[Léonard] L’homme de Vitruve est arrivé au Louvre !

Il est arrivé au musée du Louvre !

« L’homme de Vitruve » (vers 1490) par Léonard de Vinci, prêt de la Gallerie dell’Accademia di Venezia, est présent dans l’exposition « Léonard de Vinci ».

« Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.
Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.
La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.
Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.
Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu’à l’aisselle, un huitième.
La main complète est un dixième de l’homme. La naissance du membre viril est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.
La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. » – Vitruve dans « De l’architecture »

Exposition « Léonard de Vinci »
24 octobre 2019 – 24 février 2020
Musée du Louvre

[Disparition] Twitter or not Twitter…

En cette semaine de « Museum Week », mes déboires sur le réseau social Twitter se poursuivent. Mon compte a été (provisoirement ?) désactivé…

En attendant de pouvoir de nouveau gazouiller avec l’oiseau bleu, vous pouvez toujours me suivre sur mon Blog, sur ma page Facebook, sur Instagram et sur YouTube.

À suivre…

[Louvre] L’artiste JR creuse sous la pyramide

Pour fêter les 30 ans de la pyramide de Ieoh Ming Pei 贝聿铭, inaugurée le 29 mars 1989, le musée du Louvre invite une nouvelle fois l’artiste JR.

JR et Dominique de Font-Réaulx – Auditorium du Louvre, vendredi 29 mars 2019

Trois ans après avoir fait disparaître derrière un collage le monument, JR propose cette fois un effet saisissant qui semble faire sortir de terre la pyramide.

Photo ci-dessus : copyright @JRArt

Le collage des bandes de papier a mobilisé 400 bénévoles pendant plusieurs jours, révélant au matin du 30 mars une impressionnante anamorphose dans la cour Napoléon.

L’œuvre éphémère est visible jusqu’au dimanche 31 mars au soir.

Photographies par @scribeaccroupi (sauf celle avec mention de copyright @JRArt).

Jack Lang, Franck RIester, Jean-Luc Martinez et JR – Auditorium du Louvre, vendredi 29 mars 2019

[Visite privée] Exposition « Étretat, par-delà les falaises » au musée des Beaux-Arts de Lyon

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Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse »
29 novembre 2025 – 1er mars 2026
Musée des Beaux-Arts de Lyon

Le musée des Beaux-Arts de Lyon, en partenariat avec le Städel Museum de Francfort, présente une exposition consacrée aux représentations d’Étretat, prenant appui sur quatre œuvres majeures conservées dans les collections des deux institutions, toutes réalisées à Étretat : deux « Vagues » de Gustave Courbet et deux peintures de Claude Monet. Ces œuvres témoignent de l’importance de ce village de la côte normande dans l’élaboration de nouveaux langages picturaux au fil du XIXe siècle.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Stéphane Paccoud, conservateur en chef du patrimoine, chargé des peintures et des sculptures du XIXe siècle, au musée des Beaux-Arts de Lyon.

Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Étretat est longtemps demeuré inconnu des artistes. Ce modeste village de pêcheurs est difficile d’accès, faute de route carrossable aménagée, et les côtes normandes n’attirent de manière générale guère les peintres avant le XIXe siècle. La mer a suscité davantage de crainte que d’admiration, jusqu’à ce que l’influence cumulée du goût pour la science introduit par les Lumières et de la fascination pour la notion de sublime du romantisme naissant ne provoquent un basculement.

« Plage à marée basse » (1833) par Eugène Isabey (1803-1886) – Musée du Louvre

Si l’une des plus anciennes représentations d’Étretat remonte à la fin du XVIIIe siècle, il faut attendre les années 1820 pour que, peu à peu, les premiers artistes s’y installent. Le peintre de marines Eugène Isabey est réputé être pionnier parmi eux. Il est assez vite suivi de nombreux autres artistes, français ou étrangers, comme Johann Wilhelm Schirmer, Eugène Delacroix et Camille Corot.

« Falaise à Étretat » (1836) de Johann Wilhelm Schirmer (1807-1863) – Staatliche Kunsthalle Karlsruhe
Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon
« Élisabeth Stumpf et sa fille Madeleine » (1872) par Camille Corot (1796-1875) – The National Gallery of Art (Washington)

À l’arrivée des premiers artistes, la pêche est la principale activité d’Étretat. L’absence d’un port oblige à échouer les bateaux sur la plage, au retour de leurs sorties en mer, à l’aide de cabestans, par de délicates manœuvres. Ces treuils deviennent des éléments incontournables des représentations d’Étretat, tout comme les caloges, bateaux hors d’usage recouverts d’un toit de chaume pour stocker le matériel de pêche.

« Le Halage d’un canot, souvenirs de la plage d’Étretat » (1856) par Eugène Le Poittevin (Eugène Poidevin, dit) (1806-1870) – Collection particulière

Eugène Le Poittevin est le premier artiste à faire construire une villa pour s’implanter durablement sur place. Il côtoie les pêcheurs, dont il saisit la vie quotidienne dans des scènes de genre qu’il expose dans les Salons parisiens. Il est aussi le témoin des débuts du tourisme, avec l’apparition des bains de mer.

Détail de « Bains de mer à Étretat » (vers 1866) par Eugène Le Poittevin (Eugène Poidevin, dit) (1806-1870) – Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie (Troyes)
« Jeune fille d’Étretat » (1869) par Hugues Merle (1822-1881) – Collection de Fred et Sherry Ross (États-Unis)
Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Le succès des « paysages de mer » que Gustave Courbet peint en Normandie dès 1865 conduit l’artiste à séjourner plusieurs semaines à Étretat à la fin de l’été 1869. La vogue croissante du site auprès du public et des amateurs d’art lui assure de pouvoir vendre facilement sa production, à une période où il connaît des difficultés financières.

« La Falaise d’Étretat, après l’orage » (1869-1870) par Gustave Courbet (1809-1877) – Musée d’Orsay
« La Vague » (vers 1869-1870) de Gustave Courbet – Musée des Beaux-Arts de Lyon

« De temps en temps il allait appuyer son visage à la vitre et regardait la tempête. » – Guy de Maupassant à propos de sa rencontre avec Gustave Courbet

« N° 5 – Étretat, cabestan » (vers 1862) par Alphonse Davanne (1824-1912) – Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie

Alors que le procédé est encore récent, Étretat devient très tôt l’objet de prises de vues par les pionniers de la photographie sur papier, dès le début des années 1850. Les auteurs ne sont pas des professionnels, mais des aristocrates ou des bourgeois fortunés, en villégiature, passionnés par ce nouveau médium dont ils souhaitent explorer les potentialités.

« Le Déjeuner » (1868-1869) de Claude Monet – Städel Museum (Francfort-sur-le-Main)

Claude Monet est familier de la côte normande pour avoir passé son enfance au Havre. Il séjourne à Étretat dès les années 1860, alors qu’il n’est âgé que d’une vingtaine d’années, réalisant de premières études sur le motif. Durant l’hiver 1868-1869, il loue même une maison avec sa famille et travaille à des paysages amorçant les recherches qui aboutiront à l’impressionnisme. Sa réalisation la plus ambitieuse est toutefois une scène d’intérieur, « Le Déjeuner », qu’il souhaite présenter au Salon parisien et qui rompt avec les conventions par son format.

Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon
« Étretat, mer agitée » (1883) de Claude Monet – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Pressé par son marchand Paul Durand-Ruel de lui fournir des œuvres et contraint par un besoin d’argent, Claude Monet décide en 1883 de se rendre à nouveau à Étretat. Il va renouveler ce séjour chaque année jusqu’en 1886, privilégiant plutôt l’automne ou l’hiver afin d’éviter la foule des estivants. Il crée un ensemble de près de quatre-vingts toiles, auxquelles s’ajoutent des pastels, qui explorent principalement le motif des falaises.

« Étretat, la Manneporte » (1885-1886) de Claude Monet (1840-1926) – The Metropolitan Museum of Art (New York)
« Étretat, l’Aiguille et la Porte d’Aval » (1885) de Claude Monet (1840-1926) – Clark Art Institute (Williamstown)
« Jeunes femmes contemplant la falaise d’Amont, Étretat » (1904) par Maurice Denis (1870-1943) – Collection Emmanuel et Georgina Moatti (Londres)

Les dernières années du siècle introduisent une grande variété de regards sur Étretat, qui viennent renouveler les approches plastiques. Félix Vallotton, qui séjourne dans le village pour son voyage de noces en 1899, concentre en revanche son regard sur les estivants et les baigneurs. Ses compositions aux couleurs éclatantes, préparées par des clichés photographiques sur le vif, traduisent avec humour la société de son temps.

« Quatre Baigneurs à Étretat » par Félix Valotton – Bailly Gallery (Genève)
Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon
« Intérieur, Étretat » (1920) par Henri Matisse – Museum Berggruen, Neue Nationalgalerie (Berlin)

Henri Matisse séjourne à deux reprises à Étretat durant l’été 1920, réalisant sur place plus de quarante peintures et de nombreux dessins aux sujets variés. À la mi-juin, le peintre accompagne tout d’abord sa fille Marguerite, convalescente à la suite d’une opération, afin qu’elle puisse prendre du repos.

Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse » – Musée des Beaux-Arts de Lyon
« La Roche percée (Étretat, la Porte d’Amont) » (1920) par Henri Matisse (1869-1954) – The Baltimore Museum of Art

Commissariat de l’exposition

Alexander Eiling, responsable de la collection d’art moderne, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main
Stéphane Paccoud, conservateur en chef, chargé des peintures et des sculptures du XIXe siècle, musée des Beaux-Arts de Lyon
Isolde Pludermacher, conservatrice générale, peintures, musée d’Orsay
Eva-Maria Höllerer, conservatrice, département d’art moderne, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main
– assistés de Nelly Janotka

Commissariat pour l’étape de Lyon
– Stéphane Paccoud
– Isolde Pludermacher

« Étretat, l’Aiguille et la Porte d’Aval » (1885) de Claude Monet – Collection particulière

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée des Beaux-Arts de Lyon.

« Étretat, sortie de bateaux de pêche » (1886) de Claude Monet (1840-1926) – Musée des Beaux-Arts de Dijon

Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse »
29 novembre 2025 – 1er mars 2026
Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 Place des Terreaux
69001 Lyon

« Homme en blouse », dit « Le Père Magloire sur le chemin de Saint-Clair à Étretat » (1884) de Gustave Caillebotte (1848-1894) – Collection particulière

[Visite privée] La collection Antoine Béal au musée des Beaux-Arts d’Orléans

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Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal »
15 novembre 2025 – 29 mars 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Collectionneur discret à l’affût de tableaux qui pourraient rencontrer ses goûts, arpentant salles des ventes et galeries, Antoine Béal vit au milieu des oeuvres d’art dont nombre a déjà été donné en pleine propriété ou sous réserve d’usufruit aux collections publiques françaises.
Pour la première fois, sa collection est révélée au public dans son intégralité, levant le voile sur une personnalité au service des arts. En soixante tableaux, un pan actuel de l’histoire des musées (Amiens, musée du Louvre, Lyon, Montpellier, Montargis, Orléans, Rennes, Strasbourg) se raconte au gré des passions d’un collectionneur qui, depuis des décennies, a mis son nom aux côtés de ceux qui ont fait l’histoire des collections françaises.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans, et d’Antoine Béal, collectionneur et mécène des musées français.

« Le Jeune Gaston, dit l’Ange de Foix » (1838) par Claudius Jacquand (1803-1878) – Paris, collection Antoine Béal, don sous réserve d’usufruit au musée du Louvre

« J’ai toujours tellement aimé les musées, je m’y suis construit et j’y vis de grands bonheurs, c’était la destination la plus heureuse pour les tableaux que j’ai réunis. » – Antoine Béal

Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal » – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Le don sous réserve d’usufruit permet à un donateur d’offrir une œuvre à un musée tout en conservant la jouissance de l’objet. L’œuvre est dès lors inscrite sur l’inventaire et fait l’objet d’un suivi par les équipes scientifiques, mais elle demeure chez le donateur jusqu’à la date de son choix.
Alors que depuis quelques années Antoine Béal avait décidé de ne plus acheter que des oeuvres qui, par leur intérêt historique et leur qualité picturale, pourraient trouver à sa mort leur place dans des musées, une conservatrice du Louvre lui fait découvrir ce dispositif, qui lui ouvre une nouvelle perspective. En 2006, il fait son premier don sous réserve d’usufruit.

« Le Mariage de la Vierge » (vers 1650) par Jacques Stella (1596-1657) – Paris, collection Antoine Béal
« Le Martyre de saint Laurent » (vers 1640-1644) – Monogrammiste JAD, identifié à Jacques de l’Ange (actif à Anvers en 1633) – Paris, collection Antoine Beal
Tableau au centre de l’image : « Bellone appelle Mars au combat en lui remettant les rênes de ses chevaux » (vers 1795-1796) par Louis Jean François Lagrenée (1725-1805) – Paris, collection Antoine Béal, don sous réserve d’usufruit au musée de Picardie d’Amiens
« La Flagellation du Christ » (vers 1730-1731) par Pierre Subleyras (1699-1749) – Paris, collection Antoine Béal

Futur juriste, Antoine Béal développe enfant, au contact des musées, une curiosité vive pour cette peinture ancienne qui le stimule et le fascine. Par noms, par écoles, à la façon d’un centre de documentation, il classe les images glanées dans les revues et se forge sans le réaliser une connaissance solide des fondements de l’histoire de l’art. Adolescent, il est passionné par les grands maîtres, les Hollandais, les Français, les Italiens, du XVIe au XIXe siècle.
Une habitude prise dès l’enfance ne saurait disparaître et la joie de parcourir les musées se prolonge à l’âge adulte, dans une période où les expositions connaissent une croissance inédite et un âge d’or permettant plus facilement qu’aujourd’hui de réunir l’œuvre entier d’un artiste. Celles qu’organise Pierre Rosenberg révèlent au grand public les XVIIe et XVIIIe siècles français dont il est spécialiste. Une génération entière de visiteurs est bercée par ce « goût Rosenberg » : Poussin, Restout, Chardin, Subleyras, La Hyre, Cretey…

« Le Repos de la Sainte Famille en Égypte » (vers 1792) par Louis Gauffier (1762-1801) – Paris, collection Antoine Béal
« Childéric et Basine » (1822) par Charles Moench (1784-1867) – Paris, collection Antoine Béal

Qu’auraient été les collections françaises si elles avaient bénéficié de l’extraordinaire collection de Richard Wallace (1818-1890), joyau perdu des musées français lorsque sa veuve la donne à la Grande-Bretagne ? Ses Delaroche restent un idéal de beauté pour Antoine Béal qui aime l’idée de partager avec lui un goût immodéré pour un XIXe longtemps peu exposé dans les musées et vers lequel il a glissé jusqu’à le placer au sommet. Son irrépressible passion pour la peinture de genre historique romantique, qui se croise chez lui dans les tableaux d’artistes aujourd’hui peu connus du grand public et qu’il a appris à connaître en suivant le marché de l’art.

« Herculanum et Pompéi » (vers 1829) par François Edouard Picot (1786-1868) – Paris, collection Antoine Béal
« L’Obole de la veuve » (1840) par François-Joseph Navez (1787-1869) – Paris, collection Antoine Béal, don sous réserve d’usufruit au musée des Beaux-Arts d’Orléans
Détail de « L’Obole de la veuve » (1840) par François-Joseph Navez (1787-1869) – Paris, collection Antoine Béal, don sous réserve d’usufruit au musée des Beaux-Arts d’Orléans

En 2015, « L’Obole de la veuve » de François-Joseph Navez confirme ce « goût Antoine Béal » et l’impose comme un amateur courageux, au goût bien personnel. Quelques minutes avaient suffi, le soir du vernissage du salon Paris Tableau, pour réserver le tableau : grande concession financière, vaste format qui allait prendre une partie de l’appartement, il était aussi d’une beauté qui ne laissait pas la place à l’hésitation et pouvait lui échapper à tout instant. Sa dimension muséale le destinait à une grande collection XIXe, c’est à Orléans qu’il l’a offert pour mieux souligner une communauté de goût avec Eudoxe Marcille, collectionneur et grand directeur du musée d’Orléans de 1870 à 1890 et ses successeurs.

« Odalisque » (vers 1840-1845) par Francsco Hayez (1791-1882) – Paris, collection Antoine Béal
« Italiennes à la fontaine » (1838) par Philippe Jacques Van Bree (1786- 1871) – Paris, collection Antoine Béal
« La Toilette de Psyché dans le palais de l’Amour » (vers 1823) par Joseph Paelinck (1781-1839) – Paris, collection Antoine Béal
« Le Christ et la Samaritaine » (1837) par Théodore Caruelle d’aligna (1798-1871) – Paris, collection Antoine Béal

L’exposition « Paysages d’Italie » au Grand Palais en 2001 avait fortement frappé Antoine Béal, comme tous les visiteurs, qui découvraient le voyage en peinture auquel invitaient les peintres partis saisir au XIXe siècle la lumière du Sud. Si nombre des tableaux achetés à la suite, dans cette période de premier développement de la collection, ont été revendus depuis, pour en acquérir d’autres et leur laisser de la place, l’Italie n’a jamais disparu de ses préoccupations, évoluant simplement vers d’autres genres que le paysage et vers des artistes auxquels il s’est attaché au gré des visites de musées. 

« Personnages se recueillant sur la tombe de Charles X à Goritza » (1837) par Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782–1859) – Paris, collection Antoine Béal

Le goût pour la peinture a pris un tour intellectuel avec le temps, remplaçant la séduction immédiate d’une esquisse par le plaisir d’un sujet complexe et abouti. De ces peintures savantes, Antoine Béal a tiré une sympathie pour les artistes du XIXe siècle qui ont œuvré dans le champ de la peinture d’histoire, dans une veine romantique ou académique.

