« L’homme de Vitruve » (vers 1490) par Léonard de Vinci, prêt de la Gallerie dell’Accademia di Venezia, est présent dans l’exposition « Léonard de Vinci ».
« Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.
Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.
La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.
Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.
Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu’à l’aisselle, un huitième.
La main complète est un dixième de l’homme. La naissance du membre viril est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.
La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. » – Vitruve dans « De l’architecture »
Exposition « Léonard de Vinci »
24 octobre 2019 – 24 février 2020
Musée du Louvre
En cette semaine de « Museum Week », mes déboires sur le réseau social Twitter se poursuivent. Mon compte a été (provisoirement ?) désactivé…
En attendant de pouvoir de nouveau gazouiller avec l’oiseau bleu, vous pouvez toujours me suivre sur mon Blog, sur ma page Facebook, sur Instagram et sur YouTube.
Pour fêter les 30 ans de la pyramide de Ieoh Ming Pei 贝聿铭, inaugurée le 29 mars 1989, le musée du Louvre invite une nouvelle fois l’artiste JR.
Trois ans après avoir fait disparaître derrière un collage le monument, JR propose cette fois un effet saisissant qui semble faire sortir de terre la pyramide.
The images, like life, are ephemeral. Once pasted, the art piece lives on its own. The sun dries the light glue and with every step, people tear pieces of the fragile paper. The process is all about participation of volunteers, visitors, and souvenir catchers. pic.twitter.com/vNArYszXxo
Le collage des bandes de papier a mobilisé 400 bénévoles pendant plusieurs jours, révélant au matin du 30 mars une impressionnante anamorphose dans la cour Napoléon.
L’œuvre éphémère est visible jusqu’au dimanche 31 mars au soir.
Photographies par @scribeaccroupi (sauf celle avec mention de copyright @JRArt).
Exposition « Oudry, peintre de courre. Les chasses royales de Louis XV »
13 octobre 2024 – 27 janvier 2025 Château de Fontainebleau
Formé dans l’atelier du célèbre peintre Nicolas de Largillière, Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) devient non seulement le portraitiste des chiens du roi mais aussi le véritable « peintre de courre » de Louis XV, grâce à la commande de neuf cartons illustrant les différents épisodes des chasses auxquelles s’adonne le Roi à Compiègne, Fontainebleau et Saint-Germain-en-Laye.
Quatre cartons ont fait l’objet d’une restauration fondamentale afin d’assurer leur préservation et de redécouvrir la palette et la touche d’Oudry.
Pour cette visite privée exceptionnelle de plus de 70 minutes, vous êtes accompagnés par Vincent Cochet, conservateur en chef du patrimoine, et Thomas Morel, conservateur du patrimoine au château de Fontainebleau.
L’exposition illustre le goût pour les scènes de chasse dans la peinture et le décor intérieur des demeures royales et aristocratiques du XVIIIe siècle, ainsi que l’Oudrymania, c’est-à-dire la diffusion des créations de l’artiste dans divers domaines des arts décoratifs, tels que les illustrations de beaux livres, la porcelaine et l’orfèvrerie.
Jeune artiste formé dans l’atelier du célèbre peintre Nicolas de Largillière, Jean-Baptiste Oudry devient non seulement le portraitiste des chiens du roi mais aussi le véritable « peintre de courre » de Louis XV, grâce à la commande de neuf cartons illustrant les différents épisodes des chasses auxquelles s’adonne le Roi à Compiègne, Fontainebleau et Saint-Germain-en- Laye.
Entre 1733 et 1746, Jean-Baptiste Oudry réalise ces œuvres monumentales, les cartons destinés à servir de modèle au tissage des tapisseries des Chasses royales par la manufacture des Gobelins.
Cette commande exceptionnelle fait de Jean-Baptiste Oudry une référence inégalée dans la peinture animalière du XVIIIe siècle et le chantre du règne de Louis XV dont la chasse fut la plus dévorante des passions du souverain.
Des neuf cartons préparatoires à la tenture des Chasses royales, huit sont aujourd’hui insérés dans les lambris de l’appartement dit des Chasses, dont ils composent le décor spectaculaire. Cet appartement princier est exceptionnellement ouvert au public dans le cadre de l’exposition.
