[Visite privée] Exposition « Martin Schongauer. Le bel immortel » au musée du Louvre

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Ce reportage de plus de 70 minutes sera disponible à partir du samedi 20 juin à 19h sur cette page.

Exposition « Martin Schongauer. Le bel immortel »
8 avril – 20 juillet 2026
Musé du Louvre

Surnommé le « beau Martin » par Albrecht Dürer, Martin Schongauer, peintre, dessinateur et graveur virtuose du XVe siècle, reste méconnu au-delà du cercle des spécialistes et des amateurs. Il est pourtant l’un des artistes les plus importants et les plus populaires de la fin du Moyen Âge.

L’exposition pésente quelques rares dessins et une large sélection d’estampes auxquelles Schongauer doit sa renommée européenne, et, pour la première fois, la quasi-totalité des peintures qui lui sont attribuées.

Pour cette visite privée de 71 minutes, vous êtes accompagnés par Hélène Grollemund, chargée de collection au département des Arts graphiques, musée du Louvre, et Pantxika Béguerie De Paepe, conservatrice honoraire du musée Unterlinden.

Détail d’une Croix d’autel (1487, 1509 pour le piétement) par Jörg Schongauer (mort avant 1514) – Piétement : Bâle (Suisse) – Argent, dorure partielle – Musée de l’Hôtel-Dieu (Porrentruy), dépôt de l’église paroissiale Saint-Pierre de Porrentruy
« Saint Georges combattant le dragon » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée Unterlinden (Colmar)

Surnommé le « beau Martin » par Albrecht Dürer, Martin Schongauer (Colmar, vers 1445 – Vieux-Brisach, 1491), peintre, dessinateur et graveur virtuose, reste méconnu au-delà du cercle des spécialistes et des amateurs. Il est pourtant l’un des artistes les plus importants et les plus populaires de la fin du Moyen Âge.

« La Crucifixion aux quatre anges » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée du Louvre
« La Crucifixion » (vers 1465-1470) par un artiste anonyme dit Maître du retable de Stötteritz (actif à Nuremberg vers 1460-1475) – Plume et encre brun-gris – Graphische Sammlung der Universität (Erlangen)

La vie de Martin Schongauer reste mal connue du fait de la rareté des sources. Fils et frère d’orfèvres colmariens, il atteint rapidement dans ses gravures une grande maîtrise du délicat travail au burin, surpassant l’exemple de son aîné, le Maître « ES », par son sens aigu de la précision et une claire appréhension de la profondeur.

« Le Christ du Jugement dernier » (1469 ?) par Martin Schongauer – Plume et encre brune – Musée du Louvre
« Triptyque de la famille Braque » (vers 1452) par Rogier van der Weyden (Tournai, 1399 ou 1400 – Bruxelles, 1464) – Huile sur bois – Musée du Louvre

Ses premières œuvres mettent en évidence sa connaissance de l’art des grands peintres des Pays-Bas méridionaux comme Rogier van der Weyden, mais aussi des artistes de Nuremberg, une ville dans laquelle il a vraisemblablement séjourné à l’occasion d’un voyage entrepris entre 1465 et 1470 environ.

« Le Christ bénissant » (vers 1469 ?) par Martin Schongauer – Plume et encres noire et brune – Gallerie degli Uffizi (Florence)

À travers une centaine d’œuvres, l’exposition met en lumière l’œuvre de Schongauer et sa postérité par-delà les frontières et le temps. Elle présente quelques rares dessins et une large sélection d’estampes auxquelles il doit sa renommée européenne, et, pour la première fois, la quasi-totalité des peintures (retables et tableaux de chevalet) qui lui sont attribuées, dont l’exceptionnelle « Vierge au buisson de roses » de 1473, son seul panneau peint daté.

« Retable de saint Barthélemy et de sainte Marie-Madeleine » – Faces internes des volets du retable : Le Massacre des Innocents, Le Martyre de saint Barthélemy (vers 1470) par Martin Schongauer – Huile sur bois (tilleul) – Musée Unterlinden (Colmar)
« Retable d’Orlier » : L’Annonciation (faces externes des volets du retable) (vers 1475) par Martin Schongauer – Huile sur bois (tilleul) – Musée Unterlinden (Colmar)
« Noli me tangere » (« Ne me touche pas ») et « L’Incrédulité de saint Thomas », deux panneaux du Retable des Dominicains (vers 1475-1480) par Martin Schongauer – Huile et tempera sur bois de résineux – Musée Unterlinden (Colmar)

De rares et précieuses peintures de Schongauer sont parvenues jusqu’à nous. Elles révèlent un souci esthétique tant dans la représentation humaine que dans le décor environnant et un goût profond du détail ornemental ou naturaliste. Les petits panneaux peints par Schongauer mettent en avant la nouvelle relation intimiste entre la Vierge et l’Enfant, la sérénité des scènes d’adoration et le rôle de premier plan de Marie. L’exposition confronte ces œuvres, destinées à la dévotion privée, avec de grands ensembles commandés par les institutions religieuses – ils ornaient des églises de Colmar ou la commanderie d’Issenheim et n’ont que rarement quitté l’Alsace.