« En Orient la charité d’une moniale » (1854) par Claudius Jacquand (1804-1878) – Paris, collection Antoine Béal
Séries de tableaux par Joseph-Nicolas Robert-Fleury (1797-1890) – Paris, Collection Antoine Béal

Commissariat de l’exposition

Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans

« Saint Jean Baptiste prêche dans le désert » (1840) par Henri-Frédéric Schopin (1804-1880) – Paris, collection Antoine Béal

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée des Beaux-Arts d’Orléans.

« Un couple de jeunes grecs, dit également Acis et Galathée » (1860) par Gustave Boulanger (1824-1888) – Paris, collection Antoine

Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal »
15 novembre 2025 – 29 mars 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
1 Rue Fernand Rabier
45000 Orléans

Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal » – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

[Visite privée] Exposition Pekka Halonen au Petit Palais

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Exposition « Pekka Halonen. Un hymne à la Finlande »
4 novembre 2025 – 22 février 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Pekka Halonen (1865-1933) est l’une des figures majeures de l’âge d’or de la peinture finlandaise. Comme son aîné Albert Edelfelt (1854-1905) et son grand ami Akseli Gallen-Kallela (1865-1931), Pekka Halonen complète sa formation à Paris. C’est auprès de Paul Gauguin qu’il trouve sa voie et forge son idéal : chanter l’âme de la Finlande, à travers ses paysages et ses traditions ancestrales, et vivre son art en adéquation avec ses engagements.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Annick Lemoine, conservatrice générale, directrice du Petit Palais, et Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine au Petit Palais.

« Autoportrait » (années 1890) par Pekka Halonen – Musée Halosenniemi (maison de Pekka Halonen) / Musée d’Art de Tuusula (Finlande)

« La source originale de mon inspiration est la nature. Depuis trente ans, je vis au même endroit avec la forêt à mes pieds. J’ai souvent pensé que j’avais le Louvre ou les plus grand. » – Pekka Halonen (Journal « Svenska Pressen », le 5 mai 1932)

« Les Faucheurs » (1891) de Pekka Halonen – Collection particulière
« Autoportrait » (1893) par Pekka Halonen – Musée d’Art de l’Ateneum, galerie nationale de Finlande (Helsinki)

Après une formation à l’École des Beaux-Arts d’Helsinki, Pekka Halonen part à Paris, où il devient l’élève de Paul Gauguin. Il effectue plusieurs séjours entre la France et la Finlande jusqu’en 1894. À Paris, il fréquente d’autres artistes finlandais de sa génération, tels que Akseli Gallen-Kallela, Magnus Enckell ou Eero Järnefelt, avec lesquels il partage réflexions et expérimentations.

« Pekka Halonen jouant du kantele » (1891) par Eero Järnefelt (1863-1937) – Musée d’Art, collection Martti Airio (Mikkeli, Finlande)
« Le Violoniste » (1900) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)

En 1900, Pekka Halonen est invité à participer à l’Exposition universelle de Paris. Pour la première fois, la Finlande y est représentée par son propre pavillon, affirmant ainsi son existence en tant que nation autonome. Cette participation revêt une importance considérable pour le peuple finlandais dans un climat de forte tension avec la Russie.

À gauche : « Le Chasseur de lynx » (1900) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)
« Pionniers en Carélie » (1900) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)
À droite : « Un dimanche à la ferme » (1894) par Pekka Halonen – Musée Halosenniemi (maison de Pekka Halonen) / Musée d’Art de Tuusula (Tuusula, Finlande)

Son œuvre s’inscrit dans le sillage du romantisme national et du carélianisme, un mouvement artistique et intellectuel exaltant les paysages et les traditions locales dans un contexte de tensions croissantes avec la tutelle russe. Ses tableaux y deviennent les symboles d’un mode de vie finlandais idéalisé et ses paysages se chargent peu à peu d’une dimension identitaire.

« À la rencontre de l’ennemi » (1896) par Pekka Halonen – Kemira Oyj (Helsinki)
« Homme goudronnant un bateau Il » (1908) par Pekka Halonen – Musée d’Art, collection de la Ville de Tampere (Tampere, Finlande)

Après plusieurs voyages en France et en Italie, Pekka Halonen choisit de s’installer au bord du lac de Tuusula, au sud du pays. Dans son atelier, il peint des scènes domestiques baignées de lumière, s’inspirant notamment du jardin qu’il entretient et dont il fait le motif de nombreuses compositions.

Au centre : « Autoportrait » (1906) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)
À gauche : « Crue de printemps » (1895) par Pekka Halonen – Musée d’Art, collection Arla Cederberg (Jœnsuu, Finlande)
Au centre : « Bosquet de bouleaux » (1908) par Pekka Halonen – Collection particulière
« Grand pin de Kotavuori » (1916) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)

Passionné par le cycle des saisons, Pekka Halonen excelle à restituer la poésie des paysages finlandais, en particulier la blancheur lumineuse des hivers. Il s’impose ainsi comme le grand peintre de la neige.

« Bouleaux sous le soleil d’hiver » (1912) par Pekka Halonen – Collection particulière (Helsinki)
« Paysage d’hiver, Kinahmi » (1923) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)
« Premières neiges » (1931) par Pekka Halonen – Collection particulière (Helsinki)

Cette exposition est organisée en collaboration avec le Musée d’art de l’Ateneum – Galerie nationale de Finlande (Helsinki).

« Jeune Fille skiant » (vers 1910) par Pekka Halonen – Collection particulière

Commissariat de l’exposition

Annick Lemoine, conservatrice générale, directrice du Petit Palais
Anna-Maria von Bonsdorff, directrice du Musée d’art de l’Ateneum – Galerie nationale de Finlande (Helsinki)
Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine au Petit Palais

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Petit Palais.

Exposition « Pekka Halonen. Un hymne à la Finlande »
4 novembre 2025 – 22 février 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris

« Rochers couverts de glace et de neige » (1911) par Pekka Halonen – Ateneum Art Museum (Helsinki)

[Visite privée] Exposition « Chine. Empreintes du passé » au musée Cernuschi

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Exposition « Chine. Empreintes du passé. Découverte de l’antiquité et renouveau des arts. 1786-1955 »
7 novembre 2025 – 4 mars 2026
Musée Cernuschi (Paris)

En Chine, les lettrés de la dynastie Qing sont les héritiers d’une tradition de collectionneurs qui ont fait de l’étude des vases rituels et des stèles antiques une véritable science. Le principal instrument utilisé dans leurs collectes est l’estampage encré. En cet âge pré-photographique, l’estampage est un vecteur capital de reproduction et d’étude des vestiges du passé, dont la diffusion est assurée par le livre illustré. Les signes et formes archaïques vont inspirer des œuvres dont la modernité repose alors sur l’association inédite entre calligraphie, peinture et estampage.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Éric Lefebvre, directeur du musée Cernuschi et co-commissaire de cette exposition.

Portes en pierre avec un motif de deux tigres affrontés (entre 25 et 220) – Chine – Dynastie des Han – Musée Cernuschi

Estampage du mur sud de la deuxième chambre du Wu Liang ci – Fin de la dynastie Qing (1644-1912) – Encre de cinabre sur papier – Musée Cernuschi

L’estampage encré, outil de reproduction et de transmission

Le principal instrument utilisé par les lettrés dans leurs collectes était l’estampage encré. Cette technique consiste à appliquer sur les stèles des feuilles de papier humides qui épousent creux et reliefs avant de les recouvrir d’une couche d’encre qui permet de révéler le détail des graphies.
Cette méthode d’abord utilisée pour conserver textes et inscriptions va progressivement être utilisée pour transmettre l’image de bas-reliefs historiés, de sculptures, et même de vases rituels dans leurs trois dimensions. En cet âge pré-photographique, l’estampage était un vecteur capital de reproduction et d’étude des vestiges du passé, dont la diffusion était assurée par le livre illustré.

Vase Ding. Dynastie des Zhou de l’Ouest (1046-771 av. J.-C.) – Bronze – Musée Cernuschi

« Baisuitu » [Image de la longévité centenaire] (1831) par Liuzhou (1791-1858) – Dynastie Qing (1644-1912) – Encre sur papier – Musée Provincial du Zhejiang

Qin Han wadang wenzi [Motifs et caractères sur les embouts de tuile Qin et Han] (1787) par CHENG DUN (actif entre 1787 et 1794) – Dynastie Qing (1644-1912) – Impression sur papier – Paris, bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, collections Jacques Doucet

L’estampage comme source d’inspiration artistique

Porteurs d’une vision esthétique, ces estampages, deviennent dans un second temps des objets de collection. Ils vont inspirer des créations inédites : formes simples et graphies primitives ainsi révélées vont révolutionner tous les arts lettrés, calligraphie, peinture et gravure de sceaux. Les peintres en particulier, font de l’estampage le support même de leur création.

