L'envie de venir au musée... et d'y revenir souvent !

[Léonard] L’homme de Vitruve est arrivé au Louvre !

Il est arrivé au musée du Louvre !

« L’homme de Vitruve » (vers 1490) par Léonard de Vinci, prêt de la Gallerie dell’Accademia di Venezia, est présent dans l’exposition « Léonard de Vinci ».

« Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.
Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.
La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.
Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.
Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu’à l’aisselle, un huitième.
La main complète est un dixième de l’homme. La naissance du membre viril est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.
La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. » – Vitruve dans « De l’architecture »

Exposition « Léonard de Vinci »
24 octobre 2019 – 24 février 2020
Musée du Louvre

[Disparition] Twitter or not Twitter…

En cette semaine de « Museum Week », mes déboires sur le réseau social Twitter se poursuivent. Mon compte a été (provisoirement ?) désactivé…

En attendant de pouvoir de nouveau gazouiller avec l’oiseau bleu, vous pouvez toujours me suivre sur mon Blog, sur ma page Facebook, sur Instagram et sur YouTube.

À suivre…

[Louvre] L’artiste JR creuse sous la pyramide

Pour fêter les 30 ans de la pyramide de Ieoh Ming Pei 贝聿铭, inaugurée le 29 mars 1989, le musée du Louvre invite une nouvelle fois l’artiste JR.

JR et Dominique de Font-Réaulx – Auditorium du Louvre, vendredi 29 mars 2019

Trois ans après avoir fait disparaître derrière un collage le monument, JR propose cette fois un effet saisissant qui semble faire sortir de terre la pyramide.

Photo ci-dessus : copyright @JRArt

Le collage des bandes de papier a mobilisé 400 bénévoles pendant plusieurs jours, révélant au matin du 30 mars une impressionnante anamorphose dans la cour Napoléon.

L’œuvre éphémère est visible jusqu’au dimanche 31 mars au soir.

Photographies par @scribeaccroupi (sauf celle avec mention de copyright @JRArt).

Jack Lang, Franck RIester, Jean-Luc Martinez et JR – Auditorium du Louvre, vendredi 29 mars 2019

[Portfolio] Paris est sous la neige et « on est tout bêtement joyeux »

Paris sous la neige
Lundi 5 janvier 2026

Jardin des Tuileries

Vers le soir, un nuage d’un gris rose monte de l’horizon et lentement emplit le ciel. De petits souffles froids s’élèvent et font frissonner l’air. Puis, un grand silence, une immobilité douce et glaciale descend sur Paris qui s’endort. La ville noire sommeille, la neige se met à tomber avec lenteur dans la sérénité glacée de l’espace. Et le ciel couvre sans bruit l’immense cité endormie d’un tapis virginal et pur.

Le Louvre vu depuis le quai Malaquais
Quai François Mitterrand

… la nouvelle année avait mis une robe blanche à la ville. La ville semblait toute jeune et toute chaste. Il n’y avait plus ni ruisseaux, ni trottoirs, ni pavés noirâtres : les rues étaient de larges rubans de satin blanc; les places, des pelouses toutes blanches de paquerettes. Et les paquerettes de l’hiver avaient aussi fleuri sur les toits sombres.

Le Pont Royal et le musée d’Orsay

On eût dit que la cité était une petite fille, ayant la jeunesse tendre de la nouvelle année. Elle venait de jeter ses haillons, sa boue et sa poussière, et elle avait mis ses belles jupes de gaze. Elle respirait doucement, d’une haleine pure et fraiche; elle étalait avec une coquetterie enfantine sa parure d’innocence.

Statues de Maillol devant l’École du Louvre

Toutes les laideurs de l’hiver s’en sont allées; chaque maison ressemble à une belle dame qui aurait mis ses fourrures; les toits se détachent gaiement sur le ciel pâle et clair; on est en pleine floraison du froid.

Quai Malaquais

Depuis hier, Paris éprouve cette gaieté que la neige donne aux petits et aux grands enfants. On est tout bêtement joyeux parce que la terre est blanche.

L’Institut de France et le quai de Conti

Il y a, dans Paris, des paysages d’une largeur incomparable. L’habitude nous a rendus indifférents. Mais les flâneurs, — ceux qui rôdent le nez au vent, en quête d’émotions et d’admiration – connaissent bien ces paysages. Pour moi, j’aime d’amour le bout de Seine qui va de Notre-Dame au pont de Charenton; je n’ai jamais vu un horizon plus étrange et plus large.

Pont Royal

La Seine coule noire et sinistre, entre deux bandes d’un blanc éclatant; les quais s’allongent, silencieux et déserts; le ciel paraît immense, d’un gris perle, doux et morne. Et il y a, dans cette eau fangeuse qui gronde, au milieu de ces blancheurs et de ces apaisements, une mélancolie poignante, une douceur amère et triste.

« Caïn venant de tuer son frère Abel » par Henri Vidal (1864-1918) dans le Jardin des Tuileries
« L’homme et sa misère » par Dominique Jean Baptiste Hugues (1849-1930) dans le Jardin des Tuileries
Jardin des Tuileries

… chaque petite branche est ornée de fins cristaux; des broderies délicates couvrent l’écorce brune. On n’oserait toucher a ces verreries légères, on aurait peur de les casser.

Pyramide du Louvre
Arc de Triomphe du Carrousel

Mais la cité ne garde pas longtemps sa belle robe blanche. Sa toilette d’épousée n’est jamais qu’un déjeuner de soleil. Le matin, elle met toutes ses dentelles, sa gaze la plus légère et son satin le plus brillant, et souvent, le soir, elle a déjà souillé et déchiré sa parure.

« La rivière » par Aristide Maillol

Le texte que vous venez de lire est une composition à partir d’extraits d’un article d’Émile Zola publié par « Le Figaro » le 17 janvier 1867.

Jardin des Tuileries

Photographies par @scribeaccroupi

[2025] Top 10 des vidéos les plus vues sur YouTube

Quel est le Top 10 des vidéos les + vues sur ma chaîne YouTube en 2025 ?

Fin décembre 2025, ma chaîne YouTube rassemble 34.584 abonnés dont 4.500 nouveaux cette année.
Mes publications ont été visionnées pendant plus de 94.000 heures en 2025, soit une augmentation de près de 10% par rapport à 2024.
Vous avez regardé mes vidéos depuis un ordinateur pour 33 % d’entre vous, avec votre téléphone mobile (29 %), sur un téléviseur (26%) ou une tablette (12 %).

En France mais aussi en Belgique

De Paris à Namur, de Lille à Carpentras, d’Orléans à Chantilly, de Nogent-sur-Seine à Soissons, de Lyon à Saint-Omer, et Cassel de Saint-Jean-Cap-Ferrat à Amiens, du château de Fontainebleau à l’Assemblée Nationale, du Petit Palais à l’Institut du Monde Arabe, du musée d’Orsay au musée Jacquemart-André ou au musée Bourdelle, l’année 2025 nous a permis de découvrir des expositions et des musées dans des conditions exceptionnelles en suivant des conservateurs, historiens de l’art et commissaires d’exposition.
Nous avons aussi rencontré les historiens sélectionnés pour le Prix château de Versailles du livre d’histoire.

Quelles sont les visites privées qui ont rencontré le plus de succès en 2025 ?

