[Exposition] « Le Corps et l’Âme » au Louvre

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Exposition « Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel‐Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance »
22 octobre 2020 ‐ 18 janvier 2021
Musée du Louvre

La nouvelle grande exposition du musée du Louvre est un émerveillement ! Elle nous plonge au cœur d’une période charnière de la Renaissance, où le style inventé par Donatello et les sculpteurs à Florence arrive à maturité. Elle nous fait voyager dans toute l’Italie depuis la seconde moitié du Quattrocento jusqu’au début du XVIe siècle.

Cliquez ici pour découvrir la visite privée  (22 minutes) de l’exposition avec Marc Bormand, conservateur en chef du patrimoine au département des sculptures du Louvre.

« Bacchus et Ariane » (vers 1505-1510) par Tullio Lombardo – Kunsthistorisches Museum (Vienne)

En regardant les antiques : la fureur et la grâce

Marqués principalement par la leçon de Donatello, la sculpture et les arts en Italie dans la seconde moitié du Quattrocento se caractérisent par la recherche de nouvelles formes expressives.

« Orphée » (vers 1470 ?) par Bertoldo di Giovanni (vers 1440-1491) – Musée du Bargello (Florence)

La grâce

C’est un bas-relief antique avec des vestales procédant à un sacrifice qui introduit le thème de la « grâce ». Des drapés élégants permettent aux artistes de révéler le charme de la figure féminine, qui débouche sur la représentation ultime de la grâce à travers le nu.

« Sainte Brigitte de Suède recevant la règle de son ordre » (1459) par Agostino di Duccio – Metropolitan Museum (New York)

Relief des Sacrifiantes Borghèse (vers 130) – Art romain – Musée du Louvre

« Marie Madeleine (?) tenant la couronne d’épines et les clous de la Crucifixion » (vers 1500) par Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange – Musée du Louvre

Au centre : Groupe statuaire des « Trois grâces » – Musée du Louvre

« Deux études d’après une statue de femme nue » (vers 1500) par Baccio della Porta, dit Fra Bartolomeo (?) – Galerie des Offices (Florence)

« Allégorie de l’Opportunité et de la Pénitence » (vers 1505) par un peintre mantouan du cercle d’Andrea Mantegna – Palazzo Accademico San Sebastiano (Mantoue)

La fureur

Les artistes cherchent à exprimer toutes les émotions humaines à travers le langage du corps, à décrire la force et la vigueur physique des corps combattants.

« Hercule étouffant le géant Antée » par Antonio del Pollaiolo – Musée national du Bargello (Florence)

« Hercule et Antée » (vers 1489- 1490) par Luca Signorelli – Bibliothèque royale du château de Windsor

« Hercule et Antée » (vers 1495) par l’atelier d’Andrea Mantegna – Musée du Louvre

Andrea Mantegna illustre les thèmes mythiques de luttes furieuses dans le « Combat des dieux marins », qui fit l’objet de nombreuses répliques sous forme de plaquettes ou de reliefs.

« Bataille de dix hommes nus » (vers 1460-1474) par Antonio Pollaiolo (vers 1431-1498) – Petit Palais (Paris)

« Combat d’hommes nus » (vers 1470-1480) par un artiste florentin – Victoria and Albert Museum (Londres)

« Scène de conflit entre des hommes et des femmes (Lycurgue et les ménades ?) » (vers 1474-1480) par Francesco di Giorgio Martini (1439-1501) – Victoria and Albert Museum (Londres)

Au premier plan : « Nu masculin » (vers 1475) par Andrea del Verrochio (?) – Musée du Bargello (Florence)

« Figure de bourreau » (vers 1477-1480) par Andrea del Verrochio – Collection particulière

Florence 1503‐1506 : l’école du monde

À l’aube du XVIe siècle, Florence reprend à Rome la prééminence artistique. C’est sur les parois de la salle du conseil du Palazzo Vecchio que vont rivaliser ses deux enfants les plus illustres, Léonard de Vinci et Michel-Ange.