Estampage du couvercle d’un vase de type hu et peinture florale (1847) par LIUZHOU (1791-1858) – Dynastie Qing (1644-1912) – Encre et couleurs sur papier – Musée provincial du Zhejiang

Détail d’une paire de peintures bapo [huit brisés] (1910) de LIU SHIQUAN STA (actif fin XIXe – début XXe siècle) – Dynastie Qing (1644-1912) – Encre et couleurs sur papier – Musée Cernuschi
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« A propos du Ciel, de la Terre et de l’Humanité » (1954-1955) par HUANG BINHONG黃賓虹(1865 1955)- Encre sur papier – Musée provincial du Zhejiang

Une esthétique nouvelle dans les arts décoratifs

Finalement et progressivement, les arts décoratifs sont également gagnés par les motifs fragmentaires, l’esthétique de l’empreinte et du collage : l’univers des collectionneurs antiques se trouve transposé dans la culture matérielle des grands centres urbains de l’ère moderne.

Commissariat de l’exposition :

Éric Lefebvre, directeur du musée Cernuschi
Wang Yifeng, conservateur du musée provincial du Zhejiang

Photographies de Edouard Chavannes (1865-1918) – Fac-similés de tirages numériques d’après un négatif au gélatino-bromure d’argent sur plaque de verre – Musée Guimet

En savoir +

Consultez le site Internet du musée Cernuschi.

Portrait de Wu Changshuo (1923) par PAN TIANSHOU (1897 1971) et ZHU WENYUN (1895-1939) – Encre, fusain et couleurs sur papier – Musée provincial du Zhejiang

Exposition « Chine. Empreintes du passé. Découverte de l’antiquité et renouveau des arts. 1786-1955 »
7 novembre 2025 – 4 mars 2026
Musée Cernuschi
7, avenue de Vélasquez
75008 Paris

« Le moine Liuzhou examinant une lampe antique » (1837) – Estampage et peinture – Musée Provincial du Zhejiang

[Visite privée] Exposition Rosso et Primatice aux Beaux-Arts de Paris

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Exposition « Rosso et Primatice : Renaissance à Fontainebleau »
21 octobre 2025 – 1er février 2026
Cabinet d’arts graphiques
Beaux-Arts de Paris

À travers une sélection d’une cinquantaine d’œuvres, cette exposition met en valeur le fonds de dessins et d’estampes de l’École de Fontainebleau conservé aux Beaux-Arts de Paris. Elle permet de (re)découvrir l’art de la maniera qui s’est développé au château de Fontainebleau et s’est ensuite diffusé en France sous l’impulsion de Rosso Fiorentino et Francesco Primatice.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Hélène Gasnault et Giulia Longo, respectivement conservatrice des dessins et conservatrice des estampes et photographies aux Beaux-Arts de Paris.

« Pandore libérant les fléaux de sa boîte » par Giovanni Battista di Jacopo, dit Rosso Fiorentino (1494-1540) – Beaux-Arts de Paris

« Le Sacrifice » par un artiste anonyme d’après Rosso Fiorentino – Beaux-Arts de Paris
« Jeune Homme nu, assis à terre, appuyé sur le bras droit et tenant une draperie de la main gauche » par Primatice – Beaux-Arts de Paris

Sur le chantier de Fontainebleau, artistes italiens, français et flamands s’inscrivent dans un dialogue créatif constant, partageant modèles, techniques artistiques et traditions respectives. Peintres, sculpteurs, architectes et graveurs collaborent étroitement, échangeant formes, motifs et savoir-faire.
Ce brassage artistique engendre en peu de temps une révolution esthétique majeure dans l’art français, marquée par une laïcisation des iconographies par le biais de l’Antiquité et des maîtres modernes, et par la diffusion de formes et procédés novateurs, comme la technique de l’eau-forte, qui redéfinissent les paradigmes de l’art européen.

« Le Banquet d’Alexandre » par Domenico Fiorentino (vers 1506? – 1565) d’après Primatice
« Le Concert des dieux » par Primatice – Beaux-Arts de Paris
« Le Nil » par Primatice – Beaux-Arts de Paris
« La Bataille des Tupimamba » par le Maître de l’Histoire de Cadmus d’après Luca Penni – Beaux-Arts de Paris
« Squelettes et écorchés » par Domenico Fiorentino d’après Rosso Fiorentino – Beaux-Arts de Paris
« Pyramide de cinq hommes » par Juste de Juste – Beaux-Arts de Paris

L’exposition se concentre sur les années 1542-1547 pour les gravures, à quelques exceptions près, et les années 1530 à 1560 pour les dessins. Elle présente les œuvres réalisées pour les décors du château de Fontainebleau par Rosso et Primaticcio, ainsi que les estampes produites sur le chantier par des artistes de leur entourage.

« Scène de bataille antique inspirée de la Colonne Trajane » par l’entourage de Primatice – Beaux-Arts de Paris
« Une nymphe chasseresse s’éloignant de six satyres » par Primatice et atelier – Beaux-Arts de Paris

Commissariat de l’exposition

– Hélène Gasnault, conservatrice des dessins aux Beaux-Arts de Paris
Giulia Longo, conservatrice des estampes et photographies aux Beaux-Arts de Paris

En savoir +

Consultez le site Internet des Beaux-Arts de Paris.

Exposition « Rosso et Primatice : Renaissance à Fontainebleau »
21 octobre 2025 – 1er février 2026
Cabinet d’arts graphiques
Beaux-Arts de Paris
14 Rue Bonaparte`
75006 Paris

[Visite privée] Exposition « De Manet à Kelly, l’art de l’empreinte » à la Fondation Gianadda

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Exposition « De Manet à Kelly, l’art de l’empreinte. Collections de l’Institut national d’histoire de l’art, Paris »
12 décembre 2025 – 14 juin 2026
Fondation Pierre Gianadda (Martigny, Suisse)

Les collections d’estampes de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (Paris), héritière de la Bibliothèque d’art et d’archéologie fondée par le couturier et mécène Jacques Doucet (1853-1929), documentent l’extraordinaire inventivité des artistes dans les pratiques de la gravure à travers les siècles. C’est la richesse de cette histoire que cette exposition met à l’honneur à la Fondation Pierre Gianadda (Martigny, Suisse).
De Manet à Kelly, en passant par Goya, Munch, Via Gogh ou Kollwitz, l’exposition rassemble une sélection de 178 chefs-d’œuvre de la gravure.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Victor Claass, coordinateur scientifique pour le domaine de recherche Histoire de l’art du XVIIIe au XXIe siècle à l’INHA (maintenant au musée d’Orsay), et par Antoinette de Wolf, historienne de l’art, guide-conférencière à la Fondation Pierre Gianadda.

« Le très habile étudiant de Falces enveloppé dans sa cape se joue du taureau par ses feintes » – Planche n° 14 de la série « La Tauromachie » (1815-1816) par Francisco de Goya (1746-1828) – Eau-forte et pointe sèche, 1er état avant burin et aquatinte – INHA
« Buste d’une ouvrière au châle bleu  » (1903) de Käthe Kollwitz (1867-1945) – Lithographie au crayon et au pinceau en deux couleurs avec grattoir sur encrage bleu – INHA
« Supplication » (non daté) de Jeanne Bardey (1872-1954) – Pointe sèche et aquatinte en couleurs – INHA
Au centre : œuvres d’Ellsworth Kelly (1923-2015) / © Ellsworth Kelly Foundation

« C’est toujours en avant que je veux voir, et non en me retournant tout le temps pour voir en arrière. C’est le meilleur moyen I..] de se fiche par terre. » – Jacques Doucet

Des célèbres recueils de fantaisies gravées à l’eau-forte par Francisco de Goya aux œuvres d’Ellsworth Kelly, en passant par les scènes sociales de Käthe Kollwitz, le parcours illustre la grande diversité des techniques de la gravure comme des intentions de leurs créatrices et créateurs.

« Édouard Manet assis, tourné à droite » (vers 1868) par Edgar Degas (1834-1917) – Eau-forte, 4° état – INHA
« L’Anglais Warrener au Moulin-Rouge » (1892) par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) – Lithographie au crayon et au crachis en couleurs, tirage 96/100 – INHA
« Grande odalisque à la culotte bayadère » (1925) par Henri Matisse (1869-1954) – Lithographie sur chine, tirage 14/50 – INHA

« Ce qui m’intéresse le plus, ce n’est ni le paysage, ni la nature morte, c’est la figure!. » – Henri Matisse

« Nu de dos » (1915) par Henri Matisse (1869-1954) – Monotype – INHA
« Dialogue » (1920) de Max Pechstein (1881-1955) – Gravure sur bois en couleurs – INHA
« Le Bon Marché » (1893) par Félix Vallotton (1865-1925) – Gravure sur bois – INHA

À travers sa riche histoire, le médium de l’estampe, qui désigne la famille des techniques permettant l’impression d’un motif sur un support à partir d’une matrice, a mené ce principe à un extraordinaire degré de sophistication. En témoignent les puissantes et mystérieuses eaux-fortes d’Edgar Degas, le raffinement graphique des lithographies d’Henri de Toulouse-Lautrec ou d’Henri Matisse ou les célèbres bois gravés en noir et blanc de Félix Vallotton.

