[Exposition] Le Mont Fuji et le pays de neige au musée Guimet

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Exposition « Fuji, pays de neige »
15 juillet – 12 octobre 2020
Musée national des arts asiatiques – Guimet

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de lieu sacré et source d’inspiration artistique, le mont Fuji (« Fujisan ») est un volcan situé à une centaine de kilomètres  au sud-ouest de Tokyo. Symbole de l’archipel et plus haut sommet du Japon, il s’élève à 3 776 mètres d’altitude.

Estampes de la série des « Trente-six vues du mont Fuji » par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

Jusqu’au 12 octobre 2020, le Musée national des Arts Asiatiques – Guimet présente une importante sélection de sa riche collection d’estampes japonaises autour du mont et des paysages enneigés du Japon.

« Vent frais par matin clair » (1831) – Estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji » par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

On ne sait pas assez ce que nos paysagistes contemporains ont emprunté à ces images [d’Hokusai], surtout Monet. » – Edmond de Goncourt dans son Journal (17 février 1892)

« Vue d’Ushibori dans la province de Hitachi » – Série des « Trente-six vues du mont Fuji » (1830-1832) par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

Lieu sacré et source d’inspiration artistique

Le mont Fuji est connu comme une montagne sacrée depuis le 7e siècle au moins, aussi bien dans le shintoïsme – la religion ancestrale du Japon – que dans le bouddhisme. Pour le shintoïsme, il renfermerait l’élixir d’immortalité qui, en se consumant, laisserait apercevoir de temps à autre un panache de fumée. La divinité shinto Asama no Okami résiderait à son sommet. Pour le bouddhisme, la forme du mont évoque celle du lotus à huit pétales autour d’un bouton blanc.

« La déesse du mont Fuji, Konohana sakya hime » (17e siècle) – MNAAG

« Pélerin devant le mont Fuji » (série des Cerisiers pour le cercle Katsushika) (vers 1823) par Yashima Gakutei (vers 1786-1868) – MNAAG

Le symbolisme religieux de la montagne, associé à la symétrie et à la perfection de ses formes, la désignait comme un sujet de prédilection pour les artistes japonais, que ce soit sur les rouleaux peints, les estampes ou les objets d’art.

Bol à thé chawan décoré d’un motif représentant le Mont Fuji – Ère d’Edo (1811-1834) – Musée Guimet

Depuis que le ciel et la terre se sont séparés
la haute cime du mont Fuji
se dresse à Suruga
noble et altière
telle une divinité. » – Poème de Yamabe no Akahito (Manyôshû, 317)

Coffret à encens (sagedansu) à décor de poulains et de pins avec le mont Fuji » (18e siècle) – MNAAG

Les estampes

Après des décennies de guerres féodales, l’ère Edo (1603-1868) ouvre une longue période de stabilité et de fermeture du Japon. Une riche classe marchande prend alors son essor. Des supports visuels nouveaux apparaissent : les estampes.

« Artiste s’installant pour dessiner le mont Fuji » – Série des « Cent vues du mont Fuji » (vers 1834) par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

« Le Fuji dans les montagnes Totomi » – Série des « Cent vues du mont Fuji » (vers 1834) par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

« Traversée de la rivière Rokugo près du relais de Kawasaki sur le Tokaido » (vers 1810-1820) par Shotei Hokuju (actif de 1789 à 1818) – MNAAG

« Champs de la plaine d’Otsuki, dans la province de Kai » – Série des « Trente-six vues du mont Fuji » (1858) par Utagawa Hiroshige (1797-1858) – MNAAG

Le Fuji représenté

Quand bien même il n’est pas le sujet principal, le mont Fuji apparaît de manière récurrente à l’arrière-plan de nombre d’estampes et peintures. Toutefois, le volcan que l’on aperçoit dans un coin n’est pas toujours le Fuji réel  mais sa représentation, que ce soit sur un écran ou un panneau décoratif, un kimono ou un éventail.

« Le Fuji à travers une fenêtre / Vue du mont Fuji à travers u nécran de bambou » dans la série des « Cent vues du mont Fuji » par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

« Femmes riant » (1798) par Kitagawa Utamaro (1753-1806) – MNAAG

« Les premiers jours de printemps » – Série des « Gloires des douze mois » par Isoda Kanyusai (actif de 1764 à 1788) – MNAAG

« Une courtisane de la maison Asahimaruya » (1775-1781) – Série « Présentation des nouveaux motifs à la mode » par Isoda Kanyusai (actif de 1764 à 1788) – MNAAG

Le pays de neige

Au-delà du mont Fuji, l’exposition rend aussi hommage à ce « pays de neige » dont Kawabata Yasunari (1899-1972) a fait le titre de l’un de ses romans.

« Pont de bateaux à Sano dans la province de Kozuke » (1834) – Série des « Vues pittoresques des célèbres ponts japonais » (1834) par Katsushika Hokusai (1760-1849) – MNAAG

« Oi » – Série des « Soixante-neuf relais du Kisokaido » par Utagawa Hiroshige (1797-1858) – MNAAG

Pour représenter la neige, les artistes japonais utilisent le blanc du papier, travaillant « en réserve » et inventent alors des procédés formels d’une grande modernité.

« Cinquante poèmes de kyoka à la façon d’Edo » (1786) par Kitao Masanobu (1761-1816) – MNAAG

« Parodie de l’histoire des « arbres en pots » » (vers 1765-1770) par Suzuki Harunobu (1725-1770) – MNAAG

« Les champs de Susaki à Fukagawa » – Série des « Cent vues des lieux célèvres d’Edo » (1857) par Utagawa Hiroshige (1797-1858) – MNAAG

« Le sanctuaire de Gion sous la neige » – Série des « Lieux célèbres de Kyoto » (1837-1838) par Utagawa Hiroshige (1797-1858) – MNAAG

La neige chez les artistes modernes

Avec les artistes modernes, le manteau blanc met en exergue la réverbération des premiers éclairages au gaz. L’artiste Kiyochika fait fusionner l’aquarelle et l’estampe.

« Sanctuaire de Benten à Ikenohata » – Série des « Vues de Tokyo » (vers 1880) par Kobayashi Kiyochika (1847-1915) – MNAAG

« Femem de dos dans un paysage de neige » (1913-1915) par Kobayashi Kiyochika (1847-1915) – MNAAG

« Japonais pointant un canon » – Série des « Épisodes de la guerre sino-japonaise (1894-1895) – MNAAG

Deux estampes d’Utagawa Hiroshige (1797-1858) – MNAAG

« Neige à Shiobara (variante bleue) » (1946) par Kawase Hasui (1883-1957) – MNAAG

« Neige sur le temple Zojoji » (1953) par Kawase Hasui (1883-1957) – MNAAG

Un fonds de 11.000 estampes

Les estampes sont des œuvres fragiles, particulièrement sensibles à la lumière, ce qui fait qu’elles sont exposées pendant une durée limitée. Le musée Guimet a fait le choix d’une présentation annuelle d’œuvres sélectionnées dans son fonds d’environ 11.000 estampes.

En savoir +

Sur l’exposition en consultant la page spéciale sur le site Internet du musée national des arts asiatiques – Guimet
Sur le mont Fuji dans la culture du Japon en consultant le site nippon.com

Exposition « Fuji, pays de neige »
15 juillet – 12 octobre 2020
Musée national des arts asiatiques – Guimet
6 Place d’Iéna
75116 Paris

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