Grâce au concours du centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), quatre cartons de Jean-Baptiste Oudry ont fait l’objet d’une campagne d’analyses scientifiques ainsi que d’une restauration fondamentale et ambitieuse afin d’assurer leur préservation et de redécouvrir la palette et la touche d’Oudry. Après trois ans de restauration, la splendeur des peintures est aujourd’hui révélée.
Une nouvelle campagne d’appel aux dons, lancée durant l’exposition, permettra d’assurer la restauration des quatre derniers cartons de la série des chasses royales de Louis XV.
Commissariat de l’exposition
Commissariat général Muriel Barbier, directrice du patrimoine et des collections du château de Fontainebleau Commissariat Oriane Beaufils, directrice des collections de la Villa Ephrussi de Rothschild Vincent Cochet, conservateur en chef au château de Fontainebleau
Fondée en 1139, l’ancienne abbaye Saint-Léger accueille le musée d’art et d’histoire de la Ville de Soissons. Le nouveau parcours de visite est structuré en deux périodes chronologiques (1200-1800 et 1800-1945) et aborde des thèmes liés aux grands mythes et récits historiques, au quotidien mis en peinture, au monde animalier et au paysage. Il accorde aussi une place plus centrale aux artistes originaires du territoire.
Pour cette découverte du musée, vous êtes accompagnés par Christophe Brouard, directeur des musées de Soissons, et Manon Jambut, adjointe au directeur.
« Tu ne peux t’imaginer la beauté de la vallée de Soissons quand on monte la côte vers Coucy, je l’ai montée à reculons tant c’était beau. » – Lettre de Victor Hugo à sa fille Adèle, août 1835
La célèbre « Tête de femme noire » de Jean-Antoine Houdon révèle une grande attention à l’expression du modèle que seule une étude attentive a pu inspirer. Ce naturalisme caractéristique de l’œuvre d’Houdon nous plonge dans l’intimité de l’atelier, lieu d’échanges et de projections à part entière.
L’ensemble de bustes donné en 1889 au musée de Soissons par le sculpteur Amédée Doublemard permet de comprendre la manière dont il travaille dans son atelier. Les plâtres présentent des traces de mise-aux-points permettant à l’artiste de réaliser une version en marbre de ses compositions.
À partir de la redécouverte des théories d’Aristote sur l’ »imitation » au cours du XVIe siècle, la copie fidèle d’après nature revêt une finalité plus symbolique et devient l’apanage des artistes les plus virtuoses. Les peintres dits « animaliers », formés dans les ateliers anversois comme Peeter Boel, auteur d’une étonnante « Assemblée d’animaux dans un paysage (dépôt du musée du Louvre) excellent dans ce registre.
De manière plus générale, le nouveau parcours de visite du musée accorde une place plus centrale aux artistes originaires du territoire et aux œuvres issues du Soissonnais mais aussi aux thèmes et enjeux qui caractérisent cette région. À leur articulation se trouvent plusieurs œuvres évoquant l’apport de l’Ecole de dessin de Soissons à la formation des artistes locaux et des collections muséales.
Exposition « Caillebotte. Peindre les hommes »
8 octobre 2024 – 19 janvier 2025
Musée d’Orsay (Paris)
L’exposition prend pour sujet la prédilection de Gustave Caillebotte (1848-1894) pour les figures masculines et les portraits d’hommes, et interroge la modernité si radicale des chefs-d’œuvre de l’artiste au prisme du nouveau regard que l’histoire de l’art porte sur les masculinités du XIXe siècle.
Pour cette visite privée exceptionnelle, vous êtes accompagnés par Paul Perrin, conservateur et directeur de la conservation et des collections au musée d’Orsay.
Bâtie autour de « Jeune homme à sa fenêtre » et « Partie de bateau », ainsi que du chef-d’œuvre « Rue de Paris ; temps de pluie », prêté par l’Art Institute of Chicago, l’exposition compte environ 144 œuvres. Elle réunit les plus importants tableaux de figures de Caillebotte mais aussi un important ensemble d’études peintes et de dessins préparatoires pour ses compositions les plus célèbres, comme « Raboteurs de parquets » ou « Le Pont de l’Europe » (Genève, musée du Petit Palais).