« Scènes de combat : cavaliers se défendant contre quatre fantassins » (vers 1505-1510) par Giovanfrancesco Rustici (1475-1554) – Musée du Bargello (Florence) et Musée du Louvre

« Scène de combat : cavaliers se défendant contre quatre fantassins » (vers 1505-1510) par Giovanfrancesco Rustici (1475-1554) – Musée du Bargello (Florence)

« Homme nu debout, vu de dos, tenant un bâton » (vers 1504-1506) par Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564) – Musée du Louvre

L’art sacré : pour émouvoir et convaincre

L’art sacré met lui aussi l’accent sur la représentation du corps et sur l’emprise qu’exercent sur lui les mouvements de l’âme.

« Lamentation sur le Christ mort » (vers 1475-1490) par Antonio Mantegazza (?) (vers 1438-1495) – Victoria and Albert Museum (Londres)

Émouvoir et convaincre deviennent les deux propos de la sculpture religieuse de la seconde moitié du Quattrocento.

« La Flagellation du Christ » (vers 1508) par Moderno (actif entre la fin du XVe siècle et les premières décennies du XVIe siècle) – Bibliothèque nationale de France

Passions

Le thème de la Passion du Christ permet à Donatello, dans les années 1450, de déployer sa pleine maîtrise du traitement des émotions dans un langage plastique où le drame humain est rendu avec une expressivité toujours plus vive.

« Lamentation sur le Christ mort » (vers 1455-1460) par Donatello (vers 1386-1466) – Victoria and Albert Museum (Londres)

« Saint Jérôme pénitent » (vers 1520-1530) par Andrea Riccio (1470-1532) – Musée Bode (Berlin)

Appeler les fidèles

À Sienne, Francesco di Giorgio Martini explore la profondeur de l’âme humaine dans les visages de saint Jean Baptiste et de saint Christophe, l’un fort d’une puissance presque herculéenne et l’autre au visage empreint d’une sérénité tout en retenue.

« Saint Christophe » (vers 1488-1490) par Francesco di Giorgio Martini (1439-1501) – Musée du Louvre

À gauche : « Saint Jean Baptiste » (1464-1466) par Francesco di Giorgio Martini (1439-1501) – Musée de l’Œuvre de la cathédrale de Sienne

Le théâtre des sentiments

Le thème de la « Déploration du Christ » offre un véritable théâtre des sentiments, notamment avec la gestuelle dramatique de saint Jean et de Marie Madeleine.

« Marie Madeleine » (1485-1489) par Guido Mazzoni (vers 1450-1518) – Musée d’Art médiéval et moderne (Padoue)

« Déploration du Christ » (1493-1494) par Giacomo del Maino, Giovanni Angelo del Maino (?) et Andrea Clerici – Église Santa Marta (Bellano)

« Déploration du Christ avec Marie, saint Jean l’Évangéliste et d’autres figures » (vers 1510-1515) par Gasparo Cairano – Castello Sforzesco (Milan)

« La Déploration du Christ » (vers 1480-1490) par Batolomeo Bellano – Institut de France (Paris)

« Baiser de paix avec Pietà (Christ mort entre Marie et saint Jean) » (1513) par Moderno (actif entre la fin du XVe siècle et les premières décennies du XVIe siècle) – Musée diocésain Francesco Gonzaga (Mantoue)

De Dionysos à Apollon

Les dernières décennies du XVe siècle, la sculpture développe la recherche d’une nouvelle harmonie, offrant une vision de l’homme plus apaisée.

À gauche : « Christ de pitié » (1497 ?) par Le Pérugin (vers 1450-1523) – Collection de la Fondazione Cassa di Risparmio (Florence)

« Mercure » (vers 1520) par Pier Jacopo Alari Bonacolsi, dit l’Antico (vers 1458-1528) – Kunsthistorisches Museum (Vienne)

À gauche : « Jeune Guerrier (Saint Georges ou Théodore ?) » (vers 1490-1500) par Tulio Lombardo et atelier – The Metropolitan Museum of Art (New York)

« La Vierge » par Giovanni Buora (actif depuis 1476-1513) – Musée des Arts décoratifs (Paris)

La réflexion inépuisable sur l’Antiquité classique s’exprime dans les œuvres élaborées à partir des grands modèles classiques comme le « Tireur d’épine » ou le « Laocoon ».