« La Ville morte » (1907-1912) par Eugène Viala (1859-1913) – Eau-forte et pointe sèche, 2° état – INHA
« Homme bêchant » (1882) par Vincent van Gogh (1853-1890) – Lithographie rehaussée de lavis d’encre et de mine de plomb, épreuve d’essai – INHA
« Au bord de la mer » (1881) – Planche n° 2 du recueil Intermezzi (Opus IV) par Max Klinger (1857-1920) – Theodor Stroefer (éditeur) – Eau-forte et aquatinte – INHA
Œuvres de Mary Cassatt (1844-1926)

Cette exposition illustre les liens qui unissent l’INHA et la Fondation Gianadda. Soutien historique et grand mécène de la bibliothèque de l’INHA, Léonard Gianadda avait entre autres permis d’importantes opérations de restaurations ainsi que l’acquisition de pièces emblématiques de Marcel Duchamp, Théophile Alexandre Steinlen ou encore Mary Cassatt.

« La Lettre » (1890-1891) de Mary Cassatt (1844-1926) – Eau-forte, pointe sèche, vernis mou et aquatinte en couleurs – INHA

Commissariat de l’exposition

Commissariat général
Jérôme Bessière, directeur du département de la Bibliothèque et de la documentation de l’Institut national d’histoire de l’art
Anouck Darioli, vice-présidente de la Fondation Pierre Gianadda

Commissariat scientifique
Victor Claass, coordinateur scientifique, Institut national d’histoire de l’art (maintenant au musée d’Orsay)
Eléa Sicre, chargée de collection estampes XIXe-XXIe siècles, Institut national d’histoire de l’art

En savoir +

Consultez le site de l’Institut national d’histoire de l’art et la page spéciale sur le site Internet de la Fondation Pierre Gianadda.

© Ellsworth Kelly Foundation pour les œuvres d’Ellsworth Kelly (1923-2015)

Exposition « De Manet à Kelly, l’art de l’empreinte. Collections de l’Institut national d’histoire de l’art, Paris »
12 décembre 2025 – 14 juin 2026
Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59
1920 Martigny (Suisse)

« Je suis comme un somnambule qui se promène sur le faîte d’une toiture
Je marche calmement, d’un pas assuré dans mes rêves » – Edvard Munch

« La Madone » (1895-1902) d’Edvard Munch (1863-1944) – Lithographie au crayon et à l’encre en couleurs sur papier japon, 4 état – INHA

[Visite privée] Exposition « Audaces d’un style » au château de Bois-Préau

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Exposition « Audaces d’un style : les intérieurs sous le Consulat »
19 novembre 2025 – 9 mars 2026
Château de Bois-Préau (Rueil-Malmaison)

Cette exposition, consacrée aux décors intérieurs sous le Consulat, explore la genèse d’une esthétique unique et inventive, située à la croisée des héritages classiques et des aspirations politiques d’un régime en mutation. Présentée au château de Bois-Préau, l’exposition prolonge le parcours permanent de Malmaison, enrichi pour l’occasion d’œuvres inédites.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Elisabeth Caude, directrice du musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, et Isabelle Tamisier-Vétois, conservatrice en chef du patrimoine, chargée des collections de mobilier et de textiles.

« Projet d’une tasse Étrusque B » (1804) par Charles Éloi Asselin (1743-1804) – Mine graphite, gouache, lavis sur papier – Archives de la Manufacture nationale de Sèvres
Fauteuil pour la laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet (1787) par Georges Jacob (1739-1814) d’après un dessin d’Hubert Robert (1733-1808) – CMN/Château de Rambouillet dépôt  du musée national du Château de Versailles et Fauteuil à dossier renversé et à accotoirs à enroulement et corne d’abondance (1790-1795) par Georges Jacob (1739-1814) – Collection particulière

Les dix années qui s’étendent de 1795 à 1804 voient s’épanouir un art de vivre foisonnant. Au goût de la fête de la jeunesse dorée et extravagante du Directoire répond, sous le Consulat, l’appétence pour le luxe d’une société en pleine recomposition.
L’élégance des lignes et l’engouement pour l’exotisme, hérités du XVIIIe siècle, se conjuguent aux influences de Rome, de Pompéi, de la Renaissance, sans oublier celle de l’Égypte antique, que l’expédition du jeune général Bonaparte offre en prétexte renouvelé à une rêverie d’Orient.

Bergère d’une paire du salon de Juliette Récamier (vers 1800) attribuée à Jacob Frères, Georges II Jacob (1768-1803) et François Honoré Georges Jacob (1770-1841) – Musée du Louvre

Charles Percier et Pierre-Léonard Fontaine, décorateurs emblématiques mis à l’honneur dans l’exposition, jouent un rôle déterminant dans l’élaboration de ce nouveau langage stylistique. Celui-ci trouve sa pleine expression dans les réalisations des plus célèbres artisans, parmi lesquels figurent les frères Jacob.

Console-jardinière provenant de la chambre de la générale Moreau (1802) attribuée à Martin-Eloi Lignereux ou Jacob Frères ; Pierre- Philippe Thomire (1751-1843) – Musée national du Château de Fontainebleau
« L’Insomnie » par Louis-Simon Boizot (1743-1809) – Tirage de 1809 – Biscuit bleu et blanc non émaillé – Manufacture et musées nationaux de la céramique de Sèvres

Commissariat de l’exposition

Elisabeth Caude, conservatrice générale du patrimoine, directrice du musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau
Isabelle Tamisier-Vétois, conservatrice en chef du patrimoine, chargée des collections de mobilier et de textiles, musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du château.

Exposition « Audaces d’un style : les intérieurs sous le Consulat »
19 novembre 2025 – 9 mars 2026
Château de Bois-Préau
1B Avenue de l’Impératrice Joséphine
92500 Rueil-Malmaison

[Portfolio] Paris est sous la neige et « on est tout bêtement joyeux »

Paris sous la neige
Lundi 5 janvier 2026

Jardin des Tuileries

Vers le soir, un nuage d’un gris rose monte de l’horizon et lentement emplit le ciel. De petits souffles froids s’élèvent et font frissonner l’air. Puis, un grand silence, une immobilité douce et glaciale descend sur Paris qui s’endort. La ville noire sommeille, la neige se met à tomber avec lenteur dans la sérénité glacée de l’espace. Et le ciel couvre sans bruit l’immense cité endormie d’un tapis virginal et pur.

Le Louvre vu depuis le quai Malaquais
Quai François Mitterrand

… la nouvelle année avait mis une robe blanche à la ville. La ville semblait toute jeune et toute chaste. Il n’y avait plus ni ruisseaux, ni trottoirs, ni pavés noirâtres : les rues étaient de larges rubans de satin blanc; les places, des pelouses toutes blanches de paquerettes. Et les paquerettes de l’hiver avaient aussi fleuri sur les toits sombres.

Le Pont Royal et le musée d’Orsay

On eût dit que la cité était une petite fille, ayant la jeunesse tendre de la nouvelle année. Elle venait de jeter ses haillons, sa boue et sa poussière, et elle avait mis ses belles jupes de gaze. Elle respirait doucement, d’une haleine pure et fraiche; elle étalait avec une coquetterie enfantine sa parure d’innocence.

Statues de Maillol devant l’École du Louvre

Toutes les laideurs de l’hiver s’en sont allées; chaque maison ressemble à une belle dame qui aurait mis ses fourrures; les toits se détachent gaiement sur le ciel pâle et clair; on est en pleine floraison du froid.

Quai Malaquais

Depuis hier, Paris éprouve cette gaieté que la neige donne aux petits et aux grands enfants. On est tout bêtement joyeux parce que la terre est blanche.

L’Institut de France et le quai de Conti

Il y a, dans Paris, des paysages d’une largeur incomparable. L’habitude nous a rendus indifférents. Mais les flâneurs, — ceux qui rôdent le nez au vent, en quête d’émotions et d’admiration – connaissent bien ces paysages. Pour moi, j’aime d’amour le bout de Seine qui va de Notre-Dame au pont de Charenton; je n’ai jamais vu un horizon plus étrange et plus large.

Pont Royal

La Seine coule noire et sinistre, entre deux bandes d’un blanc éclatant; les quais s’allongent, silencieux et déserts; le ciel paraît immense, d’un gris perle, doux et morne. Et il y a, dans cette eau fangeuse qui gronde, au milieu de ces blancheurs et de ces apaisements, une mélancolie poignante, une douceur amère et triste.

« Caïn venant de tuer son frère Abel » par Henri Vidal (1864-1918) dans le Jardin des Tuileries
« L’homme et sa misère » par Dominique Jean Baptiste Hugues (1849-1930) dans le Jardin des Tuileries
Jardin des Tuileries

… chaque petite branche est ornée de fins cristaux; des broderies délicates couvrent l’écorce brune. On n’oserait toucher a ces verreries légères, on aurait peur de les casser.

