[Visite guidée] Au Louvre avec Beyoncé et Jay-Z

Deux ans après le clip « Mona Lisa Smile » tourné au Louvre par le chanteur Will.I.am et ses 7,5 millions de vues sur YouTube,  c’est la nouvelle vidéo de Beyoncé et Jay-Z qui crée l’événement !

Tournage secret

Le titre « Apeshit » (« péter les plombs » en argot) a été tourné de nuit au Louvre les 31 mai et 1er juin de 22h30 à 6h30, selon Josepha Madoki, l’une des danseuses, citée par CultureBox.
Le clip a déjà dépassé les 14 millions de vues sur YouTube en moins de 48 heures.

Visite guidée du Louvre

Pour en savoir plus sur les œuvres qui apparaissent dans ce clip, cliquez sur le titre.

> « Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo » – Léonard de Vinci> Grand Sphinx de Tanis > « La Vierge au coussin vert » – Andrea du Bartolo > « Vénus de Milo »> « Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804″ – Jacques-Louis David > « Apollon vainqueur du serpent Python » – Eugène Delacroix > « L’enlèvement des Sabines » – Jacques-Louis David > « Le serment des Horaces » – Jacques-Louis David > « Le dieu Hermès (Mercure) rattachant sa sandale » > « Portrait d’une jeune femme noire » – Marie-Guillemine Benoist> « Le radeau de la Méduse » – Géricault> « Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant » – Géricault > « Les Noces de Cana » – Véronèse > « La Victoire de Samothrace » > « Pietà » – Rosso Fiorentino > « Madame Récamier » – jacques-Louis David > La Grande Galerie

Rapprocher la jeune génération de la culture classique

Pour Nail Ver-Ndoye, auteur du livre à paraître « La représentation des noirs dans la peinture européenne », cité par 20 Minutes : « Cela permet de rapprocher la jeune génération de cette culture dite classique ».

« Le Louvre est le temple de la culture européenne, le fait de l’investir de silhouettes noires est une manière de créer un lien entre une esthétique ancienne et une autre plus contemporaine » pour la militante antiraciste Rokhaya Diallo également citée par 20 Minutes.

Le clip est disponible depuis le 17 juin.

Crédits : images extraites du clip vidéo

Vous avez repéré d’autres œuvres du Louvre dans ce clip ?
N’hésitez pas à le signaler dans un commentaire.

[Chef-d’œuvre] Méniou, scribe royal

Fragment de statue en calcaire peint
Département des Antiquités égyptiennes
Musée du Louvre

Le scribe royal Méniou a vécu sous la 18e dynastie (1550-1292 avant J.-C.).
Son visage est amputée d’une zone qui part de la pommette droite et se prolonge jusque sous la partie gauche du menton. La tête a été recollée sur le torse au niveau du cou.

Il porte un large collier en faïence sur la poitrine ainsi qu’un collier d’or autour du cou, témoignage d’une faveur royale fréquemment attestée chez les dignitaires de la 18e dynastie.

La ligne arquée des sourcils, le contour des yeux et leur pupille sont particulièrement bien dessinés.

Visible sur de nombreuses statues masculines de cette période, la perruque à revers est caractéristique de cette époque.

L’arrière du pilier dorsal comporte une inscription fragmentaire en hiéroglyphes :

Tes chairs seront fermes et tu vivras, tu vivras, ô scribe royal, le juste, le bien-aimé (du roi), Méniou… Tu marcheras sur la terre sans y rencontrer d’opposant, tu boiras l’eau, tes mains donnant… dans le temple de Rê, lors de sa fête de la grande offrande, tu offriras la laitue ainsi que… Ton appel sera entendu dans Ta-our, et tu seras acquitté contre tes ennemis, tu adoreras le dieu qui apparaît dans la barque-néchemèt… L’autre monde t’accueillera, il cachera ton corps, ô scribe royal, le juste… »

Département des Antiquités égyptiennes
Musée du Louvre
Salle 637

Sources :
– cartel de l’œuvre et inscription en hiéroglyphes
– article de Christophe Barbotin : “Le buste du scribe royal Meniou, une sculpture du règne d’Aménophis III” dans « La revue du Louvre » (1997)

