[Louvre] Arrivederci Lionardo !

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Plus d’un million de visiteurs pour Léonard de Vinci !

En 2018, l’exposition consacrée à Eugène Delacroix attirait 540.000 visiteurs.
En 104 journées, 46 nocturnes et 3 nuits entières, vous avez été 1.071.840 à honorer Léonard de Vinci au musée du Louvre !
L’exposition a fermé ses portes le 24 février. Pour prolonger le plaisir, je vous invite à une toute dernière visite.

Suivez-moi ! Léonard est à vous… à vous seul(e).

Giorgio Vasari, auteur, en 1550, des « Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes », sera notre guide.

On le destina dans son enfance, par l’entremise de son oncle Ser Piero, à étudier l’art sous Andrea del Verrocchio. Lequel peignant un tableau où Saint Jean baptisait le Christ, Lionardo fit un ange qui tenait des vêtements, et, bien qu’il fût tout jeune, le conduisit de telle manière que son ange était bien meilleur que les figures d’Andrea. Ce qui fut la cause qu’Andrea ne voulut plus jamais toucher aux couleurs, par dépit qu’un enfant en sût plus que lui. » – Giorgio Vasari

On voit souvent les plus grands dons pleuvoir naturellement des influences célestes sur les corps humains, et on les voit parfois, surnaturels, s’amonceler sans mesure en un seul beauté, grâce et vertu, de sorte, où qu’un tel homme se tourne, que chacune de ses actions est si divine que, laissant derrière elle le reste de l’humanité, elle se manifeste (ainsi quelle l’est) comme largesse de Dieu et non comme l’acquis d’un art humain. Le monde le vit en Lionardo da Vinci, chez qui, hors la beauté corporelle, jamais assez louée, tout acte était d’une grâce plus qu’infinie, et dont la vertu fut si haute et accomplie que vers quelque difficulté qu’il tournât son esprit, il la résolvait avec facilité. » – Giorgio Vasari

En lui, la force immense était jointe à l’adresse, le courage et la vaillance toujours royaux et magnanimes. Et la gloire de son nom s’étendit si loin qu’il ne fut pas seulement tenu en l’estime de son temps, mais parvint plus encore à la postérité après la mort. Il est vrai que le ciel, quelquefois, nous envoie de ces hommes qui représentent non pas la seule humanité, mais la divinité, afin que d’elle comme d’un modèle, en l’imitant, nous puissions accoster, par l’esprit et par l’excellence de l’intellect, aux plus hautes régions du ciel. » – Giorgio Vasari

Il se trouve que Lionardo, par intelligence de son art, commença un grand nombre de choses et n’en finit jamais aucune, car il lui semblait que la main ne pouvait ajouter à l’art accompli des objets de son imagination, puisqu’il se formait dans la pensée de si prodigieuses difficultés que jamais ses mains, encore qu’elles fussent plus qu’excellentes, n’auraient su les exprimer. » – Giorgio Vasari

Il fit encore à Milan, chez les frères de saint Dominique, à Santa Maria delle Grazie, une Cène, œuvre fort belle et merveilleuse ; et il donna aux têtes des Apôtres tant de majesté et de beauté qu’il laissa celle du Christ inachevée, ne pensant pas pouvoir lui conférer la divinité céleste que requiert l’image du Christ. Cette œuvre étant demeurée de la sorte pour finie, elle fut continuellement tenue en très grande vénération par les Milanais, ainsi que par les étrangers, selon que Lionardo imagina et réussit à exprimer le trouble qui avait surgi chez les Apôtres, dans leur désir de savoir qui trahissait le Maître. » – Giorgio Vasari

Chaque jour, il faisait des modèles et des dessins concevant le moyen d’excaver les montagnes avec facilité et de les forer pour passer d’une plaine à l’autre et, par voie de leviers, de poulies et de vis, démontrait qu’il est possible d’élever et de mouvoir de grands poids, ainsi que la manière dont on vide les ports ou dont on construit des pompes capables de puiser l’eau dans les profondeurs ; car ce cerveau ne cessait d’enfanter des rêves bizarres, et de ces pensées et labeurs témoignent de nombreux dessins… » – Giorgio Vasari

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

… il fit un carton où figuraient une Vierge et une sainte Anne avec un Christ, qui non seulement émerveilla tous les artistes, mais que, lorsqu’il fut fini, deux jours durant, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieilles gens, ne cessèrent de venir voir dans ses appartements, comme l’on se rend aux fêtes solennelles, afin de contempler les merveilles de Lionardo, lesquelles frappèrent tout ce peuple de stupeur. » – Giorgio Vasari

Et c’est une chose admirable que ce génie, ayant le désir de donner le plus grand relief à ses ouvrages, fût, avec l’ombre obscure, allé trouver des fonds parmi les plus obscurs, tellement qu’il recherchait des noirs qui ombrassent et fussent plus obscurs que les autres noirs, afin que par leur moyen le clair fût plus lucide, et que, pour finir, il en eût résulté cette manière si sombre que, n’y restant de clarté, ses œuvres avaient l’apparence de choses faites pour contrefaire la nuit plutôt que la finesse de la lumière du jour; mais tout cela avait pour but de donner un plus grand relief, d’atteindre la fin et la perfection de l’art. » – Giorgio Vasari

La perte de Leonardo fut cause d’une douleur extraordinaire chez tous ceux qui l’avaient connu, car jamais personne ne fit tant honneur à la peinture » – Giorgio Vasari

Les citations sont extraites de la nouvelle traduction de « Vie de Léonard de Vinci, peintre et sculpteur florentin » de Giorgio Vasari par Louis Frank et Stefania Tullio Cataldo aux éditions Hazan – Musée du Louvre.

En savoir +

Un autre record pour le Louvre avec les ventes de l’excellent catalogue de l’exposition, déjà écoulé à près de 50.000 exemplaires.

Pour prolonger le plaisir…

Retrouver la visite privée avec les deux commissaires de l’exposition, Louis Frank et Vincent Delieuvin, conservateurs en chef du Patrimoine au musée du Louvre.

Exposition « Léonard de Vinci »
24 octobre 2019 – 24 février 2020
Musée du Louvre

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