10ème place : Exposition « Duplessis, l’art de peindre la vie » à Carpentras

8.700 vues

Jean-Yves Baudouy, directeur de la bibliothèque-musée Inguimbertine, présente les tableaux de Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802), parmi lesquels une soixantaine d’œuvres provenant de collections prestigieuses telles que le Metropolitan Museum of Art de New York, le Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City, le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, le Château de Versailles et le Musée du Louvre.

9ème place : Exposition « Christian Krohg (1852-1925). Le Peuple du Nord » au musée d’Orsay

15.060 vues

Servane Dargnies de Vitry, conservatrice en chef peinture au musée d’Orsay, présente la toute première rétrospective consacrée à l’artiste norvégien Christian Krohg, mettant en lumière ses œuvres naturalistes et engagées. Le parcours permet aussi de souligner les liens picturaux de Krohg avec les artistes français découverts lors de ses séjours parisiens, notamment Courbet, Manet et Caillebotte.

8ème place : Exposition Zurbarán au musée des Beaux-Arts de Lyon

16.475 vues

Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en chef du patrimoine au musée des Beaux-Arts de Lyon, nous invite à découvrir cette exposition qui réunit pour la première fois les trois tableaux représentant Saint François debout momifié peints par Francisco de Zurbarán, conservés au musée des Beaux-Arts de Lyon, au Museu Nacional d’Art de Catalunya (Barcelone) et au Museum of Fine Arts de Boston.

7ème place : Exposition Louise d’Orléans au château de Chantilly

17.089 vues

Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé, propose de visiter l’exposition consacrée à un personnage méconnu : Louise d’Orléans (1812-1850), princesse de France puis reine de Belgique. Première fille de Louis-Philippe, elle a été l’actrice de l’émergence du royaume de Belgique.

6ème place : Exposition « Caillebotte. Peindre les hommes » au musée d’Orsay

23.436 vues

Paul Perrin, conservateur et directeur de la conservation et des collections au musée d’Orsay, interroge la modernité si radicale des chefs-d’œuvre de Gustave Caillebotte (1848-1894) au prisme du nouveau regard que l’histoire de l’art porte sur les masculinités du XIXe siècle.

5ème place : Exposition Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais

23.956 vues

Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais, et Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université, nous guident dans l’exposition consacrée à Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Artiste aujourd’hui méconnu et mécompris, il est l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle français.

4ème place : Exposition « Ribera. Ténèbres et lumière » au Petit Palais

24.512 vues

Annick Lemoine, directrice du Petit Palais, et Maïté Metz, conservatrice des Peintures anciennes, présentent les œuvres de José de Ribera (1591-1652), l’un des principaux peintres caravagesques. Le Petit Palais propose la première monographie consacrée, en France, à cet artiste trop longtemps resté dans l’ombre, qui sait transcrire la dignité́ du quotidien.

3ème place : Exposition John Singer Sargent au musée d’Orsay

33.714 vues

Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice arts graphiques et peintures au musée d’Orsay, propose de parcourir l’exposition consacrée à John Singer Sargent (1856-1925), l’un des artistes américains les plus célèbres de sa génération, aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. Son portrait de « Madame X » est considéré comme la « Joconde » de la collection d’art américain du Metropolitan Museum of Art de New York.

2ème place : Exposition « Les Très Riches Heures du duc de Berry » au château de Chantilly

34.194 vues

Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé, présente le manuscrit le plus célèbre au monde, véritable « Joconde » des manuscrits : les « Très Riches Heures du duc de Berry ». La restauration de ce chef-d’œuvre permet au château de Chantilly d’exposer les douze premiers feuillets déreliés.

1ère place : Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

44.787 vues

Pierre Curie, conservateur général du patrimoine au musée Jacquemart-André, spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle, présente la première rétrospective consacrée à Georges de La Tour en France depuis 1997. Par l’épure formelle de ses compositions et leur intensité spirituelle, Georges de La Tour a su créer un langage pictural d’une grande puissance émotionnelle qui parle encore aux spectateurs du XXIe siècle.

Comme vous le constatez, aucune exposition du musée du Louvre n’est présente dans ce Top 10, les demandes de tournage du Scribe n’ayant pu aboutir.

Bonnes fêtes de fin d’année et rendez-vous en 2026 pour une année culturelle (forcément) éblouissante ! 🙂

« Supplication » – Pointe sèche et aquatinte en couleurs de Jeanne Bardey (1872-1954) – Collection de l’INHA présentée à la Fondation Gianadda (Martigny, Suisse)

[Visite privée] Exposition « Pastels en partage » au musée Saint-Léger de Soissons

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Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin »
7 novembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger (Soissons)

Née d’une volonté commune de mettre en lumière des collections rarement présentées, l’exposition du musée Saint-Léger est le fruit d’une collaboration inédite entre les musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin. Plusieurs œuvres de la collection Calvé Cantinotti enrichissent cette présentation d’une quarantaine de pastels.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Christophe Brouard, directeur des musées de Soissons.

« Tulipe » (avant 1897) par Edmond Yon – Musée de Soissons

Articulée en quatre temps, l’exposition met en regard des pastels d’artistes reconnus tels Léon Lhermitte, né à Mont-Saint-Père (dans le sud de l’Aisne), ou Albert Besnard (1849-1934), l’un des plus brillants pastellistes de son temps, avec ceux de petits maîtres ou d’artistes aujourd’hui oubliés, à l’instar de Léon Liévrat (1853-1912), enseignant et théoricien du dessin né à Vailly-sur-Aisne, près de Soissons, ou Alexandre Lunois (1863-1916), que l’histoire a surtout retenu pour sa production d’affiches.

« Le gueux » (avant 1883) par Désiré-François Laugée – Musée des Beaux-Arts Antoine Lécuyer de Saint-Quentin
« Roches blanches (Nemours) » (1902) par Maurice Eliot (1862-1945) – Musée de Soissons
« Tête de femme » (fin du 19e siècle) par Albert Besnard – Musée des Beaux-Arts de Reims

L’exposition fait aussi la part belle aux femmes pastellistes en confrontant les œuvres d’Esther Huillard (1855-1928), Hélène Maréchal (1863-1944), Marie Carpentier (1865-1949) ou Christine Boumeester (1904-1971) ainsi qu’aux modes d’expressions les plus divers, par l’intermédiaire d’études, de portraits, de sujets naturalistes ou de compositions abstraites.

« Une rue de Neubourg » (seconde moitié du XIXe siècle) par Léon-Germain Pelouse (1838-1891) – Musée des Beaux-Arts de Reims

Plusieurs œuvres issues des collections de Reims et Soissons ont fait l’objet d’une restauration à l’occasion de l’exposition. Elles sont présentées pour la première fois au public.

Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin » au Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger
À gauche : « L’abreuvoir » (fin du XIXe siècle) par Hélène Maréchal (1863-1944) – Musée des Beaux-Arts de Reims
« Les foins coupés sur le Hardenfjord » (fin du XIXe siècle) par Alexandre Lunois (1863-1916) – Musée des Beaux-Arts de Reims

L’exposition s’inscrit dans un contexte de valorisation patrimoniale, porté par la réouverture de salles au musée Saint-Léger de Soissons, entièrement réaménagées pour l’occasion, et par la rénovation et l’extension du musée des Beaux-Arts de Reims, la plus importante d’un musée d’art en France aujourd’hui.

