Antiquités, joyaux, peintures, manuscrits, objets anciens et historiques : la Collection Al Thani est l’une des plus prestigieuses collections au monde. Elle réunit plus de 6.000 œuvres provenant de nombreuses civilisations, de l’Antiquité à nos jours.
Pendant des années, la Collection a exposé certaines de ses plus belles pièces dans les plus prestigieuses institutions internationales. Désormais, elle dispose de ses propres galeries d’expositions au cœur de Paris.
Amin Jaffer, directeur de la Collection Al Thani, vous dévoile quelques-uns des trésors exposés dans les salles de l’Hôtel de la Marine.
Situé sur la place de la Concorde à Paris, l’Hôtel de la Marine abrite un espace muséal d’une superficie de 400 m2 entièrement consacré à la Collection Al Thani.
Rhyton – Anatolie (vers 2000-1500 av. J.-C.) – Collection Al Thani
La première galerie accueille 7 chefs-d’œuvre illustrant la créativité humaine à travers les civilisations sur une période de plus de 5.000 ans.
« Contemplatrice d’étoiles » – Asie Mineure occidentale (vers 3.300-2.500 av. J.-C.) – Collection Al Thani
La sculpture ci-dessus est l’une des plus grandes et plus sophistiquées d’un type de statuette néolithique appelé Kilia, du nom du site du côté ouest des Dardanelles où a été mis au jour. Les petites statuettes de ce type sont relativement abondantes, mais, parmi les grandes versions, une douzaine seulement nous sont parvenues.
Elle représente une femme nue dont la tête, de grandes dimensions, est rejetée en arrière comme si elle regardait vers le haut, d’où son nom de « contemplatrice d’étoiles ».
Ours assis – Chine – Dynastie des Han occidentaux (206-25 avant J.-C.)- Collection Al Thani
La deuxième galerie présente 11 visages sculptés provenant de différentes périodes et de différents lieux mais réunis par un thème commun : la représentation de la figure humaine.
Buste de l’empereur Hadrien – Tête : Empire romain (première moitié du 2ème siècle), retaillée au milieu du XIIIe siècle – Buste : Venise (seconde moitié du XVIe siècle) – Collection Al Thani
Cette tête date du règne de l’empereur Hadrien, bien que la barbe ait été retaillée dans les ateliers de la cour de Frédéric II (1194-1250) qui se servit d’images des souverains de la Rome antique pour renforcer sa légitimité en tant qu’empereur du Saint Empire Romain Germanique.
Elle fut proposée en vente aux Médicis au XVIème siècle, qui n’en firent finalement pas l’acquisition. Trop chère pour le prince !
Tête de Sérapis provenant probablement d’Égypte – Empire romain (1-200 apr. J.-C.) – Collection Al Thani
Après la troisième galerie consacrée aux expositions temporaires, le dernier espace d’exposition met en valeur des matériaux précieux : objets en pierre finement ciselés, récipients en or et en argent, bijoux et ornements.
Flacon à cosmétique – Égypte – Moyen Empire, XIIe dynastie (vers 1976-1794 av. J.-C.) – Collection Al Thani
Ce flacon a été fabriqué à partir d’une pièce d’obsidienne massive, d’une taille inhabituelle, très polie. La poignée représente un cou et une tête d’un canard tournée vers l’arrière, dans une pose typique des canards qui dorment ou qui couvent. Ce motif a très probablement une signification symbolique liée à la fécondité.
Plat – Iran – Époque sassanide (300-500 après J.-C.) – Collection Al ThaniTête d’homme – Égypte – Nouvel empire (vers 1323-1313 avant J.-C.) et Pièce de jeu de la reine Hatchepsout – Égypte – Nouvel empire (1479-1458 avant J.-C.) – Collection Al Thani
Commissariat de l’exposition
Amin Jaffer, directeur de la Collection Al Thani Jasper Gaunt, conservateur d’art antique de la Collection Al Thani Émilie Foyer, assistante de conservation de la Collection Al Thani
Exposition « Pharaons Superstars »
22 juin — 17 octobre 2022
Mucem (Marseille)
Khéops, Néfertiti, Toutânkhamon, Ramsès et Cléopâtre sont des noms qui nous sont familiers. L’exposition du Mucem se propose de nous raconter comment ces rois et reines de l’Égypte ancienne sont devenus, de nos jours, des icônes internationales, tandis que d’autres, qui ont connu leur heure de gloire dans l’Antiquité, sont aujourd’hui oubliés.
C’est passionnant !
Sphinx de Nectanébo Ier – Égypte (380-361 av. J.-C.) – Musée du Louvre
Des hiéroglyphes égyptiens à la musique pop en passant par les enluminures médiévales et la peinture classique, l’exposition présente près de 300 pièces issues des fonds du Mucem et des plus grandes collections françaises et européennes.
« L’idée étant de faire connaître des pharaons importants ou sans gloire de leur vivant, et de suivre leurs destins jusqu’au XXIe siècle de notre ère, tout en exposant les raisons et les événements qui en ont fait des “superstars” au fil des siècles ou les ont maintenus dans l’oubli collectif. Autrement dit, exposer “l’ironie de l’Histoire”. » – Frédéric Mougenot, commissaire général de l’exposition
Poing gauche d’un colosse de Ramsès II – Égypte (XIIIe siècle av. J.-C.) – British Museum (Londres)
3 000 ans d’histoire, quelques règnes mémorables
Les sources antiques témoignent abondamment de la popularité dont quelques pharaons ont joui après leur mort, parfois sur plusieurs siècles voire des millénaires.
Pied d’un autel consacré à Ramsès II, réutilisé par Ramsès III, Ramsès VII et Ramsès IX – Mit Rahina, Égypte (XIIe-XIIe siècle av. J.-C.) – Musée d’Archéologie méditerranéenne (Marseille)
Dans la pensée égyptienne, l’individu survit dans l’au-delà aussi longtemps que son nom demeure – écrit ou prononcé –, et tant que ses images sont conservées. Le roi prépare donc son propre culte funéraire par l’érection de temples et de statues qui portent ses noms, inscrits sur des cartouches. Il cherche aussi à s’attirer la bénédiction de ses prédécesseurs divinisés. Il doit surtout œuvrer de façon visible pour la communauté et susciter l’amour de ses sujets, même après sa mort. Or, ce ne sont pas toujours les pharaons les plus méritants dans ces domaines qui sont parvenus jusqu’à nous.
Détail du fragment de paroi d’une tombe figurant le roi Menkaouhor mille ans après son règne – Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – Musée du Louvre
Les monuments royaux, temples, pyramides et colosses marquent le paysage de la vallée du Nil. Ils sont la trace laissée par les pharaons qui les ont érigés, notamment Khéops, le célèbre commanditaire de la Grande Pyramide, mais également Téti et Menkaouhor, moins connus aujourd’hui mais longtemps commémorés par les anciens Égyptiens.
À droite : statue de dieu-faucon protégeant un pharaon, probablement Nectanébo II – Égypte (IVe siècle av. J.-C.) – Musée du Louvre
La monarchie pharaonique est censée être éternelle et ininterrompue. C’est pourquoi le roi prend soin d’apparaître comme le digne héritier de ses prédécesseurs les plus prestigieux : il leur consacre des monuments et des offrandes et s’inspire de leurs images et de leurs titulatures.