« La Vierge au buisson de roses » (1473) de Martin Schongauer – Église des Dominicains (Colmar)
Détail de « La Vierge au buisson de roses » (1473) de Martin Schongauer – Église des Dominicains (Colmar)
« La Vierge à l’Enfant couronnée par deux anges » (entre 1469 et 1473) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée Unterlinden (Colmar)

Dans les estampes, la virtuosité technique impressionnante de Schongauer s’allie à sa connaissance approfondie des textes apocryphes ou des commentaires de la vie des saints. Il s’y révèle un artiste lettré, un narrateur inventif et délicat ainsi qu’un fin observateur de la nature. Il joue sur la diversité des sujets afin de toucher le plus grand nombre de clients. À côté de scènes religieuses, il développe des thèmes animaliers et fantastiques ou des éléments décoratifs.

« Les Apôtres » (vers 1460-1465) par Martin Schongauer – Gravures au burin – Musée Unterlinden (Colmar)
« Les Cochons » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée du Louvre
« Saint Jacques luttant contre les Sarrazins », dit antérieurement « Saint Jacques à la bataille de Clavijo » (vers 1500 ?) par un graveur anonyme – Gravure au burin – Musée du Louvre

Après sa disparition, l’art de Schongauer, et particulièrement ses estampes, a continué d’opérer une séduction extraordinaire sur les artistes. Nombre de dessins, peintures, gravures, livres imprimés, sculptures et objets d’art, produits de la fin du XVe siècle au XVIIe siècle, de l’Espagne à l’Italie, en passant par la France ou la Bohême, par des artistes anonymes ou reconnus, s’inspirent avec plus ou moins de liberté des œuvres de l’illustre graveur.

« La Mort de la Vierge » (« La Dormition ») (vers 1480-1490 ?) par Israël van Meckenem (vers 1445 – 1503) et « La Mort de la Vierge » (« La Dormition ») (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Musée du Louvre
« Scènes de la Passion du Christ » (vers 1520-1530) par l’Atelier d’un émailleur anonyme dit Maître aux grands fronts (actif à Limoges, 1re moitié du 16° siècle) – Émaux peints sur cuivre, paillons d’argent, rehauts d’or – Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Série de « La Passion » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravures au burin – Musée du Louvre
« Le Christ devant Pilate » – Provient d’un retable dédié à la « Passion du Christ » (vers 1530) – Champagne (France) – Bois (chêne ou noyer ?) – Musée barrois (Bar-le-Duc)
À droite : « Le Baptême du Christ » (vers 1490-1500)- Tyrol du Sud (nord de l’Italie) – Bois (pin cembro ?), restes de la polychromie d’origine et de polychromies postérieures – Benediktinerstift Admont, Bibliothek und Museum, collection Mayer
Au centre : « Le Grand Portement de Croix » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée du Louvre
« Jésus succombant sous le poids de la Croix » (vers 1500-1520) – Allemagne du Sud – Plume et encre noire, rehauts de gouache blanche sur papier préparé vert – Musée du Louvre
« Le Baptême du Christ » (vers 1516-1522) par Everhard Rensig (?) (actif à Cologne, Allemagne, permier tiers du XVIe siècle) – Verres blancs et colorés, détails peints, jaune d’argent) – Victoria and Albert Museum (Londres)

Un choix a été fait parmi plus d’un millier d’œuvres concernées afin d’illustrer cette diffusion géographique, dépassant largement les frontières du Saint Empire romain germanique. Cette persistance durable lui confère un statut d’ « immortel ».

Détail de « Saint Antoine tourmenté par les démons » (entre 1469 et 1473) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée du Louvre

Commissariat de l’exposition

Pantxika Béguerie De Paepe, conservatrice honoraire du Musée Unterlinden
Hélène Grollemund, chargée de collection au département des Arts graphiques, musée du Louvre

« Saint Antoine tourmenté par les démons », volet du « Retable de la Vierge de Montserrat de Alfajarín (1480-1495) par Martin Bernat (actif à Saragosse, Espagne, vers 1450-1505) – Archevêché de Saragosse, Alma Mater Museum, dépôt de la paroisse de San Miguel Arcángel de Alfajarín

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Musée du Louvre.

Exposition « Martin Schongauer. Le bel immortel »
8 avril – 20 juillet 2026
Musé du Louvre

« Le Départ pour le marché » (vers 1470-1475) par Martin Schongauer – Gravure au burin – Musée du Louvre

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