Exposition « Greco »
16 octobre 2019 – 10 février 2020
Grand Palais (Paris)

Pour la première fois en France, l’artiste Doménikos Theotokópoulos, dit Greco, fait l’objet d’une grande rétrospective. Ses couleurs illuminent le Grand Palais (Paris) jusqu’au 10 février 2020.
Peintre surtout, mais aussi architecte et sculpteur, Greco se voit ainsi appelé lors de son séjour à Tolède, en Espagne. Il signe parfois ses œuvres de ce pseudonyme rappelant sa naissance en Crète en 1541.

Détail de « Le Partage de la tunique du Christ (El Expolio) » (vers 1579-1580) par Greco – National Trust Collections, Upton House, The Bearsted Collection

« Pietà » (1580-1590) par Greco – Collection particulière

Au centre : « L’Assomption de la Vierge » (1577-1579) par Greco – The Art Institute of Chicago

« Saint Joseph » (vers 1576-1577) par Greco – Collection particulière

Pour atteindre ce personnage énigmatique, il n’est que la rêverie devant ses tableaux. » – Maurice Barrès (1911)

« Sainte Véronique » (vers 1580) par Greco – Museo de Santa Cruz, Gobierno de la Junta de Comunidades de Castilla – La Mancha (Tolède)

Au fond, la vie de Greco est celle d’un émigré Grec qui veut réaliser son rêve : devenir un grand peintre de la Renaissance. » – Guillaume Kientz, commissaire de l’exposition

Détail de « Portrait de Jorge Manuel Theotokópouli, fils de l’artiste » (1603) par Greco – Museo de Bellas Artes de Sevilla

Crète

Greco naît et grandit en Crète dans une famille de marchands et collecteurs d’impôts. À 22 ans, il est reçu « maître-peintre » et trouve une certaine renommée.
Il part pour Venise en 1566-1567.

Autel portatif, dit « Triptyque de Modène » (1567-1569) par Greco – Galleria Estense (Modène)

« Adoration des Mages » (vers 1560-1568) par Greco – Musée Benaki (Athènes)

Italie

Les modèles de Greco sont Titien, Tintoret, Bassano, les plus grands peintres vénitiens de ce temps. Les tableaux qu’il peint à Venise montrent son attrait pour le coloris et les jeux de lumière.
En l’absence de commandes importantes, il part tenter sa chance à Rome où il cherche un mécène dans la personne du cardinal Alexandre Farnèse.

Détail de « L’Annonciation » (1569-1570) par Greco – Fondo Cultural Villar-Mir (Madrid)

« Le Christ portant la Croix » (vers 1570) par Greco – Collection privée

« Pietà » (1570-1575) par Greco – Philadelphia Museum of Art

« L’Annonciation » (vers 1576) par Greco – Museo Nacional Thyssen-Bornemisza (Madrid)

Espagne

Ses difficultés à percer le poussent à se rendre en Espagne en 1577. Greco parvient à attirer l’attention du roi Philippe II.
À Tolède, il peint de majestueux retables, notamment pour le monastère de Santo Domingo el Antiguo.

« Portrait du cardinal Niño de Guevara » (vers 1600) par Greco – The Metropolitan Museum of Art (New York)

Au centre : « Portrait d’un gentilhomme de la maison de Leiva » (vers 1580) par Greco – Musée des Beaux-Arts de Montréal

À gauche : « Portrait de Diego de Covarrubias y Leiva » par Greco – Museo del Greco (Tolède) – À droite : « Portrait d’Antonio de Covarrubias y Levia » (vers 1597-1600) par Greco – Musée du Louvre

Détail du « Portrait d’un architecte » (vers 1575-1576) par Greco – Statens Museum for Kunst (Copenhague)

« Le Christ en Croix adoré par deux donateurs » (1595) par Greco – Musée du Louvre

« Saint Louis et son page » (1585-1590) par Greco – Musée du Louvre

« Saint Luc » (vers 1605) par Greco – Cabildo Catedral Primada (Tolède)

Greco oublié

Avec l’essor du baroque, Greco est oublié. En 1724, son biographe, Antonio Palomino, le décrit comme un « peintre excentrique ayant gâché son art ».
A la fin du XIXe siècle, les formes allongées et les ciels agités de Greco attirent l’attention des artistes de l’avant-garde, parmi lesquels Pablo Picasso.

