations de « têtes coupées », Dominique de Font-Réaulx, commissaire de l’exposition, nous guide dans les salles du musée, illustrant le lien créatif qui unit Delacroix à ses pairs et à ses successeurs.

L’exposition montre des vues d’atelier par Frédéric Bazille et Delacroix lui-même.

Dans la peinture, il s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle du spectateur. » – Eugène Delacroix dans son « Journal », 8 octobre 1822

Il faut toujours gâter un peu un tableau pour le finir. Les dernières touches destinées à mettre de l’accord entre les parties ôtent de la fraîcheur. Il faut paraître devant le public en retranchant toutes les heureuses négligences qui sont la passion de l’artiste. » – Eugène Delacroix dans son « Journal »

Les tigres, les panthères, les jaguars, les lions. D’où vient le mouvement que la vue de tout cela a produit chez moi ? » – Eugène Delacroix dans son « Journal », 12 janvier 1847

Ce fragment de Géricault est vraiment sublime […] C’est le meilleur argument en faveur du beau comme il faut l’entendre. » – Eugène Delacroix dans son « Journal », 5 mars 1857

En savoir +

Exposition « Dans l’atelier, la création à l’œuvre »
15 mai – 30 septembre 2019
Musée national Eugène-Delacroix
6, rue de Furstenberg
75006 Paris

[Visite audio] Manuscrits de l’extrême à la BnF

Exposition « Manuscrits de l’extrême : Prison, passion, péril, possession »
Bibliothèque nationale de France (Paris)
9 avril – 7 juillet 2019

La Bibliothèque nationale de France présente près de 150 manuscrits, parmi lesquels des écrits de Marie Curie, Victor Hugo, Saint-Simon, Paul Celan ou Alfred Dreyfus, ainsi que des mots d’anonymes, simples soldats, prisonniers, hommes et femmes ordinaires traversant une période de la vie où tout bascule.
Une exposition au propos sensible et qui vous « prend aux tripes ».

Suivez Laurence Le Bras, commissaire de l’exposition, pour une visite audio exclusive et découvrez les histoires que nous racontent ces documents exceptionnels.

Pour en savoir + sur l’exposition, rendez-vous sur le site de la BnF en cliquant ici : BnF.

 

Mon petit Papa chéri, nous sommes dans le train pour l’Allemagne toutes les deux, bonne santé bon moral. Renseigne toi Croix Rouge. Ne t’inquiète pas pour nous. Courage mon Petit Père. À bientôt. C’est la fin ! Nous t’embrassons bien bien fort.. Tes deux petites filles qui t’aiment de de tout leur cœur. Simone, Marie » – Simone et Marie Alizon – Message jeté du train de déportation 24 janvier 1943.

En toute amitié à mes camarades féminins et masculins qui m’ont précédé et me suivront dans cette cellule. Qu’ils conservent leur foi. Que Dieu évite ce calvaire à ma bien aimée fiancée. » – Signature illisible au dos d’une chaise retrouvée au siège de la Gestapo à Paris

Mon Dieu, ayez pitié de moi !mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants ; adieu, adieu ! Marie-Antoinette » – Annotation quelques heures avant son exécution, 16 octobre 1793

Je commence aujourd’hui le récit de ma triste et épouvantable vie… » – Alfred Dreyfus, Journal, île du Diable (Guyane), 1895-1896

(…) Si cela vous est possible, envoyez mon corps à l’adresse que vous voyez sur la couverture, après avoir averti ma chère femme avec tous les ménagements possibles. Faîtes-moi faire un petit cercueil, quatre planches ça suffit , payez avec mon argent. Merci et adieu. Vengez-nous pour le bonheur de la France. Courage. » – Julien Meullenaere, Mort pour la France entre 1914 et 1915  – Lettre contenant ses dernières volontés, trouvée près de son corps

L’usage des mots dans une situation extrême prend souvent la forme d’un acte nécessaire, mais se heurte aussi à l’impasse du langage, la difficulté à exprimer et à transmettre le plus fidèlement possible les émotions ou les tourments les plus vifs.

L’urgence ou l’angoisse dont témoignent souvent la graphie, l’utilisation d’encres ou de papiers de fortune, montrent à quel point, dans des situations extrêmes, le manuscrit fait corps avec les circonstances dramatiques traversées par leur auteur.