« Roches blanches (Nemours) » (1902) par Maurice Eliot (1862-1945) – Musée de Soissons

En savoir +

Consultez le site Internet de la Ville de Soissons.

« Dans l’herbe » (1887) par Maurice Eliot – Musée de Soissons

Exposition « Pastels en partage. Collections des musées de Reims, Soissons et Saint-Quentin »
7 novembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger
2 Rue de la Congrégation
02200 Soissons

« La Moissonneuse au repos » (vers 1886) par Léon Lhermitte (1844-1925) – Musée des Beaux-Arts de Reims

[Visite privée] Exposition « De Monaco à Chantilly » au musée Condé

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Exposition « De Monaco à Chantilly : Une princesse des Lumières en quête de liberté”
18 octobre 2025 – 4 janvier 2026
Cabinet d’arts graphiques du Musée Condé
Château de Chantilly

Conçue en partenariat avec le palais princier de Monaco, cette exposition dévoile la vie romanesque et la commande artistique d’une figure féminine méconnue qui a marqué son histoire : Marie Catherine de Brignole-Sale, princesse de Monaco puis de Condé (1738-1813).

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval au Château de Chantilly.

« Portrait de Marie Catherine de Brignole-Sale » (XIXe siècle ?) attribué à Antone Raphael Mengs (1728–1779) – Palais princier de Monaco

Née à Gênes le 16 septembre 1738, fille unique du marquis de Brignole-Sale et nièce de doge, Marie Catherine est issue de l’une des plus puissantes familles de cette influente république méditerranéenne. Élevée à Paris, celle qu’on qualifie de « plus jolie femme de France » est remarquée par le prince Honoré III de Monaco (1720-1795), plus âgé qu’elle et qui, bien qu’ayant espéré une alliance plus prestigieuse dans la noblesse française, s’est résolu à envisager un parti moins noble mais plus lucratif.

« Honoré III de Monaco, portrait au genou » attribué à Louis Tocqué (1696-1772) – Archives du Palais princier de Monaco
« Vue du palais de Monaco » (1732) par Dominique Joseph Bressan (1670-1746) – Palais princier de Monaco

La nouvelle princesse de Monaco donne naissance à deux garçons. Si elle tient son rang au sein de l’hôtel de Matignon, résidence du couple à Paris, l’ennui la gagne. Les rumeurs de sa liaison avec le prince de Condé, son refus de se rendre à Monaco, le caractère ombrageux et jaloux d’Honoré III, ses mauvais traitements rapportés par des témoins, conduisent à la demande formulée par la princesse d’une séparation devant le parlement de Paris.

« Hôtel de Matignon, façade, 57, rue de Varenne, Paris » (entre 1718 et 1736) par Jean Michel Chevotet (1698-1772) – Musée Carnavalet-Histoire de Paris
« Portrait de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé » (avant 1818) par Madeleine Anne Deseine (1758-1839) – Musée Condé (Chantilly)

Cette lectrice des philosophes des Lumières existe en son nom propre et peut vivre librement ses passions, aux côtés de Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818). À Paris, près du palais Bourbon, Alexandre Brongniart érige pour la princesse un hôtel de Monaco au cours des années 1770. Les plans monumentaux d’Alexandre Brongniart restituent l’ambition d’une princesse bâtisseuse et évoquent ses intérieurs.

« Élévation de la façade sur la cour de l’hôtel de Monaco » (vers 1774) par Alexandre Théodore Brongniart (1739-1813) – Musée Carnavalet-Histoire de Paris
« Le Château de Betz, côté de l’arrivée » (1808) par Olimpe Neveux (actif vers 1800) d’après Constant Bourgeois (1767-1841) – Musée Condé de Chantilly
« Plan du Pavillon de Vénus/ avec les accessoires qu’on y ajoute les soirs des jours de fêtes » (1787) par Claude Mathieu Delagardette (1762-1805) – Musée Condé de Chantilly

Le prince de Condé et la princesse de Monaco s’adonnent à la même frénésie de construction de résidences et d’aménagement de jardins. Non loin de Chantilly, Marie Catherine élit le château de Betz (Oise) comme son ultime refuge. Là, en miroir de ce que le prince de Condé imagine au Palais Bourbon ou à Chantilly, elle est la promotrice d’une aspiration nouvelle, rousseauiste, d’un retour à la nature, mais aussi du goût pour les fabriques pittoresques, ornant les jardins qu’on appelle « anglo-chinois ».

« Une fontaine dans des ruines médiévales » (1765) par Hubert Robert (1733-1808) – Bibliothèque municipale de Besançon
« Vue animée d’une forteresse aux armes de la princesse de Monaco : projet pour les jardins de Betz » (vers 1785) par Hubert Robert (1733-1808) – Musée Condé de Chantilly

Hubert Robert collabore avec le prince et la princesse. Contemporain de nombreuses destructions médiévales, il devient, peut-être malgré lui et encouragé par ses mécènes princiers, l’un des initiateurs en France d’une esthétique médiévale promise à un brillant avenir.

« La Princesse de Monaco (née Marie Catherine de Brignole-Sale) (1738-1813) » (1783) par Claude Dejoux (1732-1816) – Musée du Louvre

Quand survient la Révolution française, le prince de Condé prend la tête de l’une des principales armées de la contre-révolution et la princesse de Monaco le suit sur les routes d’une émigration ballottée dans l’Europe entière. En Angleterre, la princesse de Monaco peut enfin épouser le prince de Condé. Le couple est alors âgé de plus de 70 ans.

« Vues de Betz. 2 vue de l’hermitage » (vers 1800) par Jacques François Chéreau (1742-1794) – Collection particulière

Commissariat de l’exposition

Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval au Château de Chantilly
Thomas Fouilleron, directeur des Archives et de la Bibliothèque du palais princier de Monaco

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Château de Chantilly.

« L’Amour embrassant l’Amitié » (1758) par Jean Baptiste Pigalle (1714-1785) – Musée du Louvre

Exposition « De Monaco à Chantilly : Une princesse des Lumières en quête de liberté”
18 octobre 2025 – 4 janvier 2026
Cabinet d’arts graphiques du Musée Condé
Château de Chantilly

[Visite privée] Exposition Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais

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Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière »
16 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Artiste aujourd’hui méconnu et mécompris, Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) est l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle français. À l’occasion du 300e anniversaire de sa naissance, le Petit Palais propose de redécouvrir son œuvre au prisme du thème de l’enfance. En effet, faisant écho aux préoccupations des philosophes Diderot, Rousseau ou Condorcet, l’artiste invite à méditer la place de l’enfant au sein de la famille, la responsabilité des parents dans son développement et l’importance de l’éducation pour la construction de sa personnalité.

Pour découvrir l’exposition, suivez Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais, et Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université.

« Autoportrait » (vers 1760) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
« Portrait d’Anne-Geneviève (dite Caroline) Greuze » (1766) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière

Rarement peintre n’a autant représenté les enfants que Greuze, sous forme de portraits, de têtes d’expression ou dans ses scènes de genre. Tel un fil rouge, ils sont partout présents dans son œuvre, tantôt endormis dans les bras d’une mère, tantôt envahis par une rêverie mélancolique, tantôt saisis par la frayeur d’un évènement qui les dépasse.

