[Visite privée] Les animaux de Delacroix, du Musée Delacroix au Muséum national d’Histoire naturelle

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Ce reportage sera disponible à partir du samedi 17 octobre à 19h sur cette page.

Les animaux de Delacroix

Pour Eugène Delacroix, les chevaux, les lions et les tigres constituent un objet d’étude et un sujet qu’il met en scène dans de nombreux tableaux, lithographies, décors… tout au long de sa carrière. Le musée Delacroix présente un nouvel accrochage qui explore l’univers animalier du peintre, à l’occasion de l’acquisition de deux études de chevaux, récemment restaurées.
De son côté, le Muséum national d’Histoire naturelle dévoile ses riches collections d’art à l’occasion de ses 400 ans. L’une des sections de cette exposition commémorative présente les travaux d’Eugène Delacroix ainsi que les animaux qu’il a pu voir à la Ménagerie, dans les galeries du Jardin des Plantes ou lors de dissections.

Du Musée Delacroix au Muséum national d’Histoire naturelle, ce reportage croise les regards portés par ces deux institutions sur les animaux d’Eugène Delacroix.

Suivez Claire Bessède, conservatrice générale du patrimoine et directrice du musée national Eugène-Delacroix, et Louise Fauduet, cheffe du service Accueil, médiation, valorisation de la direction des Bibliothèques et de la documentation au Muséum national d’Histoire naturelle.

Exposition « Delacroix, chevaux et autres animaux » au Musée national Eugène-Delacroix

Exposition « Delacroix, chevaux et autres animaux » au Musée national Eugène-Delacroix (Paris)

Dans les années 1820, le jeune Delacroix s’intéresse particulièrement aux chevaux. Ses représentations sont issues de l’observation de la nature et d’œuvres de maîtres qu’il admire. Elles s’inscrivent dans une démarche de compréhension de l’anatomie, des mouvements et des attitudes des animaux qui anime Delacroix pendant sa jeunesse.

Exposition « Delacroix, chevaux et autres animaux » au Musée national Eugène-Delacroix

Il écrit dans son journal, le 15 avril 1823 : « Il faut absolument se mettre à faire des chevaux. ». Il va réaliser une trentaine de peintures et de nombreux dessins. Ces deux études d’alezan, qui ne semblent pas avoir servi de point de départ à de plus grandes compositions, sont influencées par celles de son ami Théodore Géricault (1791-1824).

Copie du « Portrait équestre de sa majesté le roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte » (1812-1814) par Théodore Géricault (1791-1824) d’après Antoine-Jean Gros – Musée national Eugène-Delacroix
« Étude d’un étalon alezan doré » et « Étude d’un étalon alezan » (1822-1823) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Huile sur papier marouflé sur toile – Nouvelles acquisitions du musée national Eugène-Delacroix

Exposées pour la première fois au musée, les deux études d’étalons, un alezan et un alezan doré, témoignent d’un vif intérêt de Delacroix pour le cheval et sa représentation.

Dos de l’une des études d’étalon alezan par Eugène Delacroix (1798-1863) – Musée national Eugène-Delacroix

Parmi les objets qu’Eugène Delacroix ramène de son voyage au Maroc de 1832, beaucoup sont liés à l’équipement des cavaliers pour les combats.

Exposition « Delacroix, chevaux et autres animaux » au Musée national Eugène-Delacroix
« Tigre royal » (1829) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Lithographie 3e état, encre sur papier – Musée national Eugène-Delacroix
« Lionne prête à s’élancer » (1863) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Musée du Louvre, en dépôt au Musée national Eugène-Delacroix

Comme les chevaux, les fauves fascinent la génération romantique. Beaux et féroces, tigres, lions, lionnes et même chats sont souvent représentés aux aguets, dans des combats ou fondant sur leurs proies. Ces fauves, souvent bien éloignés de ceux qui évoluent dans la nature, sont pour Delacroix un moyen de représenter le mouvement et la violence des affrontements avec plus de liberté que s’il s’agissait d’une peinture d’histoire.