Caillebotte n’observe et ne peint que ses contemporains les plus immédiatement proches de lui : ses frères, ses amis, les passants dans les rue de Paris au bas de chez lui, des ouvriers ou domestiques travaillant pour sa famille, les hommes avec qui il canote sur l’Yerres où navigue sur la Seine.
L’audace de son art, avec ses cadrages immersifs et « photographiques » inédits et son goût des puissants contrastes de lumière et de couleurs, réside aussi dans la façon dont il a fait entrer de nouvelles figures dans l’histoire de la peinture, comme celles de l’ouvrier urbain, du sportif ou encore de l’homme nu à sa toilette.
Dans un monde en mutation, où le « triomphe de la virilité » (selon l’expression de l’historien Alain Corbin) commence doucement à se fissurer, ces figures nouvelles participent alors pleinement à la redéfinition d’un nouvel idéal masculin viril et moderne. Idéal qui est aussi celui de l’artiste, qui semble aussi bien s’identifier à ces hommes que les admirer.
La plupart des modèles que Caillebotte fait poser dans son appartement sont de jeunes hommes non mariés et sans enfant comme lui, rentiers, fonctionnaires ou artistes. Certains sont saisis dans des attitudes contemplatives, regardant la ville à distance depuis les balcons, d’autres, installés plus ou moins confortablement dans des sofas et fauteuils, nous jettent des regards où se lit une certaine gravité ou plus simplement l’ennui.
À travers les sections de l’exposition se dessine, en creux, un portrait de Caillebotte aux multiples facettes (le bourgeois, le peintre impressionniste, le collectionneur et l’amateur, le célibataire, le sportif etc.), mais qui garde encore une part de son mystère.
Commissariat de l’exposition
Musée d’Orsay Paul Perrin, conservateur en chef et directeur de la conservation et des collections, musée d’Orsay ; avec la collaboration de Fanny Matz, chargée d’études documentaires au musée d’Orsay, Paris.
8 octobre 2024 – 19 janvier 2025
J. Paul Getty Museum Scott Allan, curator of Paintings, The J. Paul Getty Museum.
25 février – 25 mai 2025
Art Institute of Chicago Gloria Groom, Curator of Painting and Sculpture of Europe and chair and David and Mary Winton Green, The Art Institute of Chicago ; avec la collaboration de Megan True, curatorial assistant, Department of Painting and Sculpture of Europe, The Art Institute of Chicago.
29 juin – 5 octobre 2025
Présentée dans l’appartement de Catherine de Médicis au château d’Écouen, l’exposition met en lumière la symbolique et les transformations de la figure équestre au cours de la Renaissance. Elle réunit plus de 160 œuvres provenant d’institutions étrangères et françaises : la collection du roi d’Angleterre, le musée du Louvre, la Bibliothèque nationale de France, le musée national du château de Pau, les Archives nationales, le musée de l’Armée, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, le musée Carnavalet…
Dans la culture occidentale, la figure du cavalier incarne l’ambition du pouvoir. Durant la Renaissance, les grands personnages de la cour de France ont particulièrement recours à ce thème et les artistes à leur service œuvrent à créer des mises en scènes inédites.
Issue de la tradition médiévale, le portrait à cheval sur le champ de bataille ou en tournoi reste intrinsèquement lié à la chevalerie. L’image équestre est profondément associée au pouvoir noble, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.
Sous le règne de Charles VIII, les nouvelles images équestres montrent un personnage sur un cheval majestueux et au pas, à rebours de la fougue chevaleresque, ou bien sur un char. Le portrait réaliste se mêle avec des allégories ou avec le souvenir des empereurs romains du passé. Les grandes fêtes et les entrées royales, où la parade à cheval joue un grand rôle, participent aussi au renouvellement de la mise en scène équestre en peinture et en sculpture.
Commissariat de l’exposition
Guillaume Fonkenell, conservateur en chef du patrimoine au musée national de la Renaissance au château d’Ecouen
Geoffroy Dumonstier est un peintre, cartonnier, enlumineur et graveur rouennais du XVIe siècle , représentant de la première école de Fontainebleau dans la lignée de Rosso Fiorentino. L’exposition réunit des manuscrits enluminés, dessins, gravures, sculptures et vitrail, conservés en France, en Grande-Bretagne, en Belgique, aux Pays-Bas et aux États-Unis, éclairant d’un jour nouveau la carrière de l’artiste.