Pyramide du Louvre
Arc de Triomphe du Carrousel

Mais la cité ne garde pas longtemps sa belle robe blanche. Sa toilette d’épousée n’est jamais qu’un déjeuner de soleil. Le matin, elle met toutes ses dentelles, sa gaze la plus légère et son satin le plus brillant, et souvent, le soir, elle a déjà souillé et déchiré sa parure.

« La rivière » par Aristide Maillol

Le texte que vous venez de lire est une composition à partir d’extraits d’un article d’Émile Zola publié par « Le Figaro » le 17 janvier 1867.

Jardin des Tuileries

Photographies par @scribeaccroupi

[2025] Top 10 des vidéos les plus vues sur YouTube

Quel est le Top 10 des vidéos les + vues sur ma chaîne YouTube en 2025 ?

Fin décembre 2025, ma chaîne YouTube rassemble 34.584 abonnés dont 4.500 nouveaux cette année.
Mes publications ont été visionnées pendant plus de 94.000 heures en 2025, soit une augmentation de près de 10% par rapport à 2024.
Vous avez regardé mes vidéos depuis un ordinateur pour 33 % d’entre vous, avec votre téléphone mobile (29 %), sur un téléviseur (26%) ou une tablette (12 %).

En France mais aussi en Belgique

De Paris à Namur, de Lille à Carpentras, d’Orléans à Chantilly, de Nogent-sur-Seine à Soissons, de Lyon à Saint-Omer, et Cassel de Saint-Jean-Cap-Ferrat à Amiens, du château de Fontainebleau à l’Assemblée Nationale, du Petit Palais à l’Institut du Monde Arabe, du musée d’Orsay au musée Jacquemart-André ou au musée Bourdelle, l’année 2025 nous a permis de découvrir des expositions et des musées dans des conditions exceptionnelles en suivant des conservateurs, historiens de l’art et commissaires d’exposition.
Nous avons aussi rencontré les historiens sélectionnés pour le Prix château de Versailles du livre d’histoire.

Quelles sont les visites privées qui ont rencontré le plus de succès en 2025 ?

10ème place : Exposition « Duplessis, l’art de peindre la vie » à Carpentras

8.700 vues

Jean-Yves Baudouy, directeur de la bibliothèque-musée Inguimbertine, présente les tableaux de Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802), parmi lesquels une soixantaine d’œuvres provenant de collections prestigieuses telles que le Metropolitan Museum of Art de New York, le Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City, le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, le Château de Versailles et le Musée du Louvre.

9ème place : Exposition « Christian Krohg (1852-1925). Le Peuple du Nord » au musée d’Orsay

15.060 vues

Servane Dargnies de Vitry, conservatrice en chef peinture au musée d’Orsay, présente la toute première rétrospective consacrée à l’artiste norvégien Christian Krohg, mettant en lumière ses œuvres naturalistes et engagées. Le parcours permet aussi de souligner les liens picturaux de Krohg avec les artistes français découverts lors de ses séjours parisiens, notamment Courbet, Manet et Caillebotte.

8ème place : Exposition Zurbarán au musée des Beaux-Arts de Lyon

16.475 vues

Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en chef du patrimoine au musée des Beaux-Arts de Lyon, nous invite à découvrir cette exposition qui réunit pour la première fois les trois tableaux représentant Saint François debout momifié peints par Francisco de Zurbarán, conservés au musée des Beaux-Arts de Lyon, au Museu Nacional d’Art de Catalunya (Barcelone) et au Museum of Fine Arts de Boston.

7ème place : Exposition Louise d’Orléans au château de Chantilly

17.089 vues

Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé, propose de visiter l’exposition consacrée à un personnage méconnu : Louise d’Orléans (1812-1850), princesse de France puis reine de Belgique. Première fille de Louis-Philippe, elle a été l’actrice de l’émergence du royaume de Belgique.

6ème place : Exposition « Caillebotte. Peindre les hommes » au musée d’Orsay

23.436 vues

Paul Perrin, conservateur et directeur de la conservation et des collections au musée d’Orsay, interroge la modernité si radicale des chefs-d’œuvre de Gustave Caillebotte (1848-1894) au prisme du nouveau regard que l’histoire de l’art porte sur les masculinités du XIXe siècle.

5ème place : Exposition Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais

23.956 vues

Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais, et Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université, nous guident dans l’exposition consacrée à Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Artiste aujourd’hui méconnu et mécompris, il est l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle français.

4ème place : Exposition « Ribera. Ténèbres et lumière » au Petit Palais

24.512 vues

Annick Lemoine, directrice du Petit Palais, et Maïté Metz, conservatrice des Peintures anciennes, présentent les œuvres de José de Ribera (1591-1652), l’un des principaux peintres caravagesques. Le Petit Palais propose la première monographie consacrée, en France, à cet artiste trop longtemps resté dans l’ombre, qui sait transcrire la dignité́ du quotidien.

3ème place : Exposition John Singer Sargent au musée d’Orsay

33.714 vues

Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice arts graphiques et peintures au musée d’Orsay, propose de parcourir l’exposition consacrée à John Singer Sargent (1856-1925), l’un des artistes américains les plus célèbres de sa génération, aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. Son portrait de « Madame X » est considéré comme la « Joconde » de la collection d’art américain du Metropolitan Museum of Art de New York.

2ème place : Exposition « Les Très Riches Heures du duc de Berry » au château de Chantilly

34.194 vues

Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé, présente le manuscrit le plus célèbre au monde, véritable « Joconde » des manuscrits : les « Très Riches Heures du duc de Berry ». La restauration de ce chef-d’œuvre permet au château de Chantilly d’exposer les douze premiers feuillets déreliés.

1ère place : Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

44.787 vues

Pierre Curie, conservateur général du patrimoine au musée Jacquemart-André, spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle, présente la première rétrospective consacrée à Georges de La Tour en France depuis 1997. Par l’épure formelle de ses compositions et leur intensité spirituelle, Georges de La Tour a su créer un langage pictural d’une grande puissance émotionnelle qui parle encore aux spectateurs du XXIe siècle.

Comme vous le constatez, aucune exposition du musée du Louvre n’est présente dans ce Top 10, les demandes de tournage du Scribe n’ayant pu aboutir.

Bonnes fêtes de fin d’année et rendez-vous en 2026 pour une année culturelle (forcément) éblouissante ! 🙂

« Supplication » – Pointe sèche et aquatinte en couleurs de Jeanne Bardey (1872-1954) – Collection de l’INHA présentée à la Fondation Gianadda (Martigny, Suisse)

[Visite privée] Exposition « Pastels en partage » au musée Saint-Léger de Soissons

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Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin »
7 novembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger (Soissons)

Née d’une volonté commune de mettre en lumière des collections rarement présentées, l’exposition du musée Saint-Léger est le fruit d’une collaboration inédite entre les musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin. Plusieurs œuvres de la collection Calvé Cantinotti enrichissent cette présentation d’une quarantaine de pastels.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Christophe Brouard, directeur des musées de Soissons.

« Tulipe » (avant 1897) par Edmond Yon – Musée de Soissons

Articulée en quatre temps, l’exposition met en regard des pastels d’artistes reconnus tels Léon Lhermitte, né à Mont-Saint-Père (dans le sud de l’Aisne), ou Albert Besnard (1849-1934), l’un des plus brillants pastellistes de son temps, avec ceux de petits maîtres ou d’artistes aujourd’hui oubliés, à l’instar de Léon Liévrat (1853-1912), enseignant et théoricien du dessin né à Vailly-sur-Aisne, près de Soissons, ou Alexandre Lunois (1863-1916), que l’histoire a surtout retenu pour sa production d’affiches.

« Le gueux » (avant 1883) par Désiré-François Laugée – Musée des Beaux-Arts Antoine Lécuyer de Saint-Quentin
« Roches blanches (Nemours) » (1902) par Maurice Eliot (1862-1945) – Musée de Soissons
« Tête de femme » (fin du 19e siècle) par Albert Besnard – Musée des Beaux-Arts de Reims

L’exposition fait aussi la part belle aux femmes pastellistes en confrontant les œuvres d’Esther Huillard (1855-1928), Hélène Maréchal (1863-1944), Marie Carpentier (1865-1949) ou Christine Boumeester (1904-1971) ainsi qu’aux modes d’expressions les plus divers, par l’intermédiaire d’études, de portraits, de sujets naturalistes ou de compositions abstraites.

« Une rue de Neubourg » (seconde moitié du XIXe siècle) par Léon-Germain Pelouse (1838-1891) – Musée des Beaux-Arts de Reims

Plusieurs œuvres issues des collections de Reims et Soissons ont fait l’objet d’une restauration à l’occasion de l’exposition. Elles sont présentées pour la première fois au public.

Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin » au Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger
À gauche : « L’abreuvoir » (fin du XIXe siècle) par Hélène Maréchal (1863-1944) – Musée des Beaux-Arts de Reims
« Les foins coupés sur le Hardenfjord » (fin du XIXe siècle) par Alexandre Lunois (1863-1916) – Musée des Beaux-Arts de Reims

L’exposition s’inscrit dans un contexte de valorisation patrimoniale, porté par la réouverture de salles au musée Saint-Léger de Soissons, entièrement réaménagées pour l’occasion, et par la rénovation et l’extension du musée des Beaux-Arts de Reims, la plus importante d’un musée d’art en France aujourd’hui.