En savoir +

Article très complet et documenté sur le site egyptophile.blogspot.com

[Web-série] Le Musée des Beaux-Arts d’Arras en 5 chefs-d’œuvre

Hébergé depuis près de deux siècles dans le bâtiment de l’abbaye bénédictine Saint-Vaast, le Musée des Beaux-Arts d’Arras présente un riche ensemble d’œuvres d’art : sculptures médiévales, peintures françaises et des Pays-Bas, céramiques du XVIIIe siècle…

Suivez Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, et découvrez 5 des plus beaux chefs-d’œuvre du musée.

[1/5] Les Anges de Saudemont

[2/5] Joseph Parrocel

[3/5] Laurent de la Hyre

[4/5] Camille Corot

[5/5] Le « bleu d’Arras »

Cliquer sur l’image ci-dessous pour découvrir la version complète du reportage.

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

Exposition « Napoléon, images de la légende »

Jusqu’au 4 novembre 2018, le musée présente l’exposition « Napoléon, images de la légende » dans le cadre du partenariat avec le Château de Versailles et la Région des Hauts-de-France.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Chef-d’œuvre] Porcelaines du musée des Beaux-Arts d’Arras

La porcelaine du musée d’Arras

Les quatre sœurs Delemer, Louise, Marguerite, Robertine et Constance, lancèrent en 1770 une manufacture de porcelaine dans la ville d’Arras. Cette manufacture produisit principalement de la vaisselle de table en porcelaine tendre, rendue célèbre grâce au « bleu d’Arras » réalisé à partir du cobalt présent dans la région.

Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, nous présente les trésors de la collection de porcelaine.

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Chef-d’œuvre] Camille Corot, musée des Beaux-Arts d’Arras

Près d’Arras, les bûcheronnes
Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875)

Toujours à la recherche de paysages, Camille Corot se rendit à plusieurs fois en Italie et arpenta les régions de France. Il séjourna régulièrement à Arras et Douai. Le Musée des Beaux-Arts d’Arras conserve un très beau tableau de sa période classique : « Près d’Arras, les bûcheronnes ».

Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, nous présente ce chef-d’œuvre.

À la tête de l’école moderne du paysage, se place M. Corot. » – Charles Baudelaire (1845)

Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien. » – Claude Monet (1897)

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Chef-d’œuvre] Laurent de la Hyre, musée des Beaux-Arts d’Arras

« La mort des enfants de Béthel »
Laurent de la Hyre (1606-1656)

Né à Paris en 1606, Laurent de La Hyre s’est formé auprès de son père, mais il étudia surtout les œuvres maniéristes de Primatice à Fontainebleau. Il est l’un des rares peintres d’Histoire parisien important qui ne soit pas allé étudier en Italie.

Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, nous présente l’un des chefs-d’œuvre du peintre.

Un grand cri dans tout le pays d’Egypte » – Prophétie de Moïse (« Exode » – 11)

Dans un paysage de ruines antiques, des mères éplorées découvrent les cadavres de leurs enfants.
Un âne emporte un corps… Une femme est évanouie.
La scène apparaît étrangement paisible, c’est que La Hyre s’est attaché à peindre une « impression poétique » de la mort.

Il monta de là à Béthel; et comme il cheminait à la montée, des jeunes gens sortirent de la ville, et se moquèrent de lui. Ils lui disaient: « Monte, chauve ! monte, chauve ! » Il se retourna pour les regarder, et il les maudit au nom de l’Éternel. Alors deux ours sortirent de la forêt, et déchirèrent quarante-deux de ces adolescents. » – Ancien Testament (2 Rois 2:19-25)

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Chef-d’œuvre] Joseph Parrocel, musée des Beaux-Arts d’Arras

« La Prédication de St Jean-Baptiste »
Joseph Parrocel (1646-1704)

Depuis 1999, le Musée des Beaux-Arts d’Arras présente un ensemble extraordinaire de grands formats (appelés « Mays ») peints par Philippe de Champaigne, Joseph Parrocel et d’autres grands noms de la peinture française.
De 1630 à 1707, la Corporation des orfèvres offrit chaque 1er mai, un tableau, appelé « May », à la cathédrale Notre Dame de Paris pour orner les piliers de la nef.

Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, nous présente la grande toile peinte par Joseph Parrocel en 1693.

Les « Mays » d’Arras viennent du Louvre

Le musée des Beaux-Arts d’Arras a perdu la moitié de ses collections lors des bombardements de la Première Guerre Mondiale. Aussi, en 1938, le Musée du Louvre a mis en dépôt à Arras vingt-huit grandes peintures du XVIIe et du début XVIIIe, parmi lesquelles quatorze « Mays » de Notre-Dame.

« La Prédication de St Jean-Baptiste » de Joseph Parrocel

Joseph Parrocel est surtout connu comme peintre de bataille. En 1676, il est reçu à l’Académie royale de Peinture. Son ascension est rapide et il obtient des commandes prestigieuses : en 1678, des décorations murales pour l’Hôtel royal des Invalides ; en 1685, le décor de deux salons de l’appartement du roi à Versailles. En 1693, il exécute ce « May » pour Notre-Dame de Paris.

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Chef-d’œuvre] Les Anges de Saudemont, musée des Beaux-Arts d’Arras

Les anges de Saudemont sont la fierté du Musée des Beaux-Arts d’Arras.  Il s’agit de deux statues en bois polychrome datant de la fin du XIIIe siècle.

Virginie Dewisme, responsable du Service des Publics au Musée des Beaux-Arts d’Arras, nous présente ces magnifiques sculptures.

On remarque tout de suite la grande ressemblance entre ces statues en bois et la célèbre sculpture en pierre de « L’Ange au Sourire » de la cathédrale de Reims.

C’est dans le village de Saudemont, situé une vingtaine de kilomètres d’Arras, que le fermier de l’abbaye a reconstruit la chapelle en 1816 avec son épouse, en y plaçant ces deux anges qui lui appartenaient. Ils sont restés à Saudemont jusque dans les années 1980, avant leur acquisition par le musée des Beaux-Arts d’Arras. Depuis 2005, une copie des deux Anges est installée dans la chapelle du village.

Musée des Beaux-Arts d’Arras
22, rue Paul-Doumer
62000 Arras

Le musée est ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 18h.
Fermeture le mardi et le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et le 25 décembre.
L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous.

En savoir +

Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts d’Arras sur sa page Facebook.

[Exposition] Heures italiennes au Louvre-Lens

Musée du Louvre-Lens
18 octobre 2017 – 28 mai 2018

Cette année, le Louvre-Lens a souhaité donner un écho aux expositions proposées en 2017 dans plusieurs établissements de la région. Regroupées sous le titre « Heures Italiennes », ces expositions présentaient les trésors de la peinture italienne des 14e-18e siècles avec 230 tableaux provenant des musées et des églises de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme.

« Vierge à l’Enfant, saint Jean Baptiste et trois anges » dite « Madone Corsini » d’après Andrea del Sarto (1486-1530) – Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

A Lens, c’est dans l’espace du Pavillon de verre du musée que sont exposés une vingtaine de tableaux de maîtres italiens, autour de quatre thématiques : la tragédie du paysage, la figure féminine entourée d’enfants, la peinture d’Histoire et le courant ténébriste et naturaliste à la suite du Caravage.

Focus sur 4 chefs-d’œuvre

« Deux philosophes (Anaxagore et Lacydès ?) »
Jusepe de Ribera (1591-1652)
Saint-Omer, Musée de l’hôtel Sandelin

Ce tableau est considéré aujourd’hui comme un chef-d’œuvre du peintre espagnol Jusepe de Ribera. Son origine fut toutefois longtemps incertaine en raison de la présence d’une signature ancienne, qui se révéla apocryphe lors d’une restauration du tableau.

Cette dispute de philosophes oppose un partisan d’Anaxagore, philosophe grec du 5e siècle avant J.-C. et ami de Périclès, à un autre personnage qui montre du doigt les théories de Lacydès, philosophe grec du 3e siècle avant J.-C.

Les plis des vêtements et les livres sont traités comme de véritables natures mortes.