Détail de la statue d’Amon et de Toutankhamon dont les images et les noms ont été détruits – Karnak ou Louxor, Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – Musée du LouvreDétail de la statue d’Amon et de Toutankhamon dont les images et les noms ont été détruits – Karnak ou Louxor, Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – Musée du Louvre
Les Égyptiens effacent aussi le souvenir de certains pharaons en les omettant des listes royales, en supprimant leurs noms et en détruisant leurs images. Tel a été le sort de la femme pharaon Hatchepsout qui a créé un précédent risqué pour la transmission du pouvoir entre hommes, ou encore d’Akhénaton et de son épouse Néfertiti qui ont tenté une réforme radicale de la religion et du pouvoir.
Image d’Hatchepsout mise au nom de son prédécesseur – Deir el-Bahari, Égypte (XVe siècle av. J.-C.) – Musées royaux d’Art et d’Histoire (Bruxelles)
Toutes les figurines funéraires qui devaient servir Akhénaton dans l’au-delà ont été retrouvées brisées intentionnellement, ce qui témoigne d’un acharnement féroce contre la survie du pharaon.
Statuettes funéraires d’Akhenaton brisées – Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – Musée du Louvre (à gauche) et Kunsthistorisches Museum Vienna (à droite)Buste d’une statue d’Akhenaton – Amarna, Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – Universität Tübingen (Allemagne)
Le parcours présente quelques-unes des raisons pour lesquelles certains rois ont été distingués par la postérité, à travers des objets précieux, des fragments de monuments et des témoignages de leur activité militaire.
Stèle dédie à Amenemhat III divinisé – Hawara, Égypte (240-200 av. J.-C.) – British Musem (Londres)
Sur la stèle ci-dessus, le pharaon Amenemhat III trône dans une Chappelle au centre de cette stèle inscrite en grec, déposée sur le site du complexe funéraire qu’il s’était fait construire près de 1.400 ans auparavant.
Fragment de pied d’un colosse royal – Mit Rahina, Égypte (XIXe-XIIe siècle av. J.-C.) -Kunsthistorisches Museum ViennaFragment de la paroi de la tombe d’Inkef, prêtre du culte funéraire du roi Séned, mort environ 200 ans auparavant – Saqqara, Égypte (XXVIIe siècle av. J.-C.) – Musée Granet (Aix-en-Provence)Statue de Tepemânkh, prêtre du culte funéraire de Khéops près de 250 ans après la mort de ce dernier – Giza, Égypte (XXIVe siècle av. J.-C.) – Roemer und Pelizaeus Museum (Hildesheim)Statue de Tepemânkh, prêtre du culte funéraire de Khéops près de 250 ans après la mort de ce dernier – Giza, Égypte (XXIVe siècle av. J.-C.) – Roemer und Pelizaeus Museum (Hildesheim)
Que reste-t-il des pharaons ?
La christianisation de l’Égypte au début de notre ère signe la fin de la civilisation pharaonique, dont l’histoire la plus ancienne tombe progressivement dans l’oubli.
« Moïse se tient à côté du dragon qui crache le feu et s’apprête à mettre en pièces Firaoun », extrait de « Qisas-i Qur’ān » de Ishaq bin Ibrāhīm N. sabur – Iran (1581) – Bibliothèque nationale de France
Les rois d’Égypte les plus souvent cités en Occident et en Islam, du Moyen Âge à nos jours, sont sans conteste les souverains dont le nom est simplement « Pharaon » dans la Bible et que le Coran appelle « Firaoun ».
Dans la version du récit représentée ci-dessus, Moïse, représenté nimbé de feu, a transformé son bâton en dragon, lequel terrorise le roi Firaoun (Pharaon) parti se réfugier au bas de son estrade royale. Cette image témoigne du mauvais rôle tenu par Pharaon dans le récit biblique ou coranique de l’Exode, celui d’un tyran que la puissance de Dieu finit par abattre.
Flacon en forme de tête de soldat grec portant le cartouche de Psammétique Ier – Égypte ou Rhodes, trouvé à Corinthe (VIe siècle av. J.-C.) – Musée du Louvre
Pendant plus de mille ans, du Moyen Âge au XIXe siècle, l’Europe et le monde arabisé ne gardent plus en mémoire que les pharaons cités par les historiens grecs ou latins : Hérodote, Diodore de Sicile, Élien… Ces auteurs décrivent des personnages mi-historiques mi-légendaires, érigés en modèles ou en contre-exemples en matière de politique et de morale.
Plat figurant Moïse engloutissant l’armée de Pharaon dans la mer (entre 1700 et 1725) par la Fabrique des Clérissy, d’après une gravure de Pierre Mariette – MucemTenture de l’histoire de Moïse : « La Verge changée en serpent » (1683) – Manufacture des Gobelins, d’après un modèle de Nicolas Poussin – Mobilier national (Paris)« Nectanébo pratiquant la divination » dans une version arménienne du « Roman d’Alexandre » (vers 1646) – Iran – Bibliothèque nationale de France
« Le Roman d’Alexandre », fiction forgée par les successeurs d’Alexandre le Grand en Égypte, prétend que celui-ci n’est pas le fils du roi de Macédoine, mais du dernier des pharaons, Nectanébo. Ce magicien aurait séduit la reine de Macédoine et conçu avec elle le héros qui, conquérant à son tour l’Égypte, reprendrait en fait son héritage.
Dans le sillage d’Alexandre, figure populaire dans les mondes romain, byzantin et islamique, le souvenir déformé du dernier roi d’Égypte a ainsi traversé le Moyen Âge.
« L’Expérience de Psamnétique, roi d’Égypte, sur la langue primitive » (1777) par Jean Simon Berthélemy (1743-1811) – Musée du Louvre
« Cléopâtre » (1852-1853) par Henri Ducommun du Locle (1804-1884) – Musée des Beaux-Arts de Marseille
Les historiens romains ont transmis de Cléopâtre l’image d’une séductrice libidineuse et ambitieuse, incarnant les charmes dangereux de l’Orient. Son suicide légendaire par morsure de serpent est un sujet de prédilection pour les artistes chrétiens qui y voient l’occasion de peindre la chair nue tant condamnée, mais aussi un geste héroïque.
En revanche, dans le monde arabe classique, Cléopâtre passe pour une reine savante, une fine administratrice attachée à la défense de son royaume et une grande bâtisseuse.
Carte à jouer : Cléopâtre en dame de trèfle (1840) par le dessinateur Louis Marie Atthalin – Mucem« Cléopâtre » (1697 au plus tard) par Claude Bertin (1653-1705) – Musée du Louvre
Pharaons, le retour
Grâce au déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion, certains pharaons sortent progressivement de l’oubli. Les médias et les musées, en plein essor au XXe siècle, les hissent au rang de vedettes internationales, délaissant les anciennes figures littéraires. Ramsès, Akhénaton, Néfertiti et Toutânkhamon rejoignent Khéops et Cléopâtre comme héros de nouveaux récits populaires inspirés par notre fascination pour l’Égypte.