« Bacchus et un tigre » (1834) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Fresque – Musée national Eugène-Delacroix

« Bacchus et un Tigre » est une des très rares fresques peintes par Delacroix. C’est une iconographie qui peut surprendre car le tigre féroce est en fait un petit chat que Bacchus fait quasiment manger dans sa main et qui met sa petite patte sur son genou pour demander à manger. Il s’agit d’un tigre du Bengale rayé, le tigre favori de Delacroix, sans doute pour son aspect pictural.

« Lion de l’Atlas » (1829) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Lithographie 2e état, encre sur papier – Musée national Eugène-Delacroix

En 1829, Eugène Delacroix n’est pas encore allé au Maroc mais il représente un lion de l’Atlas lion qu’il a probablement pu observer à la Ménagerie royale, aujourd’hui Muséum d’Histoire naturelle. Ce lion a une crinière spectaculaire. Les lions de Delacroix ont toujours une crinière très abondante et il était lui-même parfois caricaturé avec une perruque en forme de crinière de lion, un petit peu comme les perruques de l’époque monarchique.

« La ménagerie des animaux féroces » (1878) pat Émile-Désiré Liénard (1842-1918) – Muséum national d’Histoire naturelle

Exposition « Artistes au Muséum » au Muséum national d’Histoire naturelle (Paris)

Le tableau ci-dessous d’Émile-Désiré Liénard (1842-1918) représente la Ménagerie des animaux féroces. Même si le tableau date de 1878, le bâtiment, lui, date de 1819 à 1821 et c’est dans ce bâtiment qu’Eugène Delacroix a pu voir des fauves vivants.
À l’époque de Delacroix, un gardien de la Ménagerie, Frédéric Cuvier, est très attaché à l’étude du comportement des animaux vivants. Il veut les voir bouger et pense qu’il est possible de comprendre comment ils se comporteraient dans leur milieu naturel. D’autres scientifiques pensent qu’il vaut mieux se fier au récit des voyageurs et qu’une fois que l’animal est en captivité, on ne sait plus grand-chose de la manière dont il se comporte vraiment dans son environnement d’origine.

Lion d’Afrique (1855) – Collection du colonel d’Argent Muséum national d’Histoire naturelle et Myologie de patte antérieure de lion (19e siècle) en plâtre anatomique peint – Muséum national d’Histoire naturelle

Eugène Delacroix venait à la Ménagerie et au Jardin des Plantes, dans les galeries, à une époque où beaucoup de spécimens de lions vivants venaient d’Afrique du Nord. Le Muséum national d’Histoire naturelle conserve quelques lions de la première moitié du XIXe siècle en provenance d’Afrique du Nord.

« Jeune lion d’Alger » (1837-1838,) par Antoine-Louis Barye (1795-1875) – Beaux-Arts de Paris

Après leur mort, les animaux étaient disséqués dans l’Amphithéâtre d’Anatomie comparée. Delacroix donnait rendez-vous à son ami Antoine-Louis Barye (1795-1875) pour aller voir ce moment de dissection.

Billet d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, directeur de la Ménagerie, autorisant Eugène Delacroix à venir peindre les fauves à la Ménagerie en 1841

En savoir +

Consultez le site Internet du Musée national Eugène-Delacroix et celui du Jardin des Plantes.

« Combat du Giaour et du Pacha » (1827) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Lithographie, 2e état, encre sur papier – Musée national Eugène-Delacroix

Exposition « Delacroix, chevaux et autres animaux »
12 septembre 2026 – 18 avril 2027
Musée national Eugène-Delacroix (Paris)

Esquisse de la « Chasse aux lions » (1854) par Eugène Delacroix (1798-1863) – Musée d’Orsay

Exposition « Artistes au Muséum »
23 septembre 2026 au 7 mars 2027
Espace d’exposition temporaire de la Grande Galerie de l’Évolution
Muséum national d’Histoire naturelle (Paris)

Buste d’Eugène Delacroix (1876) par Antoine Étex (1808-1888) – Plâtre patiné terre cuite – Musée national Eugène-Delacroix

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