La gestuelle et l’expression des personnages offrent autant de possibilités pour le peintre de valoriser son sujet.

« Persée et la délivrance d’Andromède »
Filipo Napoletano (1590-1629)
Musée Jeanne d’Aboville (La Fère)

Persée, monté sur Pégase, vient pour délivrer Andromède, attachée à un rocher et exposée à la menace d’un monstre marin.

Cet paysage tourmenté, monumental et écrasant, met en relief la bravoure de Persée et la détresse d’Andromède. A moins qu’il en s’agisse d’une représentation du sauvetage épique d’Angélique par le chevalier Roger…

« La Charité »
d’après Francesco Salviati (1510-1563)
Musée Jeanne d’Aboville (La Fère)

Francesco Salviati a accueilli plusieurs artistes nordiques dans son atelier et il est probable que l’un d’entre eux soit à l’origine de cette copie aux dimensions inférieures à celles du modèle. La toile originale est conservée dans la Galerie des Offices de Florence.

« Suzanne et les vieillards »
Giovanni Martinelli (1600-1659)
Musée de Picardie (Amiens)

La Bible rapporte que Suzanne fut molestée chez elle par deux vieillards proches de son mari, alors qu’elle prenait son bain quotidien.

Injustement accusée de luxure, elle sera innocentée par le prophète Daniel.

Ce sujet avait une signification particulière depuis le concile de Trente : en effet, le corps de Suzanne incarnait l’Église résistant aux hérétiques représentés par les vieillards.

Les Heures Italiennes d’Henry James

C’est au Louvre-Lens que se conclut la série d’expositions « Heures Italiennes » inspirée par le titre d’un recueil d’Henry James (1843-1916) où l’auteur décrit les monuments et les artistes de la péninsule.

La vraie façon de jouir de Venise est de suivre l’exemple de ses habitants et de profiter au mieux des plaisirs les plus simples. Presque tous les plaisirs y sont simples ; cela peut paraître un habile paradoxe ; il est cependant soutenable. Il n’est pas de plaisir plus simple que celui d’admirer un beau Titien, si ce n’est celui d’admirer un beau Tintoret, ou de déambuler dans Saint-Marc– abominable cette tendance à en prendre l’habitude ! – et de reposer dans la pénombre des yeux lassés de lumière ; ou de naviguer en gondole, de se pencher à un balcon, de prendre son café au Florian. » – Venise vue par Henry James
« Paysage nocturne, ruines, figures » par Leonardo Coccorante (1680–1750) – Musée de l’Oise (Beauvais)

Musée du Louvre-Lens
18 octobre 2017 – 28 mai 2018

Sources :
– dossier de presse de l’exposition du Louvre-Lens
– dossier de presse de l’exposition « Chefs-d’œuvre en dialogue » (2016) au Musée de l’hôtel Sandelin (Saint-Omer)

[Chef-d’œuvre] Hippopotame des marécages

Thèbes, Dra Abou el-Naga
1750- 1650 avant J.-C.
Musée du Louvre

Le paysage de l’Égypte ancienne était façonné par le Nil et ses crues, phénomène naturel stoppé depuis 1971 avec la construction du barrage d’Assouan.
Chaque année, les rives du fleuve se trouvaient sous les eaux pendant les quatre mois d’été. Grâce au limon déposé par les crues, les bords du Nil étaient recouverts d’espaces marécageux peuplés d’insectes et d’oiseaux aquatiques. Le fleuve regorgeait de poissons, crocodiles, tortues et hippopotames.


L’hippopotame faisait donc partie intégrante du paysage des bords du Nil. Le représenter permettait de maîtriser symboliquement sa force destructrice.
Façonné dans une faïence d’un bleu azur très vif évoquant les eaux du fleuve, le corps de l’animal est décoré de plantes aquatiques par association avec les marécages où il aimait vivre.

Cette figurine  a été découverte par Auguste Mariette – mon découvreur – en 1860. Elle était déposée dans la tombe de Neferhotep, « scribe du grand enclos ». Elle prend ainsi une toute autre signification pour devenir un symbole de renaissance et évoquer le marécage primordial, le Noun. En effet, c’est au premier matin de la naissance du monde, que le soleil émergea d’une fleur de lotus.

