[Visite privée] Pasolini au Nouveau musée national de Monaco

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Exposition « Pasolini en clair-obscur »
29 mars – 29 septembre
Nouveau Musée National de Monaco – Villa Sauber

Un demi-siècle après sa mort, Pier Paolo Pasolini est lu, cité, commenté, adapté et inspire les créateurs d’aujourd’hui. S’il aimait se définir avant tout comme écrivain, c’est à travers ses films qu’il a touché le grand public. C’est à son œuvre cinématographique, vue à travers le prisme de l’influence de l’art classique et contemporain sur l’esthétique de ses films, que s’intéresse cette exposition. Des extraits d’ « Accattone », « Théorème » et « Salò », parmi d’autres, sont ainsi mis en regard de tableaux de Pontormo, Giorgio Morandi ou Fernand Léger.

Pour découvrir l’exposition, vous êtes accompagnés par Guillaume de Sardes, écrivain-photographe, historien de l’art et commissaire de l’exposition du Nouveau Musée National de Monaco.

Exposition « Pasolini en clair-obscur » – Nouveau Musée National de Monaco – Villa Sauber

C’est à Bologne, où il est né le 5 mars 1922, que Pasolini fait ses études. Élève brillant, il entre à la faculté de Lettres avec un an d’avance. Entre 1941 et 1942, il assiste aux cours de l’historien de l’art Roberto Longhi qui influence de manière décisive son approche de la peinture. Près de trente ans plus tard, juste après la mort de Longhi, Pasolini rédige un texte dans lequel il le présente comme un « maître ».

« Saint Sébastien » (1530) par Jacopo Carucci dit Pontormo – Collection Bruckner, courtesy Galerie Grippaldi (Monaco)

Les études de Pasolini à Bologne éduquent son regard et influencent durablement son goût. C’est ce que démontre une juxtaposition libre d’extraits de ses films et des œuvres qui les ont inspirés. Pasolini se réapproprie celles-ci de trois manières : en les reproduisant sous forme de tableaux vivants (« La Déposition » de Pontormo dans « La Ricotta ») ; en les citant à travers une reprise de leur composition ou de certains détails frappants (« Le Jeune Bacchus malade » de Caravage dans « Accatone ») ; en les incluant dans les décors mêmes (« Pessimisme et optimisme » de Giacomo Balla dans « Salò »).

Si l’essentiel des œuvres ayant inspiré le réalisateur italien sont des tableaux et des fresques classiques, on note une exception : les peintures de Francis Bacon à la fois montrées et citées dans « Théorème ». L’exposition met ainsi en évidence l’intérêt ambivalent de Pasolini pour l’art de son temps. Comme le montre « Théorème », Pasolini a une approche critique de l’art contemporain. Tous les artistes ne sont cependant pas condamnés en bloc. Parmi ceux qui trouvent grâce à ses yeux, le plus inclassable est sans conteste son compatriote Fabio Mauri (1926-2009). Son amitié et sa collaboration avec Mauri donne lieu en 1975 à une performance, « Intellettuale », durant laquelle le film « L’Évangile selon Matthieu » est projeté sur le corps du cinéaste.

Reconstitution de la performance « Intellettuale » de Fabio Mauri et Pier Paolo Pasolini

À des années de distance, l’œuvre de Pasolini apparaît dans toute son ampleur et sa diversité. Pasolini est-il un artiste-intellectuel ? Sans aucun doute si penser activement c’est « agir d’une façon inactuelle donc contre le temps, et par là même sur le temps, en faveur (je l’espère) d’un temps à venir », comme l’a écrit Nietzsche.

Commissariat de l’exposition

Commissariat : Guillaume de Sardes
Scénographe : Christophe Martin

« Pasolini’s mother » et « Pasolini » (2012) par Marlene Dumas (1953-) – Collection de l’Artiste

En savoir +

Consultez la page spéciale dédiée à l’exposition sur le site Internet du Nouveau Musée National de Monaco.

Exposition « Pasolini en clair-obscur »
29 mars – 29 septembre
Nouveau Musée National de Monaco
Villa Sauber
17 Avenue Princesse Grace
98000 Monaco

« Fine » (2004-2013) par Francesco Vezzoli – MAXXI_Museo nazionale delle arti del XXI secolo (Rome) © Francesco Vezzoli

 

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