Fragment de colonne : Néfertiti offre un bouquet au globe solaire – Amarna, Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – The Ashmolean Museum of Art and Archaeology (Oxford)Fragment de visage d’une statue d’Akhénaton – Amarna, Égypte (XIVe siècle av. J.-C.) – British Museum (Londres)La « tête bleue », faux imitant les portraits de Néfertiti et Toutankhamon (avant 1923) – Musée du LouvreAffiches d’expositions consacrées à Toutankhamon – Paris (1967, 1976 et 2019)
Avec la multiplication des médias visuels et l’industrialisation de produits de grande consommation et de publicité, les pharaons servent aussi d’arguments commerciaux. L’image des pharaons se diffuse alors sur des types de supports infiniment variés : films et photos d’actualités, produits publicitaires et biens manufacturés, imagerie populaire, œuvres d’art et films de fiction.
Affiches de films sur la reine Cléopâtre
Depuis le XXe siècle, en Afrique et dans les diasporas africaines, des créateurs et des célébrités comme Beyoncé, se sont emparés des icônes pharaoniques pour en faire des figures tutélaires de l’identité noire et des emblèmes de la « black pride » (fierté noire).
Sweat-shirt de la collection « Homecoming » de la marque Beyoncé (2018) – Mucem
Commissariat de l’exposition
Frédéric Mougenot, commissaire général, conservateur du patrimoine, collections Antiquités et Céramiques, Palais des Beaux-Arts de Lille Guillemette Andreu-Lanoë, commissaire associée, directrice honoraire du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre
Répliques du buste de Néfertiti (années 1930) par l’Atelier de moulages des musées de Berlin – Musées royaux d’Art et d’Histoire (Bruxelles)
En savoir +
Sur le site Internet du Mucem, une page spéciale est dédiée à l’exposition.
« Grey Area » (Zone Grise) (1993) par Fred Wilson (né en 1954) – Tate (Londres)
Exposition « Pharaons Superstars »
22 juin — 17 octobre 2022
Mucem
1, Esplanade J4
13002 Marseille
Après le Mucem à Marseille, l’exposition sera présentée au musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne du 24 novembre 2022 au 6 mars 2023.
Masque de Toutankhamon en chocolat (2016) par Jérémy Mazé, chocolatier, meilleur ouvrier de France – Maison Georges Larnicol
Exposition « Clouet, à la cour des petits Valois »
4 juin – 2 octobre 2022
Cabinet d’arts graphiques du château de Chantilly
La découverte de peintures exceptionnelles représentant deux des enfants de François Ier, appartenant à la même série que l’un des tableaux de Chantilly et basés par les dessins conservés au musée Condé, forme le début d’une histoire passionnante sur la fabrique du portrait d’enfant royal.
Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé du château de Chantilly, évoque le développement de ce genre aux codes bien particuliers, ainsi que l’histoire de ces jeunes princes et princesses.
« Charles de France, duc d’Angoulême (1522-1545) » et « Madeleine de France, future reine d’Écosse (1520-1537) » (vers 1540-1545) par François Clouet (vers 1515-1572) – Ortiz Collection (Genève)« Henri de France, duc d’Orléans, futur Henri II (1519-1559) » par Jean Clouet (vers 1485 – vers 1540) – Musée Condé (Chantilly)
Fier de sa nombreuse descendance, le roi François Ier souhaita célébrer par l’image sa bonne fortune. À l’aube de son départ pour la guerre en Italie, il demanda à son portraitiste en titre, Jean Clouet, de capturer sur le papier les visages de ses enfants afin d’en tirer des portraits. Cette série de dessins ou crayons est aujourd’hui conservée à Chantilly.
« Henri de France duc d’Orléans, futur Henri II (1519-1559) » (vers 1540-1545) par François Clouet – Musée Condé (Chantilly)
Deux séries peintes en furent tirées : la première, de petites dimensions, due à Jean Clouet, ne nous est que partiellement parvenue. La seconde, que les études menées à l’occasion de l’exposition attribuent à François Clouet, travaillant au début des années 1540 d’après des dessins de son père Jean, est plus complète.
À droite : « Marguerite de France, future reine de Navarre (1553-1615) » par François Clouet – Musée Condé (Chantilly)« François II, roi de France (1544-1560) » par François Clouet – Collection particulière
L’exposition présente de nombreux portraits d’Enfants royaux au XVIe siècle, dessinés par Jean et François Clouet, mais aussi par des portraitistes moins célèbres comme Germain Le Mannier ou Jean Decourt.
« François, dauphin de France, puis François II » (vers 1556) par Germain Le Mannier (actif entre 1537 et 1560) – Bibliothèque nationale de France« Charles III, duc de Lorraine et de Bar (1543-1608) » (vers 1556) par Germain Le Mannier (actif entre 1537 et 1560) – Bibliothèque nationale de France
Tous les membres de la cour des enfants, réunissant le futur François II, son épouse la petite Marie Stuart, les futurs Charles IX, Henri III, Marguerite de Valois et François d’Alençon, seront réunis.
« François, dauphin de France, futur François II, roi de France et d’Écosse (1544-1560) » (vers 1545-1548) par François Clouet et son atelier – Musée Condé (Chantilly)« François, dauphin de France, futur François II, roi de France et d’Écosse (1544-1560) » (vers 1545-1548) par François Clouet – Musée Condé (Chantilly)« Jeanne III d’Albert, future reine de Navarre (1528-1572) » (vers 1540) par François Clouet – Musée Condé (Chantilly)
Les prêts de la Bibliothèque nationale de France mais aussi de collections particulières viennent dialoguer avec les dessins du musée Condé, pour explorer le développement du portrait d’enfant.
« Élisabeth (Isabelle) de France, future reine d’Espagne (1545-1568) » (vers 1559) par Germain Le Mannier (actif entre 1537 et 1560) – Bibliothèque nationale de France
« Henri (Alexandre-Édouard) de France, duc d’Orléans, puis d’Anjou, futur Henri III, roi de France et de Pologne (1551-1589) » (vers 1555) par Germain le Mannier (actif entre 1537 et 1560) – Musée Condé (Chantilly)
Exposition « Clouet, à la cour des petits Valois »
4 juin – 2 octobre 2022
Cabinet d’arts graphiques
Château de Chantilly
60500 Chantilly
« Charles Maximilien de France, futur Charles IX, roi de France avec un chat (1550-1574) par un peintre de l’entourage de Germain le Mannier – Musée Condé (Chantilly)
Les décors de la Chancellerie d’Orléans remontés à l’hôtel de Rohan
Le « Quadrilatère des Archives » désigne un ensemble de bâtiments situés au cœur du quartier parisien du Marais, protégés au titre des monuments historiques. Cet ilôt patrimonial est, depuis 1808, le lieu d’implantation historique des Archives nationales.
L’hôtel de Rohan
Au cœur de ce Quadrilatère, l’hôtel de Rohan est l’un des plus prestigieux palais parisiens du XVIIIe siècle. Armand-Gaston-Maximilien de Rohan, fils de la princesse de Soubise, évêque de Strasbourg et futur cardinal de Rohan, fait construire à partir de 1705, par l’architecte Pierre-Alexis Delamair, un hôtel particulier sur un terrain contigu à l’hôtel de Soubise.