« Un enfant qui s’est endormi sur son livre » dit « Le Petit paresseux » (1755) par Jean-Baptiste Greuze – Musée Fabre (Montpellier)
« Un écolier qui étudie sa leçon » dit « Le Petit Écolier » (vers 1755-1757) par Jean-Baptiste Greuze – National Galleries of Scotland (Édimbourg)
« La Consolation de la vieillesse » (1769) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière

La centralité du thème de l’enfance dans la peinture de Greuze se fait le miroir des grands enjeux du XVIIIe siècle. Le nouveau statut de l’enfance – désormais considéré comme un âge à part entière –, les débats sur le lait maternel et le recours aux nourrices, la place de l’enfant au sein de la famille ou encore l’importance de l’éducation pour la construction de sa personnalité et la responsabilité des parents dans son développement sont les préoccupations des pédagogues et des philosophes, tels que Rousseau, Condorcet ou Diderot. Nourri des idéaux des Lumières, Greuze s’en fait, par le pinceau et le crayon, le témoin, l’interprète, voire même l’ardent défenseur.

« Jeune Fille en buste » (vers 1780) par Jean-Baptiste Greuze – Collection particulière
« Les Écosseuses de pois » (vers 1755-1760) par Jean- Baptiste Greuze – Collection particulière
« La Lecture de la Bible » (1755) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre

Tout au long de sa carrière, l’artiste interroge l’intimité de la famille, avec empathie, parfois avec humour, souvent avec esprit critique. Il se plaît à mettre en image les temps symboliques ou les rituels qui scandent la vie familiale – ainsi « La Remise de la dot au fiancé » (Petit Palais), « Le Gâteau des rois » (musée Fabre, Montpellier) ou « La lecture de la Bible » (musée du Louvre, Paris). Mais l’espace domestique n’est pas seulement un havre de paix. Il est aussi et souvent chez Greuze le théâtre du désordre des familles, le lieu de la violence physique et psychologique.

« Étude pour L’Accordée de village ou La Remise de la dot » (1761) par Jean-Baptiste Greuze – Petit Palais
Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
« Septime Sévère reprochant à son fils Caracalla d’avoir voulu l’assassiner » (1767-1769) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
« Étude pour la tête de Caracalla » (vers 1767) par Jean-Baptiste Greuze – Gotha, Schlossmuseum, Comäldesammlung
« La Malédiction paternelle. Le Fils ingrat » (1777) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre
« La Cruche cassée » (1771-1772) par Jean-Baptiste Greuze – Musée du Louvre

Greuze interroge le basculement dans l’âge adulte, la perte de l’innocence, l’éveil à l’amour, sans rien maquiller des appétits que peut susciter la beauté de la chair auprès de vieillards lubriques ou de jeunes prédateurs. Face à ce monde des adultes, souvent cruel, petit et mesquin, il y a chez Greuze comme la volonté de retourner dans le giron de l’enfance, temps de la pureté et de la candeur : fragile, mystérieux et éphémère, telle cette fleur de pissenlit sur laquelle le Jeune berger du Petit Palais s’apprête à souffler pour savoir s’il est aimé. Pour accompagner les visiteurs dans la lecture des œuvres de Greuze, des cartels « Œil aiguisé » invitent à interroger les détails et à décrypter les sens cachés et les allégories des œuvres présentées.

« Étude pour L’Oiseleur accordant sa guitare » (1756-1757) par Jean-Baptiste Greuze – Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie
« Jeune bergère effeuillant une marguerite » dit « La Simplicité » (1759) par Jean-Baptiste Greuze – Kimbell Art Museum (Fort Worth)
« Jeune berger tenant un pissenlit » dit « Jeune berger qui tente le sort pour savoir s’il est aimé de sa bergère » (entre 1760 et 1761) par Jean Baptiste Greuze – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Commissariat scientifique

Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais
Yuriko Jackall, directrice du département de l’art Européen & Conservatrice “Allan et Elizabeth Shelden” en charge des peintures européennes, Detroit Institute of Arts
Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière »
16 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

L’exposition est réalisée avec le soutien exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.

« Une fillette » (vers 1780) par Jean-Baptiste Greuze – Musée Fabre (Montpellier)

En savoir +

Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du Petit Palais.

Exposition « Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière » au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

[Visite privée] Exposition « Les Chardin des Marcille » à Orléans

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Exposition « Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise »
9 septembre 2025 – 11 janvier 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Rarement un tableau n’a autant attisé les passions que « Le Panier de fraises des bois » (1761) de Jean Siméon Chardin, chef-d’œuvre de la peinture française, acquis par le musée du Louvre en 2022 après être resté depuis le milieu du XIXe siècle dans la collection de l’Orléanais Eudoxe Marcille (1814-1890).

Pour cette visite privée, suivez Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans, conservatrice en chef du patrimoine.

« Le Panier de fraises des bois » (1761) par Jean Siméon Chardin – Musée du Louvre

« Ô Chardin ! ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile. » – Diderot (1763)

« Autoportrait à l’âge de 35 ans » (1825) par François Martial Marcille (1790-1856) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

« François Marcille ramassa par centaines ces perles de la peinture française jetées sur le pavé. Sa maison s’ouvrit comme un lieu d’asile à tous ces charmants proscrits de l’art ennuyeux. Non content de les recueillir, il les fit connaître et comprendre par son admiration persuasive et par l’accueil empressé qu’il offrait à tous les curieux. Entrait chez lui qui voulait : sa collection était aussi hospitalière que les galeries des princes de Rome et de Gênes. » – Paul de Saint-Victor (1876)

Son nom à lui seul évoque celui de Chardin. Son père, François Marcille (1790-1856), issu d’une famille de courtiers en graines de la Beauce, s’était intéressé en visionnaire, dès 1822, à tous ces artistes du temps de Louis XV que plus personne ne regardait, jusqu’à réunir la plus grande collection de son temps, riche de 4500 œuvres où se trouvaient par dizaines les Boucher, Fragonard, Greuze, Prud’hon et Géricault… et, au-dessus des autres, trente Chardin.

« Portrait d’Eudoxe Marcille (1814-1890) » (1889) par Diogène Maillart (1840-1926) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans
« Autoportrait » (vers 1860) par Camille Marcille (1816-1875) – Descendants Famille Marcille

Cette passion dévorante a été transmise avec sa collection à ses deux fils, Eudoxe et Camille. Camille, devenu conservateur du musée de Chartres, et Eudoxe, directeur du musée d’Orléans de 1870 et 1890, ont continué de promouvoir l’œuvre de Chardin, rachetant même à la vente de leur père, au-delà des œuvres qu’il avait désignées pour chacun, ce qui pouvait continuer d’être réuni de ce noyau idéal.

« Nature morte avec chaudron, poêlon, fourneau, torchon, chou, deux oeufs, poireau, pain et trois harengs » (entre 1731 et 1733) par Jean Siméon Chardin – Musée de Picardie (Amiens)

Très naturellement, les frères Goncourt, grands biographes des artistes du XVIIIe siècle, puiseront dans cette collection de référence, où est représenté l’ensemble de la carrière de Chardin, pour écrire en 1863 la première biographie du peintre des natures mortes silencieuses et des garde-manger.

