Lundi 7 octobre 2019 au Louvre : la Joconde est de retour dans la salle des États.

Après quatre mois passés dans l’aile Richelieu, Monna Lisa retrouve sa place face aux « Noces de Cana » de Véronèse et aux côtés des tableaux des grands maîtres vénitiens du XVIe siècle.

La mortelle au regard divin triomphe des déesses sans regard. » – André Malraux à propos de la Joconde lors de son voyage aux Etats-Unis en 1963

La salle des États

Édifiée par Lefuel entre 1855 et 1857, la salle des États était destinée à accueillir les grandes séances législatives sous Napoléon III. Une fois réunie au musée, elle a abrité la peinture française du 19e siècle (David, Ingres, Delacroix, Manet…). Depuis 1952, la collection de peintures vénitiennes du 16e siècle, l’une des plus importantes hors de Venise, y est présentée.

Depuis sa dernière rénovation il y a quinze ans, la salle des États a accueilli plus de cent millions de visiteurs.

Pourquoi rénover cette salle ?

Cette rénovation a permis une remise en état de l’éclairage, des sols et des murs, désormais d’une couleur bleu nuit qui fait ressortir les cadres et la brillance de la palette – les rouges, les jaunes, les orangés, les verts – des grands maîtres vénitiens.

La rénovation a débuté en janvier 2019 avec le décrochage de l’ensemble des œuvres exposées dans la salle, à l’exception des « Noces de Cana », coffrées le temps des travaux.

Un nouvel accrochage

L’accrochage des quarante-trois chefs-d’œuvre exposés dans cette salle, a été renouvelé : les grandes compositions, comme « Les Noces de Cana », « Le Couronnement d’épines » de Titien ou « La Mise au tombeau » de Jacopo Bassano, alternent avec les toiles plus intimistes ou mélancoliques comme « L’Homme au gant » ou « Le Concert champêtre » de Titien.

Voir la Joconde

« La Joconde » est protégée par une vitrine hermétique assurant une hygrométrie à 55 % et une température autour de 19°C, la protégeant des vibrations et des variations de température et d’humidité.
Un nouveau vitrage permet d’améliorer la lisibilité de l’œuvre de Léonard de Vinci en limitant les reflets, sans les éliminer complètement. L’œuvre se détache aussi de façon plus nette sur le fond sombre.

Ne dirait-on pas que la Joconde est l’Isis d’une religion cryptique qui, se croyant seule, entr’ouvre les plis de son voile, dût l’imprudent qui la surprendrait devenir fou et mourir ! Jamais l’idéal féminin n’a revêtu de formes plus inéluctablement séduisantes. » – Théophile Gautier dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre (1882)

Approcher la Joconde

Les études ont montré que 80 % des visiteurs du musée viennent voir « La Joconde », faisant de la salle des États le centre névralgique du Louvre en termes de flux. La durée moyenne de stationnement à proximité de Monna Lisa est de 3 à 4 minutes et la durée moyenne d’observation du tableau est d’environ 50 secondes. Un véritable record comparé aux 4 secondes que chaque visiteur consacre, en moyenne aux autres tableaux du musée !

“La contemplation prolongée de la Joconde ne nous donne pas le talent de Vinci.” – Marcel Pagnol dans « Notes sur le rire »

Afin de fluidifier la circulation, un nouveau parcours permet aux visiteurs, sur deux files distinctes en serpentin, d’accéder à la Joconde en étant certain de la voir depuis le premier rang.

… et l’on peut dire avec vérité que ce portrait étoit peint de manière à faire craindre et trembler les plus grands maîtres. » – Giorgio Vasari dans « Vies des peintres, sculpteurs et architectes les plus célèbres »

 « Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo »,
dite « Monna Lisa », « La Gioconda » ou « La Joconde »

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