Sous la Révolution, l’hôtel de Rohan est vendu au profit des créanciers de la famille de Soubise. Il est attribué à l’Imprimerie nationale. En 1927, l’hôtel de Rohan est affecté aux Archives nationales. Le corps de logis principal de l’hôtel est entièrement rénové. L’escalier d’honneur, démoli en 1824, est restitué et plusieurs salons sont restaurés.
L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans
Dans un autre quartier de Paris, près du jardin du Palais-Royal, se dressait l’hôtel dit « de la Chancellerie d’Orléans », connu également sous le nom d’Hôtel de Voyer d’Argenson.
Cet hôtel particulier est construit en 1703 par l’architecte Germain Boffrand (1667-1754) pour l’abbé Dubois, favori du duc d’Orléans, futur Régent. De nombreux artistes interviennent : Augustin Pajou pour les sculptures, Antoine Coypel, Jean-Honoré Fragonard, Jean-Jacques Lagrenée, Louis-Jacques Durameau, Gabriel Briard pour les plafonds.
En 1784, le duc d’Orléans installe dans cet hôtel son « chancelier », c’est-à-dire le gestionnaire de ses affaires. L’hôtel de Voyer devient alors « Chancellerie d’Orléans ».
Une démolition contestée
Au début du XXe siècle et après vingt ans de polémique patrimoniale, il est décidé que la Chancellerie d’Orléans serait démolie mais que la Banque de France remonterait les décors des pièces principales dans le périmètre de son établissement. L’immeuble est détruit en 1923 et les décors sont mis en caisses dans un entrepôt de banlieue parisienne où ils restent… quatre-vingts ans.
Il aura fallu attendre près d’un siècle pour voir les décors remontés.
Renaissance d’un chef-d’œuvre
Après l’abandon de multiples hypothèses de remontage dans le domaine de Saint-Cloud, au musée Carnavalet ou au musée du Louvre, l’idée germe progressivement de remonter les décors au rez-de-chaussée de l’hôtel de Rohan.
Au terme de dix ans de chantier de restauration puis de remontage, les décors de quatre pièces de la Chancellerie d’Orléans ont été remontés.
L’antichambre
L’antichambre, imitée des palais romains, est aménagée « à l’antique ». Ses colonnes engagées sont inspirées de celles de l’ « Érechthéion » qui venaient alors d’être publiées en France.
Le plafond, confié au peintre Gabriel Briard, évoque les travaux d’Hercule.
« Les Travaux d’Hercule » par Gabriel Briard – Plafond de l’antichambre de la Chancellerie d’Orléans
La salle à manger
Le décor de la salle à manger associe des pilastres en mosaïque d’albâtre imitant l’améthyste, des médaillons en faux porphyre, des sphinx et de riches voussures ornées de stucs dorés qui encadrent le plafond.
Le plafond, peint sur le thème de « Jupiter et Hébé », est l’œuvre de Jean-Jacques Lagrenée.
« Hébé servant le nectar à Jupiter, » par Jean-Jacques Lagrenée – Plafond de la salle à manger
Le grand salon
Le grand salon central, à la hauteur de plafond exceptionnelle, est sans conteste le point culminant des aménagements intérieurs de l’hôtel.
Ouvrant par trois vastes baies cintrées sur le jardin, cette pièce de réception est ornée d’arcades abritant des miroirs créant un jeu de perspective voulu par l’architecte.
Le plafond surmonte une riche corniche peinte et dorée ornée de guirlandes de fleurs en ronde-bosse. Il est le chef-d’œuvre d’Antoine Coypel.
Toutes les photographies par @scribeaccroupi.
« L’amour désarmant les dieux » par Antoine Coypel – Plafond du grand salon de la Chancellerie d’Orléans
L’ameublement répond au luxe de la décoration murale, réunissant des bronzes de Delaroue et un mobilier réalisé par le menuisier Mathieu Bauve d’après des dessins de De Wailly, dont quatre fauteuils ont été retrouvés.
La chambre de la marquise de Voyer
Le décor de la chambre de la marquise de Voyer allie des putti sculptés par Pajou à des boiseries peintes et dorées alternant avec des niches destinées à recevoir des candélabres.
Le plafond a pour thème « Le Lever de l’Aurore ». Il est l’œuvre de Louis Jean-Jacques Durameau (1733-1796).
Détail du « Réveil de l’Aurore » par Jacques-Louis Durameau
Comment visiter ?
La visite de ces salles du rez-de-chaussée de l’hôtel de Rohan a lieu tous les deuxièmes samedis du mois dans la limite des places disponibles et sur réservation au +33 (0)1 40 27 60 96 ou par mail infomusee.archivesnationales@culture.gouv.fr.
« Saint Jacques et le Magicien Hermogène »
par un suiveur de Jérôme Bosch (1453 ? – 1516)
Musée des Beaux-Arts de Valenciennes
Confronté à des dysfonctionnements sur certains éléments de la structure de son bâtiment, le Musée des Beaux-Arts de Valenciennes est actuellement fermé pour rénovation. Pendant cette période, certaines œuvres sont prêtées au musée de Flandre.
Ainsi, « Saint Jacques le Majeur et le magicien Hermogène », une huile sur bois du XVIe siècle attribuée à un suiveur de Jérôme Bosch, a récemment rejoint Cassel.
Ce panneau, peint des deux côtés, faisait probablement partie d’un triptyque, dont il constituait l’un des volets.
Sur une face, on peut voir deux épisodes de la légende de saint Jacques le Majeur empruntés à la « Légende dorée ».
« Saint Jacques et le Magicien Hermogène » au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, avant son prêt au musée de Flandre
Au premier plan, le magicien Hermogène parlemente avec les démons chargés de capturer saint Jacques. Ce dernier s’avance, précédé d’un ange qui tient à ses côtés les démons, devenus dociles et inoffensifs.
« Saint Jacques et le Magicien Hermogène » au musée des Beaux-Arts de Valenciennes
Au revers, le panneau représente saint Antoine lisant devant une maisonnette. Ce saint guérisseur était notamment invoqué contre la peste.
La paternité de cette oeuvre, longtemps donnée à Jérôme Bosch, a été remise en cause au profit d’un disciple ou d’un copiste interprétant une œuvre du maître aujourd’hui perdue.
Dans la vidéo en tête de cet article, découvrez ce panneau et son parcours de Valenciennes jusqu’à Cassel avec :
– Fleur Morfoisse, directrice du musée des Beaux-Arts de Valenciennes,
– Louise Dale, régisseur des collections du musée des Beaux-Arts de Valenciennes,
– Cécile Laffon, conservateur du patrimoine au musée de Flandre,
– Romaric Navarro, régisseur des collections du musée de Flandre.
La web-série disponible sur mon Blog vous permet de suivre la vie du musée pendant sa fermeture en découvrant certains de ses chefs-d’œuvre et leur destination pendant les travaux.
Musée des Beaux Arts de Valenciennes
Boulevard Watteau
59300 Valenciennes
Au centre : « Saint Jacques et le Magicien Hermogène » au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, avant son prêt au musée de Flandre
[Web-série] Musée des Beaux-Arts de Valenciennes – Fermé pour travaux
Le Musée des Beaux-Arts de Valenciennes est actuellement fermé pour rénovation.
Construit en 1905, le musée est confronté à des dysfonctionnements sur certains éléments de la structure du bâtiment. La succession d’hivers froids et d’épisodes caniculaires aurait accéléré la dégradation de la toiture et des verrières.