« Autoportrait aux bésicles  » (1773) par Jean Siméon Chardin (1699 – 1779) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Chardin était chez lui à Orléans et, d’une certaine façon, l’était depuis toujours. Son amitié avec Aignan Thomas Desfriches (1715-1800), l’entrepreneur qui avait fait d’Orléans au XVIIIe siècle une capitale artistique, se lisait jusque dans le foulard à carreaux que Chardin porte dans son autoportrait, provenant de chez Desfriches. Desfriches possédait lui-même de nombreux tableaux de Chardin.

À gauche : « La fontaine » (vers 1733) par ean Siméon Chardin – Collection particulière, prêt exceptionnel au musée des Beaux-Arts d’Orléans depuis mars 2024

Autour du prêt exceptionnel du « Panier de fraises des bois », cinq autres Chardin provenant de la mythique collection des Marcille sont réunis pour la première fois depuis la rétrospective de 1979. Ils sont accompagnés de l’ « Autoportrait aux bésicles », acquisition événement qui a permis en 1991 de faire entrer dans le cabinet des pastels cet artiste cher au cœur d’Orléans, mais dont seul le souvenir habitait les collections.

« Huit enfants jouant avec une chèvre » (vers 1731-1732) par Jean Siméon Chardin (1699-1779) – Descendants Famille Marcille

Exposition « Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise »
9 septembre 2025 – 11 janvier 2026
Musée des Beaux-Arts
1 Rue Fernand Rabier
45000 Orléans

L’exposition bénéficie des prêts exceptionnels du Musée du Louvre, du Musée Jacquemart-André, du Musée de Picardie, de collectionneurs privés et des descendants Famille Marcille.

« Portrait du juriste Daniel Jousse, conseiller au présidial d’Orléans » (vers 1755) par Jean-Baptiste Perronneau (vers 1715 – 1783) – Musée des Beaux-Arts d’Orléans

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Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée.

« Le Panier de fraises des bois » (1761) par Jean Siméon Chardin – Musée du Louvre

 

[Entretien] Thomas Jefferson par Laurent Zecchini

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« Thomas Jefferson. Le président américain francophile »
Laurent Zecchini
Éditions Perrin

Thomas Jefferson (1743-1826) est le principal auteur de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, qui a largement inspiré la Révolution française et nombre de luttes pour l’indépendance et les droits de l’homme à travers le monde. Ambassadeur à Paris au moment de la Révolution de 1789, Jefferson est le plus francophile des présidents américains. Mais il était aussi un grand propriétaire d’esclaves raciste, qui a dissimulé à l’Amérique l’existence de sa maîtresse noire et des six enfants qu’il a eus avec elle.

« Thomas Jefferson. Le président américain francophile » de Laurent Zecchini est sélectionné pour le jury final de l’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’Histoire.

Journaliste pendant plus de quarante ans, dont trente-cinq au journal « Le Monde », Laurent Zecchini a été correspondant dans de nombreuses capitales (New-Delhi, Londres, Washington, Bruxelles, Jérusalem).

Cet entretien a été enregistré dans le Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie situé dans l’Hôtel de Salm, un ancien hôtel particulier que Jefferson admirait.

L’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’histoire

Le Prix Château de Versailles du livre d’Histoire récompense l’auteur d’un ouvrage historique dont le sujet principal s’inscrit dans le cadre chronologique des XVIle et/ou XVIlle siècle(s), ou plus largement si celui-ci concerne l’histoire du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Le nom du lauréat de l’édition 2025 sera dévoilé le 22 novembre.
L’auteur du Blog scribeaccroupi.fr est membre du jury final de ce prestigieux Prix.

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Sur le livre : en consultant le site Internet de l’éditeur.
Sur le Prix du livre d’histoire : en consultant le site Internet du château de Versailles.

[Entretien] L’humeur révolutionnaire par Robert Darnton

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« L’humeur révolutionnaire. Paris, 1748-1789 »
Robert Darnton
Éditions Gallimard

Robert Darnton part de la multitude d’agitations, de troubles, d’insurrections qui parcoururent le royaume, et Paris tout particulièrement, plusieurs décennies avant la Révolution de 1789. À travers le système d’information du peuple parisien du XVIIIᵉ siècle, l’auteur reconstitue les origines de ce qu’il appelle l’ « humeur révolutionnaire ».

« L’humeur révolutionnaire. Paris, 1748-1789 » de Robert Darnton s’est vu décerner le Grand Prix Château de Versailles du livre d’Histoire 2025.

Robert Darnton est professeur d’université et directeur émérite de la bibliothèque universitaire de l’université de Harvard. La plupart de ses recherches portent sur l’histoire des livres, des éditeurs, des censeurs, des libraires, des écrivains et des lecteurs dans la France du XVIIIe siècle.

L’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’histoire

Le Prix Château de Versailles du livre d’Histoire récompense l’auteur d’un ouvrage historique dont le sujet principal s’inscrit dans le cadre chronologique des XVIle et/ou XVIlle siècle(s), ou plus largement si celui-ci concerne l’histoire du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Le nom du lauréat de l’édition 2025 sera dévoilé le 22 novembre.
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[Entretien] Angélique Arnauld par Agnès Walch

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« Angélique Arnauld. Dissidente et janséniste »
Agnès Walch
Éditions Taillandier

La gloire de Port-Royal, ce monastère féminin qui a fasciné tant de grands esprits du XVIIe siècle, ne serait rien sans la mère Angélique Arnauld qui en a été l’abbesse, l’a réformé et en a fait la vitrine de la Contre-Réforme catholique. En s’opposant aux idées dominantes et aux volontés des pouvoirs établis, elle tient une place inattendue dans la longue marche des femmes vers l’indépendance.

« Angélique Arnauld. Dissidente et janséniste » d’Agnès Walch est sélectionné pour le jury final de l’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’Histoire.

Agnès Walch est professeur des universités et administrateur de l’Etat, spécialiste d’histoire religieuse et sociale du XVIIe siècle.

Cet entretien a été enregistré dans la chapelle de l’ancienne abbaye de Port-Royal de Paris, avec l’aimable autorisation de la Direction de l’Hôpital Cochin – Port-Royal AP-HP et de l’Aumônerie catholique Cochin – Port-Royal.

L’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’histoire

Le Prix Château de Versailles du livre d’Histoire récompense l’auteur d’un ouvrage historique dont le sujet principal s’inscrit dans le cadre chronologique des XVIle et/ou XVIlle siècle(s), ou plus largement si celui-ci concerne l’histoire du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Le nom du lauréat de l’édition 2025 sera dévoilé le 22 novembre.
L’auteur du Blog scribeaccroupi.fr est membre du jury final de ce prestigieux Prix.

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[Entretien] Distribuer l’argent du roi au XVIIIe siècle par Benoît Carré

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« Distribuer l’argent du roi au XVIIIe siècle. La monarchie dévoilée »
Benoît Carré
Éditions Presses Universitaires du Septentrion

Sous l’Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu’au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse.

« Distribuer l’argent du roi au XVIIIe siècle. La monarchie dévoilée » de Benoît Carré s’est vu décerner le Prix Spécial du jury de l’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’Histoire.

Benoît Carré est chercheur en histoire moderne, spécialiste de l’Ancien Régime et de la Révolution. Il est docteur de l’université de Lille depuis 2018.