Visitez l’exposition avec Vincent Maroteaux, conservateur général du Patrimoine, directeur des Archives de la Seine-Maritime, Dominique Cordellier, conservateur général du Patrimoine honoraire, Musée du Louvre, département des Arts graphiques et Caroline Vrand, conservatrice du Patrimoine, Musée du Louvre, département des Arts graphiques.
Dans le catalogue publié à l’occasion de l’exposition, Caroline Vrand écrit que tous les historiens de l’art ont souligné la dette stylistique de Dumonstier envers les principaux acteurs du chantier de Fontainebleau, au premier rang desquels Rosso et Primatice. L’historien de l’art et collectionneur Pierre Jean Mariette (1694-1774) qualifia Geoffroy Dumonstier de « parfait imitateur de la manière austère et sauvage » de Rosso Fiorentino.
Exposition « Extravagante Renaissance. Geoffroy Dumonstier, de Rouen à Fontainebleau »
1er octobre 2024 – 4 janvier 2025 Archives départementales de la Seine-Maritime
42 Rue Henri II Plantagenêt
76100 Rouen
[Web-série] Mobilier national
Épisode 3 : La réserve des cartons peints
Avec un fonds constitué de plus de 2.000 œuvres, la collection des cartons peints du Mobilier national est l’un des trésors de l’institution. Entrecroisant valeurs artistique, patrimoniale et documentaire, les cartons peints témoignent de l’histoire matérielle de l’art de la tapisserie et des manufactures depuis le XVIIe siècle et jusqu’à nos jours.
Dans cet épisode introduit par Nicolas Bousser, directeur du web-magazine Coupe-File Art, Clara Terreaux, conservateur du patrimoine, inspectrice des collections du Mobilier national, est interviewée par Margot Lecocq, historienne de l’art et rédactrice pour le web-magazine Coupe-File Art. Clarisse Delmas, responsable des ateliers de restauration de peintures du C2RMF, présente les enjeux de la restauration d’un carton de Francesco Casanova. Stéphanie Martin et Christian Châtellier, restaurateurs de peintures, partagent leurs premiers constats après la redécouverte d’un impressionnant carton de Noël Coypel.
Les cartons peints du Mobilier national
Le fonds comprend des œuvres prestigieuses à grandeur d’exécution, ainsi que de petites maquettes et des modèles pour tapisseries d’ameublement. La moitié de ces cartons est montée sur châssis, l’autre moitié étant simplement roulée.
Conservation préventive
Cette collection de cartons peints, malmenée lors du bombardement de la manufacture de Beauvais en juin 1940, était restée très méconnue.
Depuis plusieurs années, elle fait l’objet d’un minutieux travail de conservation préventive.
Une magnifique découverte
En octobre 2024, les équipes du Mobilier national ont redécouvert un impressionnant carton de tapisserie représentant « Le Triomphe de la Foi ». Il s’agit du dernier carton – qui était jusqu’alors manquant – de la suite des « Triomphes des dieux » dont les modèles ont été donnés par Noël Coypel (1628-1707).
Cathédrale de Chartres
Cloître Notre-Dame
28000 Chartres
Depuis le 21 septembre 2024 et après plus de 20 ans de fermeture, le trésor de la cathédrale Notre-Dame de Chartres est de nouveau visible. Près de 150 objets sont présentés dans la chapelle haute, la salle capitulaire et les deux tourelles de l’édifice daté du XIVe siècle.
Ce trésor s’est constitué autour de la relique du voile de la Vierge, lequel a fait l’objet de l’un des plus grands pèlerinages de l’Occident médiéval.
Pour découvrir ces objets rares, vous êtes accompagnés par Fabienne Audebrand, conservateur des antiquités et objets d’art d’Eure-et-Loir et Irène Jourd’heuil, conservateur en chef du patrimoine, conservateur des monuments historiques à la DRAC Centre-Val de Loire, Christine Diacon, directrice régionale des affaires culturelles de Centre-Val-de-Loire, et le vicaire Jean-Eude Coulomb.