Sans intervention, la conservation préventive des œuvres pourrait ne plus être assurée. Les études préalables aux travaux et le démontage et transfert de certaines œuvres sont à présent engagés.
Cette web-série exceptionnelle vous dévoile les coulisses du musée.
Épisode 5 : Le Magicien Hermogène, de Valenciennes à Cassel
« Saint Jacques le Majeur et le magicien Hermogène », une huile sur bois du XVIe siècle attribuée à un suiveur de Jérôme Bosch, a récemment rejoint le musée de Flandre à Cassel.
Ce panneau, peint des deux côtés, faisait probablement partie d’un triptyque, dont il constituait l’un des volets. Sur une face, on peut voir deux épisodes de la légende de saint Jacques le Majeur empruntés à la « Légende dorée ».
Épisode 4 : Marie Stuart, de Valenciennes à Nantes
Certaines œuvres ont intégré le parcours permanent du musée d’Arts de Nantes. C’est le cas pour « La Mort de Marie Stuart » par Abel de Pujol (1785-1861).
Louise Dale, régisseur des collections du musée des Beaux-Arts de Valenciennes, Céline Rincé-Vaslin, responsable du service des collections du musée d’Arts de Nantes et Jean-Rémi Touzet, onservateur en charge des collections du 19e siècle, de la bibliothèque et de la documentation du musée d’Arts de Nantes, vous présentent ce tableau et les étapes de son déplacement de Valenciennes à Nantes.
Épisode 3 : « Ugolin » de Jean-Baptiste Carpeaux
Plusieurs œuvres sont prêtées à des musées partenaires pour enrichir leur parcours permanent. Dans ce cadre, le plâtre original représentant « Ugolin et ses enfants » vient de rejoindre le musée des Beaux-Arts de Nantes.
Fleur Morfoisse, directrice du musée des Beaux-Arts et du service archéologique de Valenciennes, et Louise Dale, régisseure des collections, nous présentent cette œuvre de grand format et les différentes étapes de son transport jusqu’à Nantes.
Épisode 2 : Régisseur des collections
Louise Dale, régisseure des collections du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, nous explique en quoi consiste son travail et la singularité de ses missions pendant cette période de fermeture. En outre, les partenariats avec d’autres musées permettent à certaines oeuvres de trouver un nouveau public pendant les travaux.
Épisode 1 : Fermé pour travaux
Dans ce premier épisode, Fleur Morfoisse, directrice du musée des Beaux-Arts et du service archéologique de Valenciennes, et Louise Dale, régisseure des collections, vous dévoilent les coulisses du musée et les enjeux de cette période délicate.
A suivre…
Pour connaître la suite du chantier, cliquez ici pour regarder le reportage tourné en 2023.
Nouvelle Web-série en 4 parties sur de nouvelles facettes du musée Napoléon Ier du château de Fontainebleau
À deux pas de la cour d’Honneur où il fit ses adieux à sa vieille garde le 20 avril 1814, s’élève un musée entièrement dédié à Napoléon Ier. Aménagé en 1986 dans les anciens locaux de l’École militaire spéciale de Fontainebleau, ce musée rassemble, dans ses 10 salles, une exceptionnelle collection d’objets d’art, de tableaux, de sculptures, d’armes, de costumes, de céramiques et de médailles.
Après vous en avoir présenté les richesses dans deux précédentes Web-séries (en 2018 et 2021), je vous propose de retrouver Christophe Beyeler, conservateur général du Patrimoine, chargé du musée Napoléon Ier, dans quatre nouveaux épisodes toujours aussi passionnants, érudits et accessibles à tous.
[1ère partie] La médaille, un art au service du pouvoir
Dans la salle « Paris capitale du luxe », arrêtons-nous sur la vitrine aux médailles et monnaies ainsi que sur un bas-relief allégorique « Bonaparte conduit à l’Immortalité », puis sur la « commode au coq », un prestigieux dépôt du Mobilier national.
[2ème partie] Figures d’acteurs de la domination française en Europe
Christophe Beyeler présente les bustes des membres de la Famille impériale dont ceux de Joachim-Napoléon, roi de Naples, et Jérôme-Napoléon, roi de Westphalie. Avec le Portrait de Siméon en habit de ministre de la Justice, il décrit une oeuvre essentielle pour le propos et le développement du musée Napoléon Ier.
[3ème partie] Lendemains d’Empire
D’un Empire l’autre : la succession des régimes et des dynasties en France (1814-1852)
[4ème partie] Le général Grouvel, à travers l’Europe et au gré des régimes
Une vitrine monographique, fruit d’une donation familiale exceptionnelle
Exposition « Albrecht Dürer. Gravure et Renaissance »
4 juin – 2 octobre 2022
Château de Chantilly
Par ses gravures, Albrecht Dürer a contribué à façonner la Renaissance européenne en se plaçant au cœur des échanges artistiques. Rarement exposé en France, cet immense artiste est mis à l’honneur à Chantilly avec plus de 200 œuvres. Éblouissant !
Pour cette visite, nous sommes accompagnés par Caroline Vrand, conservateur du patrimoine et responsable des estampes des XVe et XVIe siècles à la Bibliothèque nationale de France, et Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé du château de Chantilly.
« Tête de vieil homme avec une longue barbe » (vers 1505 ?) par Albrecht Dürer (1471-1528) – Fondation Custodia (Paris), dépôt du musée national du château de Malmaison« Adam et Ève » dit aussi « La Chute de l’homme » (1504) par Albrecht Dürer (1471-1528) – Bibliothèque nationale de France
Apparue vers 1400, la gravure permet, pour la première fois en Occident, une diffusion massive des images. Deux techniques se développent : la gravure en relief sur bois (xylographie), puis la gravure sur cuivre.
La gravure sur cuivre est une technique en creux, où le graveur creuse les tailles sur sa plaque à l’aide d’un burin. La particularité de ce procédé est d’offrir une grande finesse d’exécution et une richesse de variations tonales.
« Cosmos » (vers 1496) attribué à Albrecht Dürer – Musée du Louvre
Dürer naît le 21 mai 1471 et meurt le 6 avril 1528 à Nuremberg, une ville prospère de Bavière. C’est une ville ouverte sur le monde, imprégnée des idées humanistes et un foyer de premier ordre pour la production du livre imprimé.
Dürer y reçoit sa formation artistique et y implante son atelier à partir de 1495.
Détail de « Combat d’hommes nus » (vers 1470-1475) par Antonio del Pollaiuolo – Bibliothèque nationale de France
Dürer restera durant toute sa carrière très marqué par la production des maîtres de la gravure du XVe siècle. À Nuremberg, il dut également avoir sous les yeux des estampes d’Andrea Mantegna et d’Antonio Pollaiuolo.
« Vue de Venise à vol d’oiseau » (1500) d’après Jacopo de Barbari, édité par Anton Kolb – Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie« L’Adoration de l’Agneau » (1496-1498) par Albrecht Dürer (1471-1528) – Bibliothèque nationale de FranceDétail de « Le Monstre marin » dit aussi « L’Enlèvement d’Amymoné » (vers 1498) par Albrecht Dürer (1471-1528) – Musée Condé (Chantilly)Détail de « Enfant tenant une couronne » (1506) par Albrecht Dürer (1471-1528) – Bibliothèque nationale de France
Dürer s’intéressa toute sa vie au monde qui l’entourait, à la représentation de la nature, de ses paysages et de ses prodiges, mais aussi aux éléments plus exotiques.