Cet entretien a été enregistré dans la Bibliothèque de Louis XVI au château de Versailles.

L’édition 2025 du Prix Château de Versailles du livre d’histoire

Le Prix Château de Versailles du livre d’Histoire récompense l’auteur d’un ouvrage historique dont le sujet principal s’inscrit dans le cadre chronologique des XVIle et/ou XVIlle siècle(s), ou plus largement si celui-ci concerne l’histoire du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Le nom du lauréat de l’édition 2025 sera dévoilé le 22 novembre.
L’auteur du Blog scribeaccroupi.fr est membre du jury final de ce prestigieux Prix.

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[Visite privée] Exposition John Singer Sargent au musée d’Orsay

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Exposition « John Singer Sargent. Éblouir Paris »
23 septembre 25 – 11 janvier 2026
Musée d’Orsay (Paris)

John Singer Sargent (1856-1925) est l’un des artistes américains les plus célèbres de sa génération, aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. Son portrait de « Madame X » est considéré comme la « Joconde » de la collection d’art américain du Metropolitan Museum of Art de New York. En France, son nom reste très largement méconnu.
Réunissant plus de 90 œuvres de Sargent, dont certaines n’ont jamais été présentées en France, l’exposition du musée d’Orsay permet de faire découvrir son oeuvre à un large public.

Pour cette visite privée exceptionnelle, vous êtes accompagnés par Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice arts graphiques et peintures au musée d’Orsay.

(Autoportrait » (1886) par John Singer Sargent – Aberdeen City Council

Arrivé à Paris en 1874 à l’âge de dix-huit ans, John Singer Sargent y séjourne jusqu’au milieu des années 1880, lorsqu’à trente ans il s’installe à Londres, après le scandale qu’a provoqué son célèbre portrait de Madame Gautreau (« Madame X »).
Pendant cette décennie, il réalise parmi ses plus grands chefs-d’œuvre et se distingue par son inventivité et son audace.

« Étude de buste à Lille » (vers 1877) par John Singer Sargent – Collection particulière
« Modèle masculin couronné de laurier » (vers 1878) – Los Angeles County Museum of Art / « Jeune homme en pleine rêverie » (vers 1878) – The Hevrdejs Collection / « Tête de modèle masculin » (vers 1878) – Collection particulière / par John Singer Sargent

À Paris, le jeune peintre américain trouve des soutiens auprès d’autres expatriés mais s’intègre aussi à la société française en forgeant des liens avec un cercle d’artistes, d’écrivains et de collectionneurs.

À droite : « Répétition de l’orchestre Pasdeloup au Cirque d’Hiver » (vers 1879-1880) par John Singer Sargent – Museum of Fine Arts (Boston)
« In The Luxembourg Gardens » (1879) par John Singer Sargent – Philadelphia Museum of Art
« Portraits de M. Édouard Pailleron et de Mlle Marie-Louise Pailleron » (1880-1881) par John Singer Sargent – Des Moines Art Center Permanent Collections

Les femmes jouent un rôle particulier dans l’ascension de John Singer Sargent. Les nombreuses effigies que Sargent a laissées de ces personnalités brossent le portrait d’une société en pleine mutation, cosmopolite, où l’ancienne aristocratie européenne côtoie les jeunes fortunes du Nouveau Monde.

À gauche : « Tempête sur l’Atlantique » (1876) par John Singer Sargent – Myron Kunin Collection of American Art (Minneapolis)
« Jeune fille sur la plage, étude pour En route pour la pêche et La Pêche aux huîtres à Cancale » (1877) par John Singer Sargent – Terra Foundation for American Art (Chicago)
« Étude de paysanne capriote » (1879) par John Singer Sargent – Collection particulière
« Fumée d’ambre gris » (1880) par John Singer Sargent – Sterling and Francine Clark Art Institute (Williamstown)

Constamment en quête de nouvelles inspirations, Sargent dépeint peu la « vie parisienne », mais profite de son ancrage dans la capitale pour effectuer de nombreux voyages en Europe et en Afrique du Nord, dont il ramène de nombreux tableaux qui allient « exotisme » à la mode mais aussi un sens du mystère et de la sensualité propre à l’artiste.

« La Dame au Gant » (1869) par Charles Émile Auguste Durant dit Carolus-Duran – Musée d’Orsay
« Dr. Samuel Jean Pozzi at home » (1881) par John Singer Sargent – The Armand Hammer Collection (Los Angeles)

C’est dans le domaine du portrait que Sargent s’impose bientôt comme l’artiste le plus talentueux de son temps, surpassant ses maîtres et égalant les grands artistes du passé. Sa formidable habileté technique et l’assurance provocante de ses modèles fascinent le public et les critiques.

« Madame X (madame Pierre Gautreau) » (vers 1883-1884) par John Singer Sargent – The Metropolitan Museum of Art (New York)

En 1884, le portrait en « femme fatale » de l’américaine Virginie Gautreau, figure importante de la vie mondaine parisienne et « professional beauty », suscite des réactions majoritairement hostiles au Salon, attaquant notamment la moralité du modèle. Une section particulière de l’exposition est dédiée à ce moment crucial de la carrière de Sargent et à ce véritable chef-d’œuvre que l’artiste considèrera à la fin de sa vie comme « la meilleure chose qu’il ait jamais faite ».

« Portraits d’enfants », dit aussi « Les Filles d’Edward Darley Boit » (1882) par John Singer Sargent – Museum of Fine Arts (Boston)

Commissariat de l’exposition

Caroline Corbeau-Parsons, Conservatrice arts graphiques et peintures, musée d’Orsay
Paul Perrin, Directeur des collections et de la conservation, musée d’Orsay
En collaboration avec Stephanie Herdrich, Alice Pratt Brown Curator of American Paintings and Drawings, Metropolitan Museum of Art

« Jeune Capriote sur un toit » (1878) par John Singer Sargent – Crystal Bridges Museum of American Art (Bentonville)

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Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée d’Orsay.

« Dans les oliviers, à Capri » (1878) par John Singer Sargent – Collection particulière

L’exposition a été présentée sous le titre « Sargent & Paris » au Metropolitan Museum of Art à New York du 27 avril au 3 août 2025.

« La Carmencita » (vers 1890) par John Singer Sargent – Musée d’Orsay

Exposition « John Singer Sargent. Éblouir Paris »
23 septembre 25 – 11 janvier 2026
Musée d’Orsay
Esplanade Valéry Giscard d’Estaing
75007 Paris

Détail de « La Carmencita » (vers 1890) par John Singer Sargent – Musée d’Orsay

[Visite privée] Exposition « Etre sculptrice à Paris » au musée Camille Claudel

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Exposition « Etre sculptrice à Paris au temps de Camille Claudel »
13 septembre 2025 – 4 janvier 2026
Musée Camille Claudel (Nogent-sur-Seine)

Elles étaient sculptrices à Paris tout comme Camille Claudel. Elles ont réussi – pour certaines d’entre elles – à tracer leur chemin dans un univers artistique et une société essentiellement masculins.
L’exposition réunit les créations de plusieurs artistes de tout premier plan : Marie Cazin, Madeleine Jouvray, Jessie Lipscomb, Agnès de Frumerie, Jane Poupelet et bien d’autres. Françaises ou étrangères, souvent filles ou épouses d’artistes, elles ont été les camarades d’atelier, les amies, ou parfois les rivales de Camille Claudel. Certaines l’ont précédée, d’autres lui ont succédé.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Pauline Fleury, adjointe de la conservatrice et co-commissaire de l’exposition du musée Camille Claudel.