« Roches blanches (Nemours) » (1902) par Maurice Eliot (1862-1945) – Musée de Soissons

En savoir +

Consultez le site Internet de la Ville de Soissons.

« Dans l’herbe » (1887) par Maurice Eliot – Musée de Soissons

Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin »
7 novembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger
2 Rue de la Congrégation
02200 Soissons

« La Moissonneuse au repos » (vers 1886) par Léon Lhermitte (1844-1925) – Musée des Beaux-Arts de Reims

[Visite privée] Exposition « De Monaco à Chantilly » au musée Condé

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Exposition « De Monaco à Chantilly : Une princesse des Lumières en quête de liberté”
18 octobre 2025 – 4 janvier 2026
Cabinet d’arts graphiques du Musée Condé
Château de Chantilly

Conçue en partenariat avec le palais princier de Monaco, cette exposition dévoile la vie romanesque et la commande artistique d’une figure féminine méconnue qui a marqué son histoire : Marie Catherine de Brignole-Sale, princesse de Monaco puis de Condé (1738-1813).

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval au Château de Chantilly.

« Portrait de Marie Catherine de Brignole-Sale » (XIXe siècle ?) attribué à Antone Raphael Mengs (1728–1779) – Palais princier de Monaco

Née à Gênes le 16 septembre 1738, fille unique du marquis de Brignole-Sale et nièce de doge, Marie Catherine est issue de l’une des plus puissantes familles de cette influente république méditerranéenne. Élevée à Paris, celle qu’on qualifie de « plus jolie femme de France » est remarquée par le prince Honoré III de Monaco (1720-1795), plus âgé qu’elle et qui, bien qu’ayant espéré une alliance plus prestigieuse dans la noblesse française, s’est résolu à envisager un parti moins noble mais plus lucratif.

« Honoré III de Monaco, portrait au genou » attribué à Louis Tocqué (1696-1772) – Archives du Palais princier de Monaco
« Vue du palais de Monaco » (1732) par Dominique Joseph Bressan (1670-1746) – Palais princier de Monaco

La nouvelle princesse de Monaco donne naissance à deux garçons. Si elle tient son rang au sein de l’hôtel de Matignon, résidence du couple à Paris, l’ennui la gagne. Les rumeurs de sa liaison avec le prince de Condé, son refus de se rendre à Monaco, le caractère ombrageux et jaloux d’Honoré III, ses mauvais traitements rapportés par des témoins, conduisent à la demande formulée par la princesse d’une séparation devant le parlement de Paris.

« Hôtel de Matignon, façade, 57, rue de Varenne, Paris » (entre 1718 et 1736) par Jean Michel Chevotet (1698-1772) – Musée Carnavalet-Histoire de Paris
« Portrait de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé » (avant 1818) par Madeleine Anne Deseine (1758-1839) – Musée Condé (Chantilly)

Cette lectrice des philosophes des Lumières existe en son nom propre et peut vivre librement ses passions, aux côtés de Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818). À Paris, près du palais Bourbon, Alexandre Brongniart érige pour la princesse un hôtel de Monaco au cours des années 1770. Les plans monumentaux d’Alexandre Brongniart restituent l’ambition d’une princesse bâtisseuse et évoquent ses intérieurs.

« Élévation de la façade sur la cour de l’hôtel de Monaco » (vers 1774) par Alexandre Théodore Brongniart (1739-1813) – Musée Carnavalet-Histoire de Paris
« Le Château de Betz, côté de l’arrivée » (1808) par Olimpe Neveux (actif vers 1800) d’après Constant Bourgeois (1767-1841) – Musée Condé de Chantilly
« Plan du Pavillon de Vénus/ avec les accessoires qu’on y ajoute les soirs des jours de fêtes » (1787) par Claude Mathieu Delagardette (1762-1805) – Musée Condé de Chantilly

Le prince de Condé et la princesse de Monaco s’adonnent à la même frénésie de construction de résidences et d’aménagement de jardins. Non loin de Chantilly, Marie Catherine élit le château de Betz (Oise) comme son ultime refuge. Là, en miroir de ce que le prince de Condé imagine au Palais Bourbon ou à Chantilly, elle est la promotrice d’une aspiration nouvelle, rousseauiste, d’un retour à la nature, mais aussi du goût pour les fabriques pittoresques, ornant les jardins qu’on appelle « anglo-chinois ».

« Une fontaine dans des ruines médiévales » (1765) par Hubert Robert (1733-1808) – Bibliothèque municipale de Besançon
« Vue animée d’une forteresse aux armes de la princesse de Monaco : projet pour les jardins de Betz » (vers 1785) par Hubert Robert (1733-1808) – Musée Condé de Chantilly

Hubert Robert collabore avec le prince et la princesse. Contemporain de nombreuses destructions médiévales, il devient, peut-être malgré lui et encouragé par ses mécènes princiers, l’un des initiateurs en France d’une esthétique médiévale promise à un brillant avenir.

« La Princesse de Monaco (née Marie Catherine de Brignole-Sale) (1738-1813) » (1783) par Claude Dejoux (1732-1816) – Musée du Louvre

Quand survient la Révolution française, le prince de Condé prend la tête de l’une des principales armées de la contre-révolution et la princesse de Monaco le suit sur les routes d’une émigration ballottée dans l’Europe entière. En Angleterre, la princesse de Monaco peut enfin épouser le prince de Condé. Le couple est alors âgé de plus de 70 ans.

« Vues de Betz. 2 vue de l’hermitage » (vers 1800) par Jacques François Chéreau (1742-1794) – Collection particulière

Commissariat de l’exposition

Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval au Château de Chantilly
Thomas Fouilleron, directeur des Archives et de la Bibliothèque du palais princier de Monaco

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Château de Chantilly.

« L’Amour embrassant l’Amitié » (1758) par Jean Baptiste Pigalle (1714-1785) – Musée du Louvre

Exposition « De Monaco à Chantilly : Une princesse des Lumières en quête de liberté”
18 octobre 2025 – 4 janvier 2026
Cabinet d’arts graphiques du Musée Condé
Château de Chantilly

[Visite privée] Exposition Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais

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Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière »
16 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Artiste aujourd’hui méconnu et mécompris, Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) est l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle français. À l’occasion du 300e anniversaire de sa naissance, le Petit Palais propose de redécouvrir son œuvre au prisme du thème de l’enfance. En effet, faisant écho aux préoccupations des philosophes Diderot, Rousseau ou Condorcet, l’artiste invite à méditer la place de l’enfant au sein de la famille, la responsabilité des parents dans son développement et l’importance de l’éducation pour la construction de sa personnalité.

Pour découvrir l’exposition, suivez Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais, et Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université.

« Autoportrait » (vers 1760) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
« Portrait d’Anne-Geneviève (dite Caroline) Greuze » (1766) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière

Rarement peintre n’a autant représenté les enfants que Greuze, sous forme de portraits, de têtes d’expression ou dans ses scènes de genre. Tel un fil rouge, ils sont partout présents dans son œuvre, tantôt endormis dans les bras d’une mère, tantôt envahis par une rêverie mélancolique, tantôt saisis par la frayeur d’un évènement qui les dépasse.

« Un enfant qui s’est endormi sur son livre » dit « Le Petit paresseux » (1755) par Jean-Baptiste Greuze – Musée Fabre (Montpellier)
« Un écolier qui étudie sa leçon » dit « Le Petit Écolier » (vers 1755-1757) par Jean-Baptiste Greuze – National Galleries of Scotland (Édimbourg)
« La Consolation de la vieillesse » (1769) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière

La centralité du thème de l’enfance dans la peinture de Greuze se fait le miroir des grands enjeux du XVIIIe siècle. Le nouveau statut de l’enfance – désormais considéré comme un âge à part entière –, les débats sur le lait maternel et le recours aux nourrices, la place de l’enfant au sein de la famille ou encore l’importance de l’éducation pour la construction de sa personnalité et la responsabilité des parents dans son développement sont les préoccupations des pédagogues et des philosophes, tels que Rousseau, Condorcet ou Diderot. Nourri des idéaux des Lumières, Greuze s’en fait, par le pinceau et le crayon, le témoin, l’interprète, voire même l’ardent défenseur.

« Jeune Fille en buste » (vers 1780) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière
« Les Écosseuses de pois » (vers 1755-1760) par Jean- Baptiste Greuze – Collection particulière
« La Lecture de la Bible » (1755) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre

Tout au long de sa carrière, l’artiste interroge l’intimité de la famille, avec empathie, parfois avec humour, souvent avec esprit critique. Il se plaît à mettre en image les temps symboliques ou les rituels qui scandent la vie familiale – ainsi « La Remise de la dot au fiancé » (Petit Palais), « Le Gâteau des rois » (musée Fabre, Montpellier) ou « La lecture de la Bible » (musée du Louvre, Paris). Mais l’espace domestique n’est pas seulement un havre de paix. Il est aussi et souvent chez Greuze le théâtre du désordre des familles, le lieu de la violence physique et psychologique.