Exposition « Manuscrits de l’extrême : Prison, passion, péril, possession »
Bibliothèque nationale de France
Site François Mitterrand (Paris)
9 avril – 7 juillet 2019

[Visite privée] Royaumes oubliés, de l’Empire hittite aux Araméens au Louvre

Exposition « Royaumes oubliés, de l’Empire hittite aux Araméens »
Musée du Louvre
2 mai – 12 août 2019

L’empire hittite, grande puissance rivale de l’Égypte antique, domina l’Anatolie et étendit son influence sur le Levant, jusqu’aux alentours de 1.200 avant J.-C. Sa chute donna lieu à l’émergence de royaumes néo-hittites et araméens dans les territoires de la Turquie et la Syrie modernes.

Suivez Vincent Blanchard, conservateur au département des Antiquités Orientales du musée du Louvre, pour une visite exclusive de l’exposition, à la redécouverte des sites mythiques de ces civilisations oubliées.

Diplômé en Archéologie et Histoire de l’Art et des Civilisations du Proche-Orient antique par l’École du Louvre, Vincent Blanchard est conservateur au musée du Louvre depuis 2013, après avoir été directeur du musée d’Epernay.

La découverte de Tell Halaf par le baron Max von Oppenheim

Pour cette exposition, le Pergamon Museum de Berlin prête certaines sculptures de ses collections, provenant d’un palais de la ville antique de Guzana, capitale du royaume du Bit-Bahiani. La période de son épanouissement correspond à la période du règne du roi Kapara, vers 890-870 av. J.-C. L’un de ses palais était décoré d’impressionnantes sculptures découvertes par Max von Oppenheim.

Des chambres funéraires ont également livré de magnifiques vestiges comme la grande statue d’ancêtre que Max von Oppenheim surnommait sa « Vénus ».

Par ailleurs, Max von Oppenheim découvrit 194 orthostates, dont la fonction première est de protéger la base des murs en briques crues des édifices. Leur décor est hérité de l’art syro-anatolien et mésopotamien qui présentait une alternance de dalles en calcaire peintes en rouge et en basalte noire.

Au printemps 1927, Max von Oppenheim fait transférer à Berlin une partie des sculptures découvertes à Tell Halaf. Malheureusement, pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le musée est ravagé par le feu d’une bombe au phosphore. Le basalte des sculptures, chauffé par l’incendie, explose sous le choc thermique provoqué par l’eau glacée pulvérisée par les pompiers. Des décombres, on retire alors des milliers de fragments qui sont entreposés dans les caves du Pergamon Museum.

Il faut attendre la chute du mur de Berlin pour qu’un état des lieux de la collection soit établi. Au début des années 2000, un patient travail de reconstitution et de remontage commence. Il ne faut pas moins de trois archéologues, trois minéralogistes et un technicien pour trier et identifier les fragments, et dix-huit restaurateurs et deux artisans d’art pour reconstituer, à partir des 27.000 fragments, près d’une centaine de sculptures, d’éléments architecturaux et d’outils en pierre pendant dix ans. Ce travail titanesque va permettre aux impressionnantes sculptures de Tell Halaf de rejoindre, dans quelques années, le parcours permanent du musée une fois sa rénovation achevée, comme l’avait toujours souhaité Max von Oppenheim.

Exposition « Royaumes oubliés, de l’Empire hittite aux Araméens »
Musée du Louvre
2 mai – 12 août 2019

[Exposition] Pompéi, un récit oublié au musée de la Romanité de Nîmes

Exposition « Pompéi, un récit oublié »
Musée de la Romanité (Nîmes)
6 avril – 6 octobre 2019

Nous sommes en août ou octobre de l’an 79 après J.-C. : le Vésuve entre en éruption et va bientôt ensevelir les villes de Pompéi et Herculanum. Depuis la base navale de Misène, Pline l’Ancien, homme de lettres et amiral de la flotte romaine, observe le phénomène et décide d’appareiller douze navires pour permettre aux habitants de Pompéi de fuir par la mer.
L’exposition « Pompéi, un récit oublié » revient sur ce premier cas documenté de sauvetage de civils de la part d’une force militaire.
Dans la vidéo ci-dessous, Manuella Lambert, conservateur du Patrimoine au musée de la Romanité, nous fait découvrir les acteurs de cet épisode méconnu, ainsi que les objets de la vie quotidienne à Pompéi.