« Le Rhinocéros » (1515) par Albrecht Dürer – Bibliothèque nationale de France
« Le Grand cheval » (1505) par Albrecht Dürer – Bibliothèque nationale de France« Le Chevalier, la Mort et le diable » (1513) par par Albrecht Dürer – Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie
Ses recherches incessantes pour capturer le monde trouvent leur aboutissement dans les trois cuivres magistraux : « Le Chevalier, la Mort et le Diable », « Saint Jérôme dans sa cellule » et « La Melancolia ». Les sujets représentés sont surtout des prétextes à l’illustration d’un savoir théorique et à la démonstration d’une maîtrise inégalée dans le rendu des ombres et des lumières, des matières ou dans la construction de l’espace.
« Willibald Pirckheimer » (1524) par Albrecht Dürer – Bibliothèque nationale de France
Qu’ils soient peints, dessinés ou gravés, ses portraits traduisent la psychologie et le statut des modèles qui avaient l’honneur d’être immortalisés par ses soins.
Commissariat de l’exposition
Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé (Château de Chantilly) Caroline Vrand, conservatrice du patrimoine au département des Estampes et de la photographie Responsable des estampes des XVe et XVIe siècles (Bibliothèque nationale de France)
Exposition « Le Voyage en Italie de Louis Gauffier »
7 mai – 4 septembre 2022 Musée Fabre (Montpellier)
Organisée en collaboration avec le musée Sainte-Croix de Poitiers – où elle sera présentée du 14 octobre 2022 au 12 février 2023 – l’exposition montpelliéraine est la première consacrée à la carrière de Louis Gauffier, peintre de la fin de XVIIIe siècle.
Né à Poitiers en 1762, Louis Gauffier déploie son art aussi bien dans les sujets mythologiques que bibliques, les portraits et le paysage. À l’orée du XIXe siècle, il propose des formules nouvelles, intimes et poétiques, qui le distinguent de ses contemporains.
Pierre Stépanoff, responsable des peintures et sculptures de la Renaissance au milieu du XIXe siècle du musée Fabre et commissaire de l’exposition, vous propose de découvrir la séduisante poésie de l’art de Louis Gauffier.
Détail du « Portrait de la famille Gauffier » (vers 1793) par Louis Gauffier et Pauline Gauffier – Palazzo Pitti, Galleria d’Arte Moderna, dépôt du musée des Offices (Florence)
C’est en Italie, à Rome puis à Florence, que Louis Gauffier et François-Xavier Fabre – à l’origine du musée des Beaux-Arts de Montpellier – sont devenus camarades et amis. Le soin avec lequel Fabre recueilli des œuvres de son ami après son décès explique aujourd’hui la très belle représentation de Gauffier au musée de Montpellier, dont l’exposition permettra de découvrir la richesse de sa carrière.
« Une femme vêtue d’un manteau » (vers 1785-1793) par Louis Gauffier (1762-1801) – Médiathèque centrale Émile-Zola (Montpellier)Détail d’une « Vue imaginaire de Rome » (vers 1785-1789) par Louis Gauffier (1762-1801) – Musée FabreExposition « Le Voyage en Italie de Louis Gauffier »Détail de « La Cananéenne aux pieds du Christ » (1784) par Jean Germain Drouais (1763-1788) – Musée du Louvre
Cette rétrospective met également l’artiste en perspective avec ses contemporains, qu’il s’agisse de ses camarades français, Drouais, Gagneraux et surtout Fabre, mais également avec le contexte artistique italien profondément marqué par des peintres issus de toute l’Europe.
Esquisse de « La Générosité des femmes romaines » (vers 1790) par Louis Gauffier (1762-1801) – Collection particulière« Jacob et les filles de Laban » (1786-1787) par Louis Gauffier (1762-1801) – Musée du Louvre« Egyptian Room » dans l’exposition « Le Voyage en Italie de Louis Gauffier »« Étude de deux troncs d’arbre, platanes » (vers 1785-1792) par Louis Gauffier (1762-1801) – Musée Fabre
« Gauffier résida à Rome pendant six années, revint en France en 1789, et fut agréé à l’académie de peinture. L’attrait que le séjour de Rome a pour les artistes, rappela Gauffier dans cette ville, et bientôt il y trouva une épouse dont les talents et les vertus aimables sympathisaient avec son caractère. Il fixa depuis son séjour à Florence, où la mort lui enleva son épouse. Gauffier, dont la santé avait toujours été très faible, ne put résister à cet affreux événement, et deux mois après avoir perdu sa compagne il la suivit au tombeau […] » – Charles Paul Landon dans la « Notice nécrologique de Louis Gauffier » (1803)
Exposition « Le Voyage en Italie de Louis Gauffier » – Musée Fabre
Commissariat de l’exposition
Commissariat général Michel Hilaire, conservateur général du patrimoine, directeur du musée Fabre
Commissariat scientifique
Michel Hilaire, conservateur général du patrimoine, directeur du musée Fabre Pierre Stépanoff, conservateur du patrimoine, responsable des peintures et sculptures de la Renaissance au milieu du XIXe siècle, musée Fabre
Réouverture des salles Moyen Âge et Renaissance
Palais des Beaux-Arts de Lille
Après le réaménagement de l’Atrium en 2017 et celui des salles présentant les plans-reliefs en 2019, le Palais des Beaux-Arts de Lille vient d’achever la nouvelle configuration des salles Moyen Âge et Renaissance.
La nouvelle présentation mêle peintures, sculptures, arts graphiques et objets d’art. Le parcours a été revu et enrichi dans une nouvelle scénographie. Des œuvres ont été restaurées et l’art contemporain fait son apparition par touches pertinentes et subtiles.
La promesse d’une autre façon de découvrir les trésors du Palais !
Sophie Dutheillet de Lamothe, conservatrice du patrimoine en charge du département Moyen Âge et Renaissance, vous invite à découvrir plusieurs chefs-d’œuvre du Palais des Beaux-Arts de Lille.
« Festin d’Hérode » (vers 1435) par Donatello« Le Christ au tombeau » par Girolamo Marchesi (vers 1480-1550)« The architecture of empathy » (2014) par John Isaacs (né en 1968) – Collection privée« La Vierge à l’églantine » (vers 1485) par l’Atelier de Domenico Ghirlandaio (1448-1494)Détail de « La chute des damnés » (vers 1450) par Dirk Bouts (vers 1415-1475)À gauche : tranchoir provenant de Lille (14e siècle)
Palais des Beaux-Arts de Lille
Place de la République
59000 Lille
Au premier plan : « Portraits de Louis de Quarré et Barbe de Croesinck en donateurs » (vers 1480) par le Maître au Feuillage brodé (actif à la fin du 15e siècle à Bruxelles)
Au fil des siècles, les arbres et les forêts ont été tour à tour vénérés et craints, protégés et détestés, considérés comme une ressource qu’on peut épuiser et depuis peu comme un écosystème complexe, à l’image de celui de toute la planète.