Cette double renaissance tant du trésor que de son écrin a nécessité près de sept années de travaux conduits par la DRAC Centre-Val de Loire pour un investissement de l’État d’environ 6 millions d’euros. La nouvelle présentation du trésor de la cathédrale Notre-Dame de Chartres est à découvrir cette année dans le contexte des célébrations du Millénaire de la crypte de Fulbert (XIe siècle).
Situé au chevet de la cathédrale de Chartres (XIIIe siècle), la chapelle Saint-Piat est un joyau d’architecture du XIVe siècle. Ses verrières ont été restaurées. Au niveau inférieur, les baies de la salle capitulaire ont été dotées réalisées par l’artiste coréenne Bang Hai Ja (1937-2022) associée à l’atelier Glasmalerei Peters de Paderborn.
Le trésor de Notre-Dame de Chartres est une collection qui s’est enrichie au fil des siècles par des dons, des saisies, mais qui a aussi fait l’objet de destructions, en particulier à la Révolution. Aujourd’hui, c’est une collection constituée du trésor historique, mais surtout d’enrichissements postérieurs, avec de nombreux dépôts notamment de communautés religieuses ou encore du musée du Louvre, ainsi que des acquisitions.
Seul élément conservé de l’autel des Onze Mille Vierges, fondé en 1259, dans le transept nord et profondément remanié par le chanoine Jean Favereau autour de 1542-1543, ce retable (photo ci-dessus) représente la Naissance de la Vierge entre saint Jean l’Évangéliste et saint Jean Baptiste. Si l’auteur du retable reste anonyme, il a conservé la polychromie commandée en 1543 au peintre Étienne Le Tonnelier.
Destinée à conserver les grains d’encens, la navette à encens de Miles d’Illiers (détail ci-dessus) est constituée d’une coquille de nautile polie ceinte dans une monture d’orfèvrerie en forme de nef munie de ses châteaux d’avant et arrière et d’une tête de dragon en guise de proue. Probablement d’origine civile, elle a été offerte en 1540 par Miles d’Illiers, alors évêque de Luçon et doyen du chapitre de Chartres.
Le voile que la Vierge aurait, selon la tradition, porté lors de l’Annonciation ou à la Nativité du Christ, est l’une des plus précieuses reliques de Notre-Dame de Chartres. Offerte à la cathédrale en 876 par Charles le Chauve, elle fut conservée, à partir du Xe siècle, dans un précieux reliquaire connu par des inventaires et une gravure exécutée en 1697 par Nicolas de Larmessin. Jusqu’au XVIIIe siècle, la relique était désignée comme la Sancta Camisia ce qui a conduit à la considérer comme une chemise, devenue l’emblème du chapitre de la cathédrale au XVIe siècle. Depuis les années 2000, la relique est exposée de façon permanente dans une chapelle du déambulatoire.
Pétris de culture classique, les artistes au service de Napoléon Ier empruntent à la Rome antique figures de victoire et défilés triomphaux. Le service particulier de l’Empereur revendique, sur une assiette peinte, « L’Enlèvement des chevaux de Saint-Marc à Venise », et affiche seize figures de porcelaine qui résument la moisson artistique perpétrée à travers l’Europe. Le général Grouvel possède des pièces d’argenterie fabriquées à Mexico et glanées en Espagne. Dans les salles du musée Napoléon Ier, victoires et trophées semblent marcher de pair.
En écho à l’édition 2024 du Festival de l’histoire de l’art, organisé par l’INHA, dont le pays invité était le Mexique et la thématique axée sur le sport, Christophe Beyeler, conservateur général du patrimoine, chargé du musée Napoléon Ier, vous propose un parcours inédit dans cette nouvelle web-série en 5 épisodes.