Ce phénomène surprit mon oncle, et, dans son zèle pour la science, il voulut l’examiner de plus près. Il fit appareiller un navire liburnien (…) Il sortait de chez lui, lorsqu’il reçut un billet de Rectine, femme de Tascus. Effrayée de l’imminence du péril (car sa villa était située au pied du Vésuve, et l’on ne pouvait s’échapper que par la mer), elle le priait de lui porter secours. Alors il changea de but, et poursuivit avec un courage héroïque ce qu’il n’avait d’abord entrepris que par simple curiosité. Il fit préparer des quadrirèmes, et y monta lui-même pour aller secourir Rectine et beaucoup d’autres personnes qui avaient établi leur habitation sur cette côte riante. » – Pline le Jeune, lettres VI 16

« Sans doute, on m’accusera à juste titre, je ne l’ignore pas, d’ingratitude et de paresse, si je parle avec cette brièveté, et pour ainsi dire en passant, de cette terre, élève et en même temps mère de toutes les terres, choisie par la providence des dieux pour rendre le ciel lui-même plus brillant, réunir les empires dispersés, adoucir les mœurs, rapprocher par la communauté du langage des idiomes discordants et sauvages de tant de peuples, donner aux hommes la faculté de s’entendre, les policer, en un mot, devenir la patrie unique de toutes les nations du globe. » – Pline l’ancien, « Naturalis Historia », III, 39

« Que de richesses, que de charmes dans la seule côte de la Campanie, chef-d’œuvre où évidemment la nature s’est plu à accumuler ses magnificiences : ajoutez ce climat perpétuellement salubre et favorable à la vie, ces campagnes fécondes, ces coteaux si bien exposés, ces bocages exempts de toute influence nuisible, ces bois ombreux, cette végétation variée des forêts, ces montagnes d’où descendent tant de souffles de vents, cette fertilité en grain, en vin, en huile ; ces troupeaux revêtus de laines précieuses, ces taureaux au cou puissant, ces lacs, cette abondance de fleuves et de sources qui l’arrosent tout entière, ces mers, ces ports, cette terre ouvrant partout son sein au commerce, et s’avançant elle-même au milieu des flots, empressée d’aider les mortels. » – Pline l’ancien, « Naturalis Historia », III, 40-41

Le parcours s’organise autour d’un ensemble de plus de 250 objets archéologiques issus de Pompéi, Herculanum et d’autres sites importants de Campanie, exceptionnellement prêtés par des grands musées italiens.

Vous avez dit 24 août 79 ?

Jusqu’à très récemment, scientifiques et archéologues s’accordaient à dater l’éruption au 24 août 79 après J.-C., les manuscrits de Pline mentionnant les calendes de septembre. Erreur de copiste ? Un de ses écrits place l’éruption au 24 octobre. Une date confirmée par de nouveaux indices trouvés dans les nouvelles fouilles : amphores contenant du vin fraîchement pressé, braseros allumés, noix et figues vendues au marché, monnaie frappée en septembre et inscription datant du 17 octobre.

« Heureux les hommes auxquels les dieux ont accordé le privilège de faire des choses dignes d’être écrites, ou d’en écrire qui soient dignes d’être lues. Plus heureux encore ceux auxquels ils ont départi ce double avantage. Mon oncle tient son rang parmi les derniers. » – Pline le Jeune, lettres VI 16

Exposition « Pompéi, un récit oublié »
6 avril – 6 octobre 2019
Musée de la Romanité
16 Boulevard des Arènes
30000 Nîmes

[Visite privée] Homère au Louvre-Lens (2/2) Odyssée

Exposition « Homère »
Musée du Louvre-Lens
22 mars – 22 juillet 2019

Luc Piralla, directeur adjoint du musée du Louvre-Lens et commissaire de l’exposition, nous guide dans la deuxième partie de notre visite privée consacrée à l’ « Odyssée ».

Si l’ « Iliade » est essentiellement un poème d’hommes, l’ « Odyssée » consacre une place beaucoup plus importante aux figures féminines. Elles ponctuent le voyage d’Ulysse et constituent pour le héros autant d’épreuves redoutables. Ainsi, la magicienne Circé tente-t-elle de le charmer par ses potions… afin de le transformer en cochon.