À partir d’une sélection resserrée d’œuvres, l’exposition propose une immersion envoûtante au cœur de l’imaginaire des forêts.
Dans l’Atrium du Palais des Beaux-Arts, sur le pourtour de la rotonde centrale, des textes et photographies présentent le projet du botaniste Francis Hallé, auteur d’un manifeste visant à reconstituer une forêt primaire en Europe de l’Ouest.
« Une forêt primaire, à la différence d’une forêt secondaire, est une forêt qui n’a été ni défrichée, ni exploitée, ni modifiée de façon quelconque par l’homme. Captation du CO2, régulation du climat, réserve de biodiversité, reconstitution des ressources hydriques… ses bénéfices sont inestimables. » – Francis Hallé
Modèle-colonne – Première moitié du premier millénaire avant J.-C. – Musée du LouvreDétail de « Paysage au torrent avec des daims attaqués par des loups » (vers 1830-1834) par Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782-1859) – Musée du LouvreAu centre : « Intérieur de forêt » par Romolo Panfi (1632-1690) – Musée des Beaux-Arts de Valenciennes« Paysage rocheux avec Saint-Jérôme dans sa grotte » (vers 1595) par Jan Brueghel de velours (1568-1625) – Palais des Beaux-Arts de LilleÀ droite : « Ténèbres » (1933) par Auguste Morisot – Musée Paul-Dini (Villefranche-sur-Saône)
« La forêt est barbare. » – Victor Hugo dans « Quatrevingt-treize »
Détail de « Ombres » par Auguste Morisot – Musée Paul-Dini (Villefranche-sur-Saône)
Commissariat de l’exposition
Bruno Girveau, Directeur du Palais des Beaux-Arts de Lille et du musée de l’Hospice Comtesse Régis Cotentin, responsable de l’art contemporain au Palais des Beaux-Arts de Lille
Exposition « Photographies en guerre »
6 avril – 24 juillet 2022
Musée de l’armée
Le musée de l’Armée présente pour la première fois une exposition consacrée non pas au conflit, mais à la représentation de celui-ci par la photographie. Du Siège de Rome (1849) à la guerre en Syrie, le parcours réunit plus de 300 photographies faisant le récit d’une construction médiatique de la guerre à travers l’image.
Depuis l’apparition de ce nouveau médium sur un champ de bataille au milieu du XIXe siècle, les rapports entre photographie et guerre sont complexes. L’exposition permet notamment d’aborder les questions liées à la véracité des images et à l’éthique du photographe.
Elle met en avant les collections photographiques du musée de l’Armée, riche de plus de 60 000 items, ainsi que sa politique d’acquisition auprès de photographes contemporains, tels que Philippe de Poulpiquet ou Édouard Elias.
Sylvie Le Ray-Burimi, conservatrice en chef du patrimoine, et Lucie Moriceau-Chastagner, responsable de la collection de photographies du musée de l’Armée, vous invitent à les suivre pour une visite privée exceptionnelle de plus de 40 minutes.
« Sébastopol. Le fort Nicolas pendant sa destruction » (1856) par Jean-Baptiste-Henri Durand-Brager (1814-1879) et Lassimone (actif entre 1855-1856) – Bibliothèque nationale de France« Siège de Sébastopol. Vue de la baie et du village de Kamiesch depuis le fond du port » (‘1855) par Henri Durand-Brager (1814-1879) – Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Le véritable essor de la photographie de guerre se produit à la faveur de la guerre de Crimée (1853-1856). Les français Henri Durand-Brager (1814-1879) et Lassimonne travaillent à produire la documentation photographique nécessaire à la réalisation de panoramas peints.
« L’Illustration » n°3646 du 11 janvier 1913 reproduisant une photographie de Georg Woltz : « Le roi de Bulgarie, Ferdinand Ier (1861-1948), sur les ruines de la forteresse de Cavalla » (1912)
À partir des années 1840, la photographie devient une source pour l’illustration de la presse. Sa reproduction directe est toutefois techniquement impossible et c’est d’abord par l’intermédiaire de la gravure sur bois que les lecteurs ont accès à ces images de l’actualité.
Ensemble de portraits cartes de visites de combattants de la guerre franco-allemande de 1870-1871 et du siège de Paris – Musée de l’armée
À la fin du XIXe siècle, l’essor de l’industrie photographique permet une démocratisation de la pratique de la photographie en amateur qui renouvelle les représentations de la guerre. Les combattants sont alors de plus en plus nombreux à enregistrer leur expérience de la guerre à l’aide d’appareils photographiques au format de poche.
« Sabotage près de Gardanne » (1944) par Julia Pirotte (1908-2000) – Bibliothèque nationale de France« Le drapeau rouge sur le Reichstag, Berlin » (2 mai 1945) par Evgueni Khaidei (1917-1997) – Collection Yan Morvan (Paris)
La Seconde Guerre mondiale est l’un des conflits les plus massivement documentés et représentés par la photographie. Elle a produit certaines des images les plus célèbres de la photographie, parmi lesquelles « Raising the Flag on Iwo Jima » et « Le Drapeau rouge sur le Reichstag ».
Photographies de la destruction de Strasbourg (1870) – Musée de l’armée
Commissariat de l’exposition
Mathilde Benoistel, chargée d’études documentaires, cheffe du département de l’inventaire, de la diffusion et de l’histoire des collections, musée de l’Armée Sylvie Le Ray-Burimi, conservatrice en chef du patrimoine, cheffe du département beaux-arts et patrimoine, musée de l’Armée Lucie Moriceau-Chastagner, chargée d’études documentaires, adjointe à la cheffe du département beaux-arts et patrimoine, responsable de la collection de photographies du musée de l’Armée Anthony Petiteau, chef de l’unité conservation, documentation, recherche, musée départemental Albert-Kahn, ancien responsable de la collection de photographies du musée de l’Armée
Assistés de Chloé Boisson, Philomène Bonhomme, Marie Lamassa, Aline Muller, Aurélien Nicole
Exposition « Marcel Proust, du côté de la mère »
14 avril — 28 août 2022
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Avec près de 230 peintures, dessins, gravures, ouvrages, documents — dont des œuvres de Monet, Tissot, Bellini — l’exposition présente Marcel Proust (1871-1922) à travers le prisme de sa judéité.
L’exposition bénéficie de prêts d’une trentaine d’institutions à l’étranger et en France, parmi lesquelles la BnF, le musée du Louvre, le musée Carnavalet, le musée Marcel Proust à Illiers-Combray, et de prêts exceptionnels du musée d’Orsay et de la National Gallery de Londres.
Paul Salmona, directeur du musée d’art et d’histoire du Judaïsme, vous guide dans l’exposition, évoquant aussi cette « part juive », très souvent ignorée, de la France du XIXe siècle, où les israélites purent accéder à tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle, dans un mouvement d’intégration sans précédent.
Marcel et Robert Proust avec leur mère (1896) – Bibliothèque nationale de France, dépôt de Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art
À la disparition de sa mère, en 1905, l’écrivain se mit sérieusement au travail, porté par la pensée qu’il lui serait « si doux avant de mourir de faire quelque chose qui aurait plu à maman« . L’écriture de son grand œuvre, « À la recherche du temps perdu », l’accaparera dès lors jusqu’à sa mort.