« C’est dans le Noun que tout être naît. »

Sources :
– article sur le site Internet du Louvre
– dossier de presse de l’exposition « Des animaux et des pharaons. Le règne animal dans l’Egypte ancienne » (2014-2015) au Louvre-Lens
– article sur le Blog egyptophile

[Chef-d’œuvre] L’empereur Lucius Verus

Antiquités romaines
Musée du Louvre

Ce portrait aurait été exécuté entre la mort de Marc-Aurèle, en 180 après J.-C., et celle de Lucille, l’épouse de Lucius Verus, en 183 après J .-C. Découvert près de Rome dans la villa de sa femme Lucille, il appartenait à l’ancienne collection Borghèse.

Lucius Verus était le co-empereur de Marc Aurèle de 161 à 169

Ce prince était bien fait et beau de visage. Sa barbe, qu’il laissait tomber à la façon des barbares, avait quelque chose d’imposant; et ses sourcils, qui se joignaient sur son front, lui donnaient un air vénérable. Il avait, dit-on, un tel soin de ses cheveux blonds, qu’il les couvrait de poudre d’or, pour les rendre plus brillants. » – Extrait de « L’Histoire Auguste »

Il se fit, dit-on, couper la barbe en Syrie, pour complaire à une courtisane ; ce qui excita la verve satirique des Syriens. La destinée voulut qu’à son retour il portât la peste dans les provinces où il passa, jusqu’à Rome. » – Extrait de « L’Histoire Auguste »

Un mauvais empereur ?

« L’Histoire Auguste », ouvrage du IVe siècle, dépeint la vie dissolue de Lucius Verus et le compare aux « mauvais empereurs » du Ier siècle.

Il aimait le jeu avec passion. Il se livra toute sa vie à la débauche, et ressembla en plusieurs choses à Néron ; il faut toutefois en excepter la cruauté et le goût de la moquerie. » – Extrait de « L’Histoire Auguste »

Il n’était point étranger aux sciences et aux arts et chérissait ceux qui les cultivaient. C’est peut-être à cette circonstance qu’il faut attribuer la multitude de portraits qui nous restent de cet empereur car on ne peut les imputer à ses vertus.. » – Extrait du Tome 7 de « Galerie du Musée Napoléon » (1810) par Joseph Lavallée

Divus Verus

Lucius Verus meurt à l’âge de 42 ans. Le Sénat ayant décidé sa divinisation, il devient « Divus Verus ».

Sources :

Article sur le site Internet du Musée du Louvre
« Histoire Auguste, vies d’Hadrien, d’Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle et de Lucius Verus »
« Galerie du Musée Napoléon – Tome 7ème » (1810) par Joseph Lavallée

[Exposition] Divins dessins à Port-Royal des Champs

Exposition « Traits divins, dessins français du musée d’Orléans. XVIIe siècle »
23 mars – 1er juillet 2018
Musée national de Port-Royal des Champs

Le site des Granges de Port-Royal des Champs (Yvelines) expose une cinquantaine de dessins datant des années 1630 jusqu’au début de la Régence.
Ces dessins, issus de la collection du musée d’Orléans., donnent l’occasion de découvrir de nombreux inédits.

Le plaisir de l’œil et la surprise

Je vous propose un parcours en images dans l’exposition… « pour le plaisir de l’œil et la surprise » comme le dit Corentin Dury, conservateur du musée.