Au-delà des péripéties d’Ulysse, le thème fondamental de l’ « Odyssée » reste le retour du héros à Ithaque. Être reconnu par ses proches constitue la première étape décrite par Homère, des reconnaissances qui ont été largement représentées par les artistes à l’époque moderne.

Chante-moi, ô Muse, ce héros aux mille ruses, qui longtemps erra sur la terre après avoir pillé la ville sacrée de Troie, celui qui visita les cités de tant d’hommes et connut leur esprit, celui qui sur les mers passa par tant d’angoisses, en luttant pour survivre et ramener ses compagnons dans leur patrie. »

 En savoir +

Sur la page dédiée à l’exposition du site Internet du Louvre-Lens.

Exposition « Homère »
22 mars – 22 juillet 2019
Musée du Louvre-Lens
99 Rue Paul Bert
62300 Lens

[Visite privée] Homère au Louvre-Lens (1/2) Iliade

Exposition « Homère »
Musée du Louvre-Lens
22 mars – 22 juillet 2019

À travers près de 250 œuvres, le musée du Louvre-Lens présente une grande exposition consacrée à Homère, auquel l’on prête la paternité de deux célèbres épopées, l’ « Iliade » et l’ « Odyssée ». Elle propose d’explorer les origines de l’influence du poète sur les artistes et sur la culture occidentale à travers les siècles.

Homère a-t-il existé ? Est-il l’auteur unique de cette œuvre littéraire ? Est-ce seulement pour les beaux yeux d’Hélène que la guerre de Troie aurait eu lieu ?

Plongez parmi les richesses du monde homérique avec Luc Piralla, directeur adjoint du Louvre-Lens et commissaire de l’exposition, dans la première partie de notre visite privée consacrée à l’ « Iliade ».

Aveugle, barbu, errant ou trônant, tenant un bâton ou rouleaux à la main, Homère a inspiré les artistes de toutes les époques.

Zeus, Athéna, Apollon, Arès… : l’assemblée des dieux de l’Olympe et la Muse accueillent le visiteur de l’exposition.

Chante, Déesse, la colère d’Achille, fils de Pélée, colère funeste qui causa tant de malheurs aux Achéens, qui précipita dans les Enfers les âmes courageuses de tant de héros (…) »

En savoir +

Sur la page dédiée à l’exposition du site Internet du Louvre-Lens.

Exposition « Homère »
22 mars – 22 juillet 2019
Musée du Louvre-Lens
99 Rue Paul Bert
62300 Lens

[Visite privée] La Maison de l’Empereur (3/3) à Fontainebleau

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

La troisième et dernière partie de l’exposition présente une sélection de chefs-d’œuvre de la manufacture impériale de Sèvres, cadeaux diplomatiques et étrennes offertes par l’Empereur à ses fidèles. Un ensemble exceptionnel de près de 100 œuvres.

Suivez Christophe Beyeler, conservateur en chef du patrimoine, dans la dernière partie de notre visite privée au château de Fontainebleau.

L’exposition présente une centaine d’œuvres, appartenant au château de Fontainebleau ou prêtées par des collections publiques et privées, françaises et étrangères.

Découvrez la suite de l’exposition dans la troisième et dernière partie de notre visite privée, disponibles prochainement sur mon Blog.

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

[Visite privée] La Maison de l’Empereur (2/3) à Fontainebleau

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

La deuxième partie de l’exposition présente les six Grands officiers civils de la Couronne : le Grand maréchal du palais, le Grand aumônier, le Grand maître des cérémonies, le Grand chambellan, le Grand écuyer et le Grand veneur. Elle évoque également les principales figures entourant la famille impériale.

Suivez Christophe Beyeler, conservateur en chef du patrimoine, dans la deuxième partie de notre visite privée au château de Fontainebleau.

L’exposition présente une centaine d’œuvres, appartenant au château de Fontainebleau ou prêtées par des collections publiques et privées, françaises et étrangères.

Découvrez la suite de l’exposition dans la troisième et dernière partie de notre visite privée, disponibles prochainement sur mon Blog.

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

[Visite privée] La Maison de l’Empereur (1/3) à Fontainebleau

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

Le château de Fontainebleau présente, en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Montréal, l’exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier ».