La classe de rhétorique du lycée Condorcet, année scolaire 1888-1889. Marcel Proust est le premier à gauche au deuxième rang. – Bibliothèque nationale de France
Dès l’âge de 17 ans, Proust collabore à la « Revue verte » puis à la « Revue lilas », fondées par ses condisciples du lycée Condorcet. Ses premiers écrits sont des études, des poèmes en prose et des nouvelles.
« Le Grand Canal » (1908) par Claude Monet – Collection David et Ezra Nahmad
Entre 1899 et 1906, il se passionne pour les textes de John Ruskin (1819-1900), critique d’art et esthète passionné d’architecture. Comme il maîtrise mal l’anglais, sa mère l’aide à traduire certains textes. En 1900, ils se rendent ensemble à Venise, sur les traces de l’écrivain.
« Hôtel des Roches Noires. Trouville » (1870) par Claude Monet – Musée d’Orsay
Les stations balnéaires de la côte normande – Trouville, Houlgate, Cabourg, Deauville –, où Proust séjourne régulièrement entre 1880 et 1914, constituent le décor d’ « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». L’atmosphère chic de ces villégiatures estivales est restituée dans les tableaux de Boudin, Monet ou Helleu.
« Esther et Assuérus » (XVIIe siècle ?) par Frans Francken le Jeune – Collection Marie-Claude Mauriac
L’histoire d’Esther occupe une place particulière dans la famille de Marcel Proust. Jeanne, sa mère, nourrit une grande admiration pour l’héroïne biblique, en particulier dans la version théâtrale créée en 1689 par Racine pour le pensionnat de jeunes filles de Saint-Cyr.
« Émile Zola à son procès, sur le banc des accusés » (1898) par Maurice Feuillet – mahJ
L’affaire Dreyfus est pour Marcel Proust non pas le moment de la révélation de sa judéité, mais celui de son engagement aux côtés des dreyfusards. Alors que son père est antidreyfusard, Marcel Proust se range aux côtés de sa mère. Dès le lendemain de la publication du « J’accuse » d’Émile Zola dans « L’Aurore » du 13 janvier 1898, Proust signe une protestation « contre la violation des formes juridiques » lors du procès de 1894. Il assiste au procès de Zola en février 1898.
Lettre adressée par Marcel Proust à Robert de Montesquiou en mai 1896 à propos de « Pour les Juifs », l’article de Zola publié dans « Le Figaro » du 16 mai 1896 – Collection particulière
« Si je n’ai pas répondu hier à ce que vous m’avez demandé des juifs. C’est pour cette raison très simple : si je suis catholique comme mon père et mon frère, par contre, ma mère est juive. Vous comprenez que c’est une raison assez forte pour que je m’abstienne de ce genre de discussions. » – Lettre de Marcel Proust à Robert de Montesquiou, mai 1896
« Comte Robert de Montesquiou-Fezensac » (1879) par Henri-Lucien Doucet – Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles
Si Proust a été clairement et précocement dreyfusard, il restera lié à un écrivain férocement antisémite comme Léon Daudet, cofondateur de « L’Action française », auquel il dédiera « Le Côté de Guermantes » en 1920.
« … Mais s’en tenir à sa prudence à l’égard de Montesquiou ou à sa proximité avec Daudet reviendrait à ignorer la complexité de la position des juifs dans la France de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, et à omettre que Daudet était un ami de jeunesse de Proust auquel il fit attribuer le prix Goncourt en 1919 pour « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». » – Paul Salmona, directeur mahJ dans la préface du catalogue de l’exposition
« Portrait de Mehmed II » 1480 (repeint au XIXe siècle) par Gentile Bellini – The National Gallery (Londres)
« Un jour que nous étions assis sur le sable, Saint-Loup et moi, nous entendîmes d’une tente de toile contre laquelle nous étions, sortir des imprécations contre le fourmillement d’israélites qui infestait Balbec. « On ne peut pas faire deux pas sans en rencontrer, disait la voix. Je ne suis pas par principe irréductiblement hostile à la nationalité juive, mais ici il y a pléthore. On n’entend que : « Dis donc, Apraham, chai fu Chakop. » On se croirait rue d’Aboukir. » L’homme qui tonnait ainsi contre Israël sortit enfin de la tente, nous levâmes les yeux sur cet antisémite. C’était mon camarade Bloch. » – Marcel Proust dans « À l’ombre des jeunes filles en fleurs » (tome 2)
On a parfois reproché à Proust de traiter ses personnages juifs de manière caricaturale, voire antisémite, dans ses romans. Les descriptions expriment davantage les préjugés de l’époque que la propre opinion de l’écrivain. Parmi les stéréotypes figurent des remarques sur un prétendu physique juif : ainsi, Charlus compare le visage de Bloch à celui du sultan Mehmet II dans son portrait par le peintre vénitien Gentile Bellini.
Commissariat de l’exposition
Isabelle Cahn, conservatrice générale honoraire des peintures au musée d’Orsay, commissaire de l’exposition Antoine Compagnon, de l’Académie française, commissaire scientifique de l’exposition, professeur émérite au Collège de France
« Le cercle de la rue Royale » (1868) par James Tissot – Musée d’Orsay
Exposition « Marcel Proust, du côté de la mère »
14 avril — 28 août 2022
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
Exposition « Le scribe, les yeux dans les yeux »
11 mai – 19 septembre 2022
Pavillon de verre du Louvre-Lens
Après mon séjour dans la Galerie du Temps, je suis à présent au centre d’une exposition dans le Pavillon de verre du Louvre-Lens.
À l’occasion de ses dix ans, le Louvre-Lens met à l’honneur ma modeste personne. Conservé au département des Antiquités égyptiennes depuis 1854, j’ai été découvert par l’archéologue Auguste Mariette.
Pour cette visite privée de l’exposition, suivez Clémentine Strzalkowski, chargée d’exposition, Carmen Muñoz Pérez, égyptologue, chargée de documentation, et Hélène Bouillon, directrice de la conservation, des expositions et des éditions du Louvre-Lens.
« Je suis entré dans l’Égypte par la momie du musée de Boulogne. » – Auguste Mariette
« Le canard égyptien est un animal dangereux : un coup de bec, il vous inocule le venin et vous êtes égyptologue pour la vie. » – Auguste Mariette
Auguste Mariette est né à Boulogne-sur-Mer, en 1821. Il s’illustre comme pionnier de l’égyptologie, une vingtaine d’années seulement après la disparition de Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes. Professeur au collège, il s’intéresse d’abord à l’archéologie nationale. Il participe ainsi aux fouilles menées dans le Boulonnais et fait partie de la société savante de la région. Son intérêt pour l’égyptologie commence par les quelques objets égyptiens conservés au musée de Boulogne.
Clémentine Strzalkowski – Tournage du reportage dans le Pavillon de verre du Louvre-Lens
L’exposition est l’occasion d’évoquer la période à laquelle j’ai vécu. Même si mon identité reste secrète, les analyses physiques qui ont été réalisées permettent de comprendre ce qui fait de moi un chef-d’oeuvre de l’art égyptien.
À partir du 19 septembre 2022, je vous donne rendez-vous dans l’exposition « Champollion. La voie des hiéroglyphes », toujours au Louvre-Lens.