Exposition « Antoine-Jean Gros (1771-1835) : dessins du Louvre »
Musée du Louvre
27 juin – 30 septembre 2019

Antoine-Jean Gros (1771-1835) est principalement connu pour avoir été le peintre de l’épopée napoléonienne. Ses dessins témoignent de son évolution d’une esthétique néoclassique vers le romantisme dont il fut l’un des précurseurs.

Le fonds de dessins d’Antoine-Jean Gros du musée du Louvre compte 438 dessins rassemblés au sein de quatre carnets – dont le dernier a été acquis très récemment, fin 2018 – et 17 feuilles libres. Les carnets du Louvre sont les seuls connus des « vingt-quatre volumes de croquis, la plupart faits en Italie » mentionnés dans la vente après le décès du peintre.

Lire l’article sur les dessins italiens de la collection Mariette au Louvre.

Conçue autour d’une quarantaine d’œuvres conservées par le Louvre, cette nouvelle exposition Arts Graphiques accompagne la publication de l’inventaire général des dessins conservés par le musée. Plusieurs tableaux, prêtés par le département des Peintures du Louvre et le musée national Eugène Delacroix, complètent la présentation et permettent de montrer les qualités de dessinateur d’Antoine-Jean Gros.

Après une première initiation au dessin par ses parents et Élisabeth-Louise Vigée Le Brun, amie de la famille, à la fin de l’année 1785, Gros rejoint l’atelier de David où il côtoie les autres futurs grands peintres de sa génération comme Girodet et Gérard.  L’exposition suit le parcours de l’artiste avec son long séjour en Italie (1793-1800), marqué par un travail d’après l’antique et les maîtres mais aussi par de grandes difficultés, jusqu’à sa rencontre avec Bonaparte à Milan.

En 1796, l’une des relations haut placées de l’artiste le présenta à Joséphine Bonaparte, de passage dans la ville de Gênes. Joséphine l’invita aussitôt à la suivre à Milan pour le présenter au général. Le fameux portrait de Bonaparte sur le pont d’Arcole, conservé au Château de Versailles, fut ainsi le résultat d’une rencontre aussi inattendue qu’exceptionnelle. Ce tableau plut tellement au général qu’il en commanda aussitôt une gravure.

Plusieurs dessins témoignent de l’art d’Antoine-Jean Gros pour les mises en scène des succès militaires de Bonaparte. L’exemple que ces peintures représentèrent aux yeux des artistes de la première génération romantique est illustré par plusieurs œuvres de Géricault, en filiation directe avec celles de Gros. En 1811, désormais artiste affirmé du régime napoléonien, Gros fut appelé à participer au décor de la nouvelle sacristie de Saint-Denis.

L’exposition se conclut par des œuvres témoignant de l’apogée de la carrière de Gros sous les règnes de Louis XVIII puis de Charles X. Artiste affirmé, très apprécié par la monarchie, il se vit couronné de tous les honneurs et, finalement, en 1824, du titre de baron.

Cependant, la gloire et la reconnaissance sociale n’épargnèrent pas à l’artiste la perte d’estime pour son travail : le succès critique demeurant attaché à ses seuls tableaux napoléoniens, l’absence de considération envers ses nouvelles peintures inaugura chez lui une longue période de tâtonnements et d’incertitudes, ce qui le conduisit à se suicider en juin 1835.
Quelques années après sa mort, Delacroix réhabilitera définitivement la réputation du maître, le plaçant à la tête de la moderne école de peinture pour ses qualités fortes et originales.

Source :
– dossier de presse de l’exposition « Antoine-Jean Gros (1771-1835) : dessins du Louvre »

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

En savoir +

Consultez le catalogue raisonné : « Inventaire général des dessins. École française. Antoine-Jean Gros » par Laura Angelucci. Coédition musée du Louvre éditions / Mare & Martin. 326 p., 89€.

Exposition « Antoine-Jean Gros (1771-1835) : dessins du Louvre »
Musée du Louvre
27 juin – 30 septembre 2019

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