« Saint Martin et le pauvre » (1597 – 1599) par Greco – National Gallery of Art (Washington)

Greco est l’outsider de la peinture ancienne. Son art, en quelque sorte, c’est la Renaissance à l’état sauvage. » – Guillaume Kientz, commissaire de l’exposition

Détail de « L’Adoration du nom de Jésus, dit aussi Le Songe de Philippe II » (vers 1575-1580) par Greco – The National Gallery (Londres)

Il y a des abus de blanc et de noir, des oppositions violentes, des teintes singulières, strapassées, des draperies cassées et chiffonnées à plaisir : mais dans tout cela règnent une énergie dépravée, une puissance maladive qui trahissent le grand peintre et le fou de génie. » – Théophile Gautier dans « Voyage en Espagne » (1843)

À gauche : « La Sainte Famille avec sainte Marie-Madeleine » (vers 1600) par Greco – The Cleveland Museum of Art – À droite : « La Sainte Famille » (vers 1580-1585) par Greco – The Hispanic Society of America (New York)

Pour moi, dès ce premier abord, je me sentis devant une âme forte et singulière, qu’il est raisonnable de tenir en suspicion, mais plus raisonnable encore d’écouter attentivement. » – Maurice Barrès dans « Greco ou le secret de Tolède » (1910)

À droite : « Le Christ en croix » (vers 1600) par Greco – The Cleveland Museum of Art

« L’Agonie du Christ au jardin des Oliviers » (vers 1590) par Greco – Museum of Art (Tolède)

Détail de « Le Christ chassant les marchands du Temple » (vers 1610-1614) par Greco – Archidiocesis Metropolitana de Madrid

De l’inconnu, des noces qui s’y consomment et qui nous valent les chefs-d’œuvre, Greco tire la pourriture divine de ses couleurs, et son jaune et son rouge qu’il est le seul à connaître. Il en use comme de la trompette des anges. Le jaune et le rouge réveillent les morts qui gesticulent et déchirent leur linceul » – Jean Cocteau (1943)

« L’Ouverture du cinquième sceau », dit aussi « La Vision de saint Jean » (1610-1614) par Greco – The Metropolitan Museum of Art (New York)

Et leurs linges s’envolent, se tordent, s’arrachent au loin, figurant les nuages auxquels on ne peut pas ne plus revenir dès qu’on s’occupe de Greco. » – Jean Cocteau dans « Les Demi-dieux. Le Greco » (1943)

« Sainte Marie-Madeleine pénitente » (1576-1577) par Greco – Szépművészeti Múzeum (Budapest)

« La Vierge Marie » (vers 1590) par Greco – Musée des Beaux-Arts (Strasbourg)

« Le Christ sur le chemin du Calvaire » (vers 1585) par Greco – Collection particulière

Fin mars 1614, Greco est cloué au lit. Il nomme ses exécuteurs testamentaires et donne à deux de ses proches le pouvoir de rédiger son testament, de payer ses dettes et d’organiser son enterrement.
Il meurt le 7 avril à Tolède à l’âge de 73 ans.
Il est enterré dans le caveau familial à Santo Domingo el Antiguo.

Détail de « Saint Pierre pénitent » (vers 1595-1600) par Greco – The Phillips Collection (Washington)

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, le musée du Louvre et l’Art Institute of Chicago. Elle sera présentée à Chicago du 8 mars au 21 juin 2020.

« Saint Pierre et saint Paul » (1600-1605) par Greco – Museu Nacional d’Art de Catalunya (Barcelone)

En savoir +

Sur la page spéciale dédiée à l’exposition sur le site internet du Grand Palais.

« La Fable » (vers 1585) par Greco – Harewood House Trust (Leeds)

Exposition « Greco »
16 octobre 2019 – 10 février 2020
Grand Palais (Paris)
3 Avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

Visite privée

Découvrez l’intégralité de la visite privée de l’exposition en cliquant sur l’image ci-dessous.

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