Le 18 mars 1804, Napoléon Bonaparte, Premier Consul, est proclamé « empereur des Français ». Tout au long de son règne, officiers dévoués et fidèles serviteurs organisent au quotidien la vie publique et privée de l’Empereur. Véritable instrument politique, cette « Maison de l’Empereur » est chargée d’encadrer la vie de cour, d’administrer le domaine de la Couronne et d’assurer la mise en scène du pouvoir.

Suivez Christophe Beyeler, conservateur en chef du patrimoine, pour une visite privée en 3 parties de l’exposition. La première vidéo, ci-dessous, est consacrée aux Palais impériaux.

L’exposition présente une centaine d’œuvres, appartenant au château de Fontainebleau ou prêtées par des collections publiques et privées, françaises et étrangères.

 Découvrez la suite de l’exposition dans deux autres vidéos, disponibles prochainement sur mon Blog.

Exposition « La Maison de l’Empereur. Servir et magnifier Napoléon Ier »
Château de Fontainebleau
13 avril – 15 juillet 2019

[Actu] Georges Forestier « renverse la table » et remporte le Prix château de Versailles du livre d’histoire

Cette année, pour sa deuxième édition, le Prix château de Versailles du livre d’histoire vient de récompenser Georges Forestier, professeur de littérature française à l’Université Paris IV Sorbonne, spécialiste du XVIIème siècle, pour sa biographie sur Molière.

Georges Forestier lors de la remise du Prix – Château de Versailles, le 22 mai 2019

Renverser la table !

Un livre passionnant sur le grand comédien et auteur de théâtre ; un ouvrage dans lequel Georges Forestier a souhaité « renverser la table », ne cherchant pas à vérifier chaque élément de la légende mais préférant plutôt revenir aux sources documentaires pour mieux décrire un Molière « vraisemblable ». Un véritable tour de force lorsque l’on sait que « ne subsiste ni lettre, ni brouillon, ni note, ni manuscrit » personnels de Molière. Une vraie réussite !

Catherine Pégard, présidente de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, entourée par les membres du jury et les auteurs sélectionnés

En cliquant sur l’image ci-dessous, retrouvez l’entretien que Georges Forestier m’a accordé la semaine dernière.

Ce prix littéraire, lancé en 2018 par le château de Versailles, vise à mettre en lumière le dynamisme de la production éditoriale en matière de recherche historique. L’ouvrage primé doit s’inscrire dans le cadre chronologique des 17e et 18e siècles, sans que son sujet ne soit obligatoirement lié au château de Versailles.
Mon secrétaire personnel a l’honneur d’être membre du jury.

Une partie des membres du jury à la fin des délibérations – Château de Versailles, le 22 mai 2019

[Entretien] Georges Forestier raconte Molière

Professeur à la Sorbonne, Georges Forestier est l’éditeur des œuvres complètes de Racine et de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade. Après avoir publié une biographie de Jean Racine en 2006, celle qu’il consacre à Molière vient d’être éditée chez Gallimard dans la collection NRF Biographies.
Ce livre est sélectionné pour le jury final du Prix château de Versailles du livre d’histoire qui sera décerné le 22 mai 2019.

Quelles sont les légendes qui ont été colportées jusqu’à aujourd’hui sur Molière ? Quelles sources l’auteur peut-il utiliser dès lors qu’aucun document personnel direct n’a été conservé ? Molière était-il si souvent malade et est-il mort sur scène ?

Écoutez Georges Forestier raconter Molière en démêlant le « monceau de légendes, approximations, artificieuses, extravagantes » qui entourent le mythe.

Face à l’impossibilité de me glisser dans l’intimité du coeur de Molière, j’ai cherché à reconstruire ses pensées, du moins celles qui ont pu irriguer son travail créateur. Je me suis donc proposé de rédiger une biographie vraisemblable… » – Georges Forestier dans « Molière » (page 16)

Pour la deuxième année, le château de Versailles va récompenser un auteur dans le cadre de son Prix du livre d’Histoire. Ce prix littéraire a pour objectif de soutenir et de mettre en lumière le dynamisme de la production éditoriale en matière de recherche historique. L’ouvrage primé doit s’inscrire dans le cadre chronologique des 17e et 18e siècles, sans que son sujet ne soit obligatoirement lié au château de Versailles.