« Tireur d’épine » (vers 1500) par Sansovino (1486-1570) ou entourage de Benedetto da Rovezzano (?) (vers 1474-1554) – Institut de France (Paris)

« Spinario [Le Tireur d’épine] » (XVIe siècle) d’après un modèle d’Antonello Gagini (1478-1536) – The Metropolitan Museum of Art (New York)

Le style doux

Les figures blanches d’Andrea della Robbia, d’où irradie la lumière, mêlent beauté idéale et beauté divine à travers un adoucissement des formes, proche des idéaux religieux portés par le prédicateur Savonarole.

À gauche : « Sainte Marie Madeleine pénitente » (vers 1495-1505) par Andrea della Robbia – Église San Iacopo (Lucques)

Rome centre du monde

Les papes comme le haut clergé rivalisent pour passer aux peintres, aux sculpteurs et aux architectes les plus importants des commandes qui renforcent leur prestige. La présence côté à côté de Raphaël, de Bramante ou de Michel-Ange fait de la ville de Rome un creuset artistique incomparable.

« Cupidon » attribué à Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange – Services culturels de l’Ambassade de France à New York, dépôt au Metropolitan Museum

« Nu masculin (avec indications de proportions) par Michel-Ange – Bibliothèque royale du château de Windsor

La naissance de la « manière moderne »

Giorgio Vasari, Léonard, Raphaël et surtout Michel-Ange sont à l’origine de cette « bonne manière », qui s’appuie sur le dessin, définie comme « l’usage de représenter ce qu’il y a de plus beau, d’assembler les plus belles mains, les plus belles têtes, les plus belles jambes afin d’obtenir la plus belle figure possible et d’en tirer parti pour tous les personnages de la composition ».

À gauche : « Christ à la colonne » (vers 1510-1520) par Cristoforo Solari, dit il Gobbo – Cathédrale de Milan

« Mercure, inventeur de la lyre. Homme nu portant un fardeau » (vers 1501-1506) par Michel-Ange – Musée du Louvre

Michel‐Ange: incarner le sublime

Michel-Ange est appelé à Rome par le pape Jules Il pour concevoir son monument funéraire. Après un premier projet colossal, interrompu par la commande de la voûte peinte de la chapelle Sixtine, un second projet présenté un monument adossé à une paroi, comportant de multiples figures, dont font partie les deux Esclaves.

À droite : « L’esclave rebelle » et « L’esclave mourant » (1513-1516) par Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange – Musée du Louvre

Détail de « L’esclave mourant » (1513-1516) par Michel-Ange – Musée du Louvre

À droite : « Homme d’armes » (vers 1487-1490) par Donato Bramante (1444-1514) – Pinacothèque de Brera (Milan)

Rome 1506 : Le Laocoon

En janvier 1506 est mis au jour un imposant groupe sculpté de trois personnages en marbre, le « Laocoon ». L’œuvre est identifiée comme étant celle citée par Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle », une sculpture « qui a mérité la gloire (…) œuvre que l’on doit juger au-dessus de toute autre, en peinture comme en sculpture ».

« Laocoon » (vers 1520) par Jacopo Tatti, dit Jacopo Sansovino (?) (1486-1570) – Musée du Bargello (Florence)

« Coupe : Laocoon » (vers 1530-1540) par Urbino – Castello Sforzesco (Milan)

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

« Laocoon et ses fils » (vers 1540) par un artiste de l’École française – Musée Gassendi (Digne-les-bains)

Source : panneaux de l’exposition

« Deux anges volants » (vers 1480) par Andrea del Verrocchio et atelier – Musée du Louvre

En savoir +

Sur le site Internet du musée du Louvre consacré à l’exposition.

« La Justice » (vers 1520-1522) par Agostino Busti, dit Bambaia – Castello Sforzesco (Milan)

Exposition « Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel‐Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance »
22 octobre 2020 ‐ 18 janvier 2021
Musée du Louvre

5 commentaires

  1. Belle présentation, comme d’habitude, de cette exposition qui commence bientôt ! Aurons nous droit à de petites vidéos explicatives ? Photos magnifiques aussi ! Merci bcp 😉

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