Étude d’homme sciant pour la construction de l’Arche par Nicolas Bertin (1667-1736) – Musée d’Orléans
« L’apparition des instruments de la Passion à la Vierge à l’Enfant » (détail) par Antoine Dieu (1662 ?-1727)
« La Vierge à l’Enfant » par Jacques Sarazin (1592-1660) – Musée d’Orléans
« L’ange de la France expulsant l’hérésie » (détail) d’après Antoine Coysevox – Musée d’Orléans
Étude de figures par Nicolas Bertin (1667-1736) – Musée d’Orléans
Étude de drapé sur un ange – Bologne (deuxième tiers du 19e siècle) – Musée d’Orléans
« L’Annonciation » par Giovanni Lanfranco (1582-1647 – Musée d’Orléans
« La Résurrection » attribuée Jean-Baptiste Corneille (1649-1695) – Musée d’Orléans
« Les clefs de saint Pierre et la tiare papale offertes à saint Bonaventure lors du Concile de Viterbe en 1271 » par Arnould de Vuez (1644-1720) – Musée d’Orléans
« Saint Louis se reposant » (?) par Claude-Guy Hallé (1652-1736- – Musée d’Orléans
« La décollation de sainte Cécile » par Antoine Dieu (1662 ?-1727) – Musée d’Orléans
« Vierge à l’Enfant » par Reynaud Levieux (1613-1699) – Musée d’Orléans
Étude d’une tête d’homme de trois quarts par Michel I Corneille – Musée d’Orléans
« Marie Madeleine en prière dans une caverne devant un crucifix » par Nicolas de Plattemontagne (1631-1706) – Musée d’Orléans

Musée national de Port-Royal des Champs
Les Granges de Port-Royal
78114 Magny-les-Hameaux

Suivez le musée de Port-Royal des Champs sur Twitter : @MuseePortRoyal

Étude de mains et d’un pied par Pierre Mignard (1612-1695) – Musée d’Orléans

[Visite chantée] Tintoret : naissance d’un génie

A l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du Tintoret, le musée du Luxembourg propose une exposition consacrée aux quinze premières années de la carrière de ce jeune homme ambitieux et pressé. Jacopo Robusti doit son surnom de « Tintoretto » à ses origines familiales – son père était teinturier – et à sa petite taille. Tintoretto, francisé sous la forme « Tintoret », signifie littéralement « le petit teinturier ».

Découvrez l’exposition avec Grégoire Ichou, chanteur ténor et conférencier.

Exposition « Tintoret : naissance d’un génie »
Musée du Luxembourg
7 mars – 1er juillet 2018

En savoir +

Suivez l’actualité de Grégoire Ichou sur Twitter  et sur son site Internet : gregoireichou.com

[Chef-d’œuvre] L’obèse étrusque de Fiesole

Bronze, vers 300 avant J.-C.
Antiquités étrusques du Louvre

Découverte à Fiesole, près de Florence, cette tête de bronze appartenait à une statue en pied. Il s’agit du portrait honorifique d’un jeune homme.


Ce portrait rappelle les effigies des défunts figurés sur les urnes et les sarcophages du IIIe siècle avant J.-C., et les ex-voto représentant le plus souvent des types génériques.
Ici toutefois, le visage du jeune homme semble davantage individualisé.


La chevelure est détaillée mèche par mèche.


Des rides profondes, un nez fort et un menton proéminent donnent au personnage une expression soucieuse et volontaire.


A l’origine, les yeux étaient incrustés d’une matière qui indiquait l’iris et la pupille.

L’obèse Étrusque

Ce visage rappelle la description de l’ « obèse Étrusque » (obesus etruscus) par le poète latin Catulle (84-54 avant J.-C.).

En toute occasion, en quelque lieu qu’il soit, quoi qu’il fasse, il rit toujours. C’est là sa manie ; mais elle n’est, à mon sens, ni de bon goût, ni polie. Je dois donc t’avertir, brave Egnatius, que quand bien même tu serais né à Rome, ou chez les Sabins, à Tibur, ou chez l’Ombrien économe, chez l’Etrurien bien nourri (« obesus etruscus ») […] ou tout autre peuple qui se rince la bouche avec une eau pure, encore ne te permettrais-je pas de rire ainsi à tout propos : car rien n’est plus sot qu’un sot rire. Mais tu es Celtibérien ; et les gens de ton pays ont tous la coutume de se rincer chaque matin les dents et les gencives avec leur urine ; or, plus l’émail de tes dents à d’éclat, plus il prouve que tu as avalé de ce dégoûtant gargarisme. » – Catulle dans l’un de ses « Poèmes »

Sources :
– Article sur le site Internet du Louvre
– Poème XXXIX « Contre Egnatius » de Catulle, traduction de 1862 par Héguin de Guerle