À gauche : « La Source » (1891) par Laure Coutan-Montorgueil (1855-1915) – Musée du Berry (Bourges)
« L’Étude » ou « L’École » et « La Charité » ou « La Crèche »(1893) par Marie Cazin (1844-1924) – Musée des Beaux-arts de Tours

Les stéréotypes liés à la prétendue faiblesse féminine et l’image virile associée à la sculpture ont longtemps été considérés incompatibles. L’exclusion des femmes de l’enseignement artistique, notamment à l’École nationale des Beaux-Arts, ainsi que les contraintes économiques de la sculpture traditionnelle (coût du bronze ou du marbre, recours à des ouvriers) constituaient autant d’obstacles à leur entrée dans cette discipline.

Au centre : Double buste, Carolina Benedicks-Bruce et William Blair Bruce (1897) par Carolina Benedicks-Bruce (1856-1935) – Själsö, Konstnärshemmet Brucebo (Suède)

La première section de l’exposition s’attache à celles qui, malgré tout, parviennent à poursuivre leur vocation et à s’imposer sur la scène parisienne, selon des parcours et des stratégies variés. Leurs œuvres sont reçues au Salon et saluées par la critique.

« Portrait de Marie Cazin » (1868-1870) par Jean-Charles Cazin (1841-1901) – Musée des Beaux-Arts de Tours

Marie Cazin (1844-1924), Charlotte Besnard (1854-1931) ou encore Jeanne Itasse (1855-1941) ont ainsi évolué à l’abri de la renommée d’un époux ou d’un père artiste. D’autres, comme Laure Coutan-Montorgueil (1855-1915), issue d’une famille d’artisans, et Marguerite Syamour (1857-1945), élevée dans un milieu intellectuel progressiste, ont connu les difficultés liées à la pratique de la sculpture sans subir d’opposition de leur entourage.

« La Primevère » (1899) par Alfons Mucha (1860-1939) – Bibliothèque Forney (Paris)
« Blanche Moria dans son atelier » (entre 1904 et 1908) par Blanche Polonceau (1843-1914) – Musée d’Art et d’Archéologie de Guéret

Un cas particulièrement remarquable est celui de Blanche Moria (1859-1926), qui, bien que née dans une famille de commerçants, est reconnue comme « artiste-statuaire » à son décès. Toutes appartiennent à cette génération de « travailleuses obscures », selon les mots de la peintre Louise Catherine Breslau (1856-1927), qui acceptent « les privations les plus dures pour pouvoir vivre leur rêve d’art ».

Exposition « Etre sculptrice à Paris au temps de Camille Claudel » au musée Camille Claudel (Nogent-sur-Seine)

La deuxième partie de l’exposition s’ouvre sur une période de compagnonnage artistique entre Camille Claudel et ses contemporaines.

Louise Claudel (vers 1886) par Camille Claudel (1864-1943) – Musée Camille Claudel

En septembre 1880, Claudel s’installe à Paris avec sa famille, d’abord au 135 boulevard du Montparnasse, puis, en 1881, au 111 rue Notre-Dame-des-Champs. Tout près de leur appartement, au 10 rue de la Grande Chaumière, se trouve l’Académie Colarossi, une alternative moderne à l’enseignement traditionnel de l’École nationale des Beaux-Arts. À la fois école privée et atelier libre, l’Académie est réputée pour son enseignement mixte et ses cours de sculpture d’après modèle.

« Sigrid af Forselles » par Ida Fielitz (1847-après 1913) – Loviisa Town Museum (Finlande)

Claudel y étudie aux côtés d’autres jeunes artistes femmes, françaises et étrangères : Madeleine Jouvray (1862-1935), Jessie Lipscomb (1861-1952), Sigrid af Forselles (1860-1935) ou encore Carolina Benedicks-Bruce (1856-1935).

Auguste Rodin (vers 1884-1885) par Camille Claudel (1864-1943) – Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

La troisième séquence de l’exposition aborde les relations des femmes sculpteurs avec Auguste Rodin, entre transmission, influence et désir d’émancipation.

Au centre : « Douleur d’âme » ou « L’Esclave » (1888-1889) par Madeleine Jouvray (1862-1935) – Musée Baron Martin
« La Danaïde (grand modèle) » (1885) par Auguste Rodin (1840-1917) – Musée Rodin (Paris)

À l’automne 1882, lorsque Rodin remplace Alfred Boucher, parti pour Florence, afin de superviser l’atelier de Claudel rue Notre-Dame-des-Champs, il découvre un groupe de jeunes femmes déterminées à se faire reconnaître comme professionnelles et rivalisant pour attirer son attention. Grâce à la commande de « La Porte de l’Enfer », Rodin a installé deux ans plus tôt un grand atelier au Dépôt des marbres, qu’il organise comme une entreprise collaborative. Autour de 1884, Claudel rejoint cet atelier comme élève.

Au premier plan : « Colin Maillard » (1909) par Yvonne Serruys (1873-1953) – Collection particulière

Après leur rupture en 1893, Camille Claudel cherche à tout prix à se libérer de l’influence du maître. Dans une lettre à son frère, elle déclare, triomphante : « Tu vois que ce n’est plus du tout du Rodin. » L’atelier devient un espace isolé où Claudel s’inspire uniquement de ses expériences personnelles.

Au centre : « Imploration » (1928) par Jane Poupelet (1874-1932) – Collection particulière

Commissariat de l’exposition

Anne Rivière, historienne de l’art
Pauline Fleury, adjointe à la conservatrice du musée Camille Claudel

« Giganti » (vers 1885) par Jessie Lipscomb (1861-1952) – Collection particulière

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Consultez le site Internet du musée Camille Claudel.

Camille Claudel par Jessie Lipscomb (1861-1952) – Bronze (vers 1883-1886) – Collection particulière

Exposition « Etre sculptrice à Paris au temps de Camille Claudel »
13 septembre 2025 – 4 janvier 2026
Musée Camille Claudel
10 Rue Gustave Flaubert
10400 Nogent-sur-Seine

Prochaines étapes de l’exposition :
– du 31 janvier au 1er juin 2026 au musée des Beaux-Arts de Tours
– du 27 juin au 8 novembre 2026 au musée de Pont-Aven

Musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine

[Visite privée] Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

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Exposition Georges de La Tour
11 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée Jacquemart-André (Paris)

Le musée Jacquemart-André propose la première rétrospective consacrée à Georges de La Tour en France depuis l’exposition du Grand Palais en 1997. Par l’épure formelle de ses compositions et leur intensité spirituelle, Georges de La Tour a su créer un langage pictural d’une grande puissance émotionnelle qui parle encore aux spectateurs du XXIe siècle.
Bien que seulement une quarantaine d’œuvres authentiques du peintre soient connues aujourd’hui, de nombreuses copies attestent de la célébrité de ses tableaux et de l’importance de son atelier.

Suivez Pierre Curie, conservateur général du patrimoine au musée Jacquemart-André, spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle.

Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

Né à Vic-sur-Seille, dans le duché indépendant de Lorraine, Georges de La Tour mena une brillante carrière, travaillant pour de prestigieux mécènes et collectionneurs, comme les ducs de Lorraine, le cardinal Richelieu et en tant que peintre ordinaire du roi Louis XIII.

« Job raillé par sa femme » par Georges de La Tour – Musée départemental d’art ancien et contemporain d’Épinal

Dans le contexte violent de la guerre de Trente Ans, sa maison et son atelier à Lunéville furent détruits en 1638, et Georges de La Tour choisit de se rapprocher de Paris et du pouvoir. Il offrit notamment au roi Louis XIII un tableau nocturne représentant Saint Sébastien (aujourd’hui perdu), que le souverain aurait tant apprécié qu’il fit retirer tous les autres tableaux de sa chambre pour ne conserver que celui-ci.

« Le Femme à la puce » (vers 1632-35) par Georges de La Tour – Palais des ducs de Lorraine – Musées lorrains (Nancy)
« Concert nocturne (Le fils prodigue) » (vers 1618-1620) par Jean Le Clerc (1586-1633) – Bayerische Staatsgemäldesammlungen München – Alte Pinakothek, Staatsgalerie im Neuen Schloss
« Les Mangeurs de pois » (vers 1620) par Georges de La Tour – Gemäldegalerie, Staatliche Museen zu Berlin
« Saint Jérôme pénitent » dit « Saint Jérôme à l’auréole » (vers 1630) par Georges de La Tour – musée de Grenoble
Détail du « Saint Jérôme pénitent » (vers 1630) par Georges de La Tour – Nationalmuseum (Stockholm)

Rassemblant une trentaine de toiles et d’œuvres graphiques prêtées par des collections publiques et privées françaises et étrangères, l’exposition adopte une approche thématique destinée à cerner l’originalité de Georges de La Tour. Le parcours explore ses sujets de prédilection — scènes de genre, figures de saints pénitents, effets de lumière artificielle — tout en replaçant sa vie et son œuvre dans le contexte plus large du caravagisme européen.

« Saint Pierre repentant » (?) – Dessin à la pierre noire, reprise à la sanguine postérieure, attribué à Georges de La Tour – Beaux-Arts de Paris
« Le Nouveau-Né » (vers 1645) par Georges de La Tour – Musée des beaux-arts de Rennes
« La Madeleine pénitente » (vers 1635-1640,) par Georges de La Tour – National Gallery of Art (Washington)

Malgré la gloire et le succès connus de son vivant, Georges de La Tour tomba dans l’oubli après son décès en 1652. Il faut attendre les années 1910 et l’entre-deux-guerres pour que son œuvre soit redécouverte par les historiens de l’art, lui permettant près de trois siècles après sa mort de retrouver la place qui lui revient parmi les plus grands peintres français du XVIIe siècle.

Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André
À gauche : « Le Reniement de saint Pierre » (1650) par Georges de La Tour – Musée d’arts de Nantes
À droite : « La Fillette au brasero » (années 1640) par Georges de La Tour – Louvre Abu Dhabi

Commissariat de l’exposition

Dr. Gail Feigenbaum est spécialiste de l’art italien et français du début de l’époque moderne
Pierre Curie, conservateur général du patrimoine, spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle

« Le Souffleur à la pipe » (1646) par Georges de La Tour – Tokyo Fuji Art Museum

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Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée Jacquemart-André.

Détail de « Saint Jérôme lisant » (vers 1648-1650) par l’Atelier de Georges de La Tour – Palais des ducs de Lorraine – Musée Lorrain, Nancy, dépôt du Musée du Louvre

Exposition Georges de La Tour
11 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Musée Jacquemart-André
158 Bd Haussmann
75008 Paris

Exposition Georges de La Tour au musée Jacquemart-André

[Visite privée] Exposition Albert Maignan au musée de Picardie

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Exposition « Albert Maignan, un virtuose à la Belle Époque »
28 juin 2025 – 4 janvier 2026
Musée de Picardie (Amiens)

Le musée de Picardie propose une grande rétrospective consacrée à Albert Maignan, peintre prolifique du Paris 1900, entre décors monumentaux, peinture d’histoire et œuvres intimes issues de son fonds d’atelier légué au musée.
395 œuvres sont présentées dont 270 sorties de réserve, 66 restaurées pour l’occasion et 75 dessins.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Pierre Stépanoff, directeur des musées d’Amiens et de la Maison Jules Verne.

Albert Maignan par Victor Ségoffin (1867-1925)

Parallèlement à ses études de droit, le jeune Maignan fréquente à Paris l’atelier des paysagistes Jules Noël et Eugène Isabey de 1865 à 1869, puis l’atelier d’Évariste Luminais à partir de cette dernière date. Cette formation alternative à l’école des Beaux-Arts révèle les hésitations initiales de sa voie artistique.

« L’homme et la femme abandonnés de Dieu » (1884) par Albert Maignan – Musée de Picardie (Amiens)

C’est dans le domaine de la peinture d’histoire que Maignan rencontre ses premiers succès lors du Salon de 1874. Les années suivantes voient l’exécution d’une succession de tableaux de grands formats, aux sujets historiques, religieux ou littéraires. Passionné d’archéologie, le peintre montre un intérêt tout particulier pour l’étude des objets et des costumes qui se veulent les plus fidèles aux découvertes les plus récentes.

« Départ de la flotte normande pour la conquête de l’Angleterre ; Dives, 1066 » (1874) par Albert Maignan – Musée d’Orsay
« Guillaume le conquérant » (1885) par Albert Maignan – Musée de Picardie (Amiens)

À la suite du meurtrier incendie du Bazar de la Charité (1897), Albert Maignan est sollicité pour réaliser le décor de l’église édifiée sur le site du drame. Pour cette commande singulière, le peintre choisit de représenter la Vierge conduisant dans le ciel les âmes des femmes décédées lors de l’incendie. Il donne également des cartons pour les vitraux de cette église.

« La Vierge conduisant au ciel les victimes de la Charité » (vers 1898-1899) par Albert Maignan – Musée de Picardie (Amiens)
« La Journée finie » (1903) par Albert Maignan – Musée des Beaux-Arts d’Angers

L’art de Maignan se nourrit d’une étude attentive et continue des beautés de la nature. Deux lieux ont particulièrement été favorables à ses recherches : le jardin de sa propriété de Saint-Prix, près de Paris, et l’aquarium de Naples qu’il découvre lors d’un séjour en Italie en 1890.

« Étude de fond marin aux anémones » (avant 1880) par Albert Maignan – Musée de Picardie (Amiens)
« La Naissance de la perle » (esquisse ou réplique) (vers 1890) par Albert Maignan – Musée de Picardie (Amiens)

Commissariat de l’exposition

Commissaire scientifique
Véronique Alemany, conservatrice générale honoraire du patrimoine.
Commissaire général
Pierre Stépanoff, conservateur du patrimoine, directeur des musées d’Amiens.

En savoir +

Consultez le site Internet du musée de Picardie.

Exposition « Albert Maignan, un virtuose à la Belle Époque »
28 juin 2025 – 4 janvier 2026
Musée de Picardie
2 Rue Puvis de Chavannes
80000 Amiens

L’exposition sera présentée en seconde étape au Musée de Tessé (Le Mans) du 11 avril au 27 septembre 2026.