[Chef-d’œuvre] Daphné, d’argent et de corail, au château d’Écouen

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« Daphné » (vers 1570-1575)
Wenzel Jammitzer ( 1507 ou 1508 – 1585)
Musée national de la Renaissance – Château d’Écouen

Guillaume Fonkenell, conservateur en chef du patrimoine, détaille cette statuette d’argent et de corail représentant la nymphe Daphné pétrifiée, saisie à l’instant même de sa métamorphose en laurier.
Cette vidéo est extraite de la visite privée des collections du Musée national de la Renaissance, disponible sur mon Blog en cliquant ici.

Le dieu [Apollon] paraît voler, soutenu sur les ailes de l’Amour ; il poursuit la nymphe sans relâche; il est déjà prêt à la saisir; déjà son haleine brûlante agite ses cheveux flottants. » – Ovide, extrait du livre premier des « Métamorphoses »

Dans les « Métamorphoses », Ovide fait le récit de l’histoire de la nymphe Daphné qui, pour fuir les ardeurs d’Apollon, fut métamorphosée en laurier. Cette statuette la présente pétrifiée, mêlant la référence à la statuaire antique au monde marin.

Elle pâlit, épuisée par la rapidité d’une course aussi violente, et fixant les ondes du Pénée : « S’il est vrai, dit-elle, que les fleuves participent à la puissance des dieux, ô mon père, secourez-moi ! ô terre, ouvre-moi ton sein, ou détruis cette beauté qui me devient si funeste » ! À peine elle achevait cette prière, ses membres s’engourdissent ; une écorce légère presse son corps délicat; ses cheveux verdissent en feuillages ; ses bras s’étendent en rameaux ; ses pieds, naguère si rapides, se changent en racines, et s’attachent à la terre : enfin la cime d’un arbre couronne sa tête et en conserve tout l’éclat. » – Ovide, extrait du livre premier des « Métamorphoses »

La statuette est portée par une base circulaire dans laquelle des fragments de roches – quartz et sulfures – ont été fixés.

Daphné est vêtue d’une robe drapée découvrant la cuisse et la jambe droite ainsi que le bout du pied gauche. Les chairs sont en argent blanc, tandis que les vêtements et les cheveux ont été dorés.

Le buste de la nymphe est revêtu d’un corsage loin du cou, orné d’une tête d’ange. Le visage exprime une forme de douceur résignée, sinon de mélancolie.

Huit rameaux de feuillages en argent peint en vert et verni sont fixés aux extrémités de certaines branches. C’est tout ce qu’il reste des feuillages d’origine.

Source : Article présentant l’œuvre sur le site Internet du musée.

Apollon l’aime encore; il serre la tige de sa main, et sous sa nouvelle écorce il sent palpiter un cœur. Il embrasse ses rameaux ; il les couvre de baisers, que l’arbre paraît refuser encore… » – Ovide, extrait du livre premier des « Métamorphoses »

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Musée national de la Renaissance – Château d’Écouen
Rue Jean Bullant
95440 Écouen

Cilquez sur l’image ci-dessous pour une visite privée de l’exposition.

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