« Étude pour L’Accordée de village ou La Remise de la dot » (1761) par Jean-Baptiste Greuze – Petit Palais
Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
« Septime Sévère reprochant à son fils Caracalla d’avoir voulu l’assassiner » (1767-1769) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
« Étude pour la tête de Caracalla » (vers 1767) par Jean-Baptiste Greuze – Gotha, Schlossmuseum, Comäldesammlung
« La Malédiction paternelle. Le Fils ingrat » (1777) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
« La Cruche cassée » (1771-1772) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre

Greuze interroge le basculement dans l’âge adulte, la perte de l’innocence, l’éveil à l’amour, sans rien maquiller des appétits que peut susciter la beauté de la chair auprès de vieillards lubriques ou de jeunes prédateurs. Face à ce monde des adultes, souvent cruel, petit et mesquin, il y a chez Greuze comme la volonté de retourner dans le giron de l’enfance, temps de la pureté et de la candeur : fragile, mystérieux et éphémère, telle cette fleur de pissenlit sur laquelle le Jeune berger du Petit Palais s’apprête à souffler pour savoir s’il est aimé. Pour accompagner les visiteurs dans la lecture des œuvres de Greuze, des cartels « Œil aiguisé » invitent à interroger les détails et à décrypter les sens cachés et les allégories des œuvres présentées.

« Étude pour L’Oiseleur accordant sa guitare » (1756-1757) par Jean-Baptiste Greuze – Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie
« Jeune bergère effeuillant une marguerite » dit « La Simplicité » (1759) par Jean-Baptiste Greuze – Kimbell Art Museum (Fort Worth)
« Jeune berger tenant un pissenlit » dit « Jeune berger qui tente le sort pour savoir s’il est aimé de sa bergère » (entre 1760 et 1761) par Jean Baptiste Greuze – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Commissariat scientifique

Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais
Yuriko Jackall, directrice du département de l’art Européen & Conservatrice “Allan et Elizabeth Shelden” en charge des peintures européennes, Detroit Institute of Arts
Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière »
16 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

L’exposition est réalisée avec le soutien exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.

« Une fillette » (vers 1780) par Jean-Baptiste Greuze – Musée Fabre (Montpellier)

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Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Petit Palais.

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

[Visite privée] Exposition « Les Chardin des Marcille » à Orléans

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Exposition « Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise »
9 septembre 2025 – 11 janvier 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Rarement un tableau n’a autant attisé les passions que « Le Panier de fraises des bois » (1761) de Jean Siméon Chardin, chef-d’œuvre de la peinture française, acquis par le musée du Louvre en 2022 après être resté depuis le milieu du XIXe siècle dans la collection de l’Orléanais Eudoxe Marcille (1814-1890).

Pour cette visite privée, suivez Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans, conservatrice en chef du patrimoine.

« Le Panier de fraises des bois » (1761) par Jean Siméon Chardin – Musée du Louvre

« Ô Chardin ! ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile. » – Diderot (1763)

« Autoportrait à l’âge de 35 ans » (1825) par François Martial Marcille (1790-1856) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

« François Marcille ramassa par centaines ces perles de la peinture française jetées sur le pavé. Sa maison s’ouvrit comme un lieu d’asile à tous ces charmants proscrits de l’art ennuyeux. Non content de les recueillir, il les fit connaître et comprendre par son admiration persuasive et par l’accueil empressé qu’il offrait à tous les curieux. Entrait chez lui qui voulait : sa collection était aussi hospitalière que les galeries des princes de Rome et de Gênes. » – Paul de Saint-Victor (1876)

Son nom à lui seul évoque celui de Chardin. Son père, François Marcille (1790-1856), issu d’une famille de courtiers en graines de la Beauce, s’était intéressé en visionnaire, dès 1822, à tous ces artistes du temps de Louis XV que plus personne ne regardait, jusqu’à réunir la plus grande collection de son temps, riche de 4500 œuvres où se trouvaient par dizaines les Boucher, Fragonard, Greuze, Prud’hon et Géricault… et, au-dessus des autres, trente Chardin.

« Portrait d’Eudoxe Marcille (1814-1890) » (1889) par Diogène Maillart (1840-1926) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans
« Autoportrait » (vers 1860) par Camille Marcille (1816-1875) – Descendants Famille Marcille

Cette passion dévorante a été transmise avec sa collection à ses deux fils, Eudoxe et Camille. Camille, devenu conservateur du musée de Chartres, et Eudoxe, directeur du musée d’Orléans de 1870 et 1890, ont continué de promouvoir l’œuvre de Chardin, rachetant même à la vente de leur père, au-delà des œuvres qu’il avait désignées pour chacun, ce qui pouvait continuer d’être réuni de ce noyau idéal.

« Nature morte avec chaudron, poêlon, fourneau, torchon, chou, deux oeufs, poireau, pain et trois harengs » (entre 1731 et 1733) par Jean Siméon Chardin – Musée de Picardie (Amiens)

Très naturellement, les frères Goncourt, grands biographes des artistes du XVIIIe siècle, puiseront dans cette collection de référence, où est représenté l’ensemble de la carrière de Chardin, pour écrire en 1863 la première biographie du peintre des natures mortes silencieuses et des garde-manger.

« Autoportrait aux bésicles  » (1773) par Jean Siméon Chardin (1699 – 1779) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Chardin était chez lui à Orléans et, d’une certaine façon, l’était depuis toujours. Son amitié avec Aignan Thomas Desfriches (1715-1800), l’entrepreneur qui avait fait d’Orléans au XVIIIe siècle une capitale artistique, se lisait jusque dans le foulard à carreaux que Chardin porte dans son autoportrait, provenant de chez Desfriches. Desfriches possédait lui-même de nombreux tableaux de Chardin.

À gauche : « La fontaine » (vers 1733) par ean Siméon Chardin – Collection particulière, prêt exceptionnel au musée des Beaux-Arts d’Orléans depuis mars 2024

Autour du prêt exceptionnel du « Panier de fraises des bois », cinq autres Chardin provenant de la mythique collection des Marcille sont réunis pour la première fois depuis la rétrospective de 1979. Ils sont accompagnés de l’ « Autoportrait aux bésicles », acquisition événement qui a permis en 1991 de faire entrer dans le cabinet des pastels cet artiste cher au cœur d’Orléans, mais dont seul le souvenir habitait les collections.

« Huit enfants jouant avec une chèvre » (vers 1731-1732) par Jean Siméon Chardin (1699-1779) – Descendants Famille Marcille

Exposition « Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise »
9 septembre 2025 – 11 janvier 2026
Musée des Beaux-Arts
1 Rue Fernand Rabier
45000 Orléans

L’exposition bénéficie des prêts exceptionnels du Musée du Louvre, du Musée Jacquemart-André, du Musée de Picardie, de collectionneurs privés et des descendants Famille Marcille.

« Portrait du juriste Daniel Jousse, conseiller au présidial d’Orléans » (vers 1755) par Jean-Baptiste Perronneau (vers 1715 – 1783) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée.

« Le Panier de fraises des bois » (1761) par Jean Siméon Chardin – Musée du Louvre

 

[Entretien] Thomas Jefferson par Laurent Zecchini

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« Thomas Jefferson. Le président américain francophile »
Laurent Zecchini
Éditions Perrin

Thomas Jefferson (1743-1826) est le principal auteur de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, qui a largement inspiré la Révolution française et nombre de luttes pour l’indépendance et les droits de l’homme à travers le monde. Ambassadeur à Paris au moment de la Révolution de 1789, Jefferson est le plus francophile des présidents américains. Mais il était aussi un grand propriétaire d’esclaves raciste, qui a dissimulé à l’Amérique l’existence de sa maîtresse noire et des six enfants qu’il a eus avec elle.

« Thomas Jefferson. Le président américain francophile » de Laurent Zecchini est sélectionné pour le jury final de l’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’Histoire.

Journaliste pendant plus de quarante ans, dont trente-cinq au journal « Le Monde », Laurent Zecchini a été correspondant dans de nombreuses capitales (New-Delhi, Londres, Washington, Bruxelles, Jérusalem).

Cet entretien a été enregistré dans le Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie situé dans l’Hôtel de Salm, un ancien hôtel particulier que Jefferson admirait.

L’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’histoire

Le Prix Château de Versailles du livre d’Histoire récompense l’auteur d’un ouvrage historique dont le sujet principal s’inscrit dans le cadre chronologique des XVIle et/ou XVIlle siècle(s), ou plus largement si celui-ci concerne l’histoire du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Le nom du lauréat de l’édition 2025 sera dévoilé le 22 novembre.
L’auteur du Blog scribeaccroupi.fr est membre du jury final de ce prestigieux Prix.

En savoir +

Sur le livre : en consultant le site Internet de l’éditeur.
Sur le Prix du livre d’histoire : en consultant le site Internet du château de Versailles.