Épisode 1 : La victoire et la paix grâce au héros moderne
Héros victorieux, Premier Consul, « Empereur et Roi »
Épisode 2 : Mobilier et vaisselle d’apparat chargés de symboles
Un mobilier raffiné d’origine privée : les dépouilles de la générale Moreau
Un mobilier conçu et livré pour un palais de l’Etat
Le Grand Vermeil : orfèvrerie d’apparat offerte par Paris au monarque
Épisode 3 : Trophées artistiques
Les œuvres d’art exposées au « musée Napoléon »
Les fruits de la conquête concentrés sur la table impériale
Épisode 4 : Trophées d’armes
Au gré des campagnes : Allemagne et Pologne en 1806 et 1807, Autriche en 1809
Un cadeau diplomatique dépecé : le surtout offert par Charles IV d’Espagne en 1808
Les trophées du général Grouvel en Espagne, 1810-1813
Egaler Frédéric II de Prusse, le grand capitaine des temps modernes
Épisode 5 : Dépouilles et butin de l’ultime bataille, Waterloo 18 juin 1815
Les dépouilles de la Grande Armée prélevées sur le champ de bataille
Les dépouilles du stratège vaincu, pillées dans sa voiture et partagées entre les vainqueurs
Exposition « Aix au Grand Siècle »
15 juin 2024 – 5 janvier 2025
Musée du Vieil-Aix (Aix-en-Provence)
Le Musée du Vieil Aix est situé dans l’hôtel Estienne de Saint-Jean, un hôtel particulier construit au XVIIe siècle à Aix-en-Provence. L’exposition, présentée jusqu’au 5 janvier 2025, met en lumière la richesse et la variété des expressions artistiques et culturelles du XVIIe siècle. Une centaine d’œuvres, rarement ou jamais montrées, est ainsi présentée tout au long du parcours.
Cette exposition permet de prolonger l’exposition « Jean Daret (1614-1668), peintre du roi en Provence » du musée Granet et contribue à en élargir et enrichir le propos.
Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Milène Cuvillier, conservatrice du patrimoine, responsable du musée du Vieil-Aix.
Capitale du comté de Provence, la ville d’Aix accueillait de nombreux hôtes prestigieux tels que Louis XIII, Christine de Suède, ou encore Louis XIV. Ces visites étaient régulièrement marquées par de grandes festivités et des créations artistiques éphémères, qu’il est possible de découvrir dans l’exposition à travers des gravures et documents d’archives.
Dans cette exposition, le musée du Vieil Aix présente les tableaux de figures méconnues de la peinture française avec « La Nativité » d’André Boisson et le « Portrait de Paul Hurault de l’Hospital » de Louis Finson, récemment restaurés.
Une rare tenture de cuir provençale issue de la collection de la fondatrice du musée, Marie d’Estienne de Saint-Jean, est également présentée pour la première fois depuis sa restauration.
Des partitions, des portraits et des instruments permettent de mettre en avant les créations et figures les plus marquantes de la musique du XVIIe siècle.
« Le 28 juillet 1830. La Liberté guidant le peuple » (1830)
Eugène Delacroix (1798-1863) Musée du Louvre
La restauration de « La Liberté guidant le peuple » s’inscrit dans la campagne de restauration des grands formats de la salle Mollien, initiée par le musée du Louvre en 2019.
Les études préliminaires ont été menées par le laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) en juin 2022. La restauration s’est ensuite déroulée de septembre 2023 à avril 2024 avec les restaurateurs, Bénédicte Trémolières et Laurence Mugniot pour la couche picturale, et pour le support Luc Hurter et Jean-Pascal Viala. Clarisse Delmas, a piloté pour le C2RMF le suivi de la restauration.
Début mai 2024, l’œuvre restaurée a retrouvé sa place dans la salle Mollien.
Pour le dernier épisode de cette web-série sur les Delacroix restaurés du musée du Louvre, retrouvez Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre, et Côme Fabre, conservateur du patrimoine en charge des peintures françaises du 19e siècle.
Ce tableau est certainement le plus célèbre de Delacroix. Il s’agit de l’une des représentations les plus connues de Marianne et de la Liberté en tant qu’allégorie de la République française.
En 1830, Delacroix a 32 ans. Il est très connu mais se trouve dans une impasse. En effet, depuis l’âge de 24 ans, il s’est taillé une solide notoriété de peintre d’histoire par une succession de coups d’éclat aux Salons, mais l’échec cuisant de « La Mort de Sardanapale » en 1828 a porté un coup d’arrêt à son ascension.
La révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830 – provoquée par la signature par Charles X des ordonnances destinées à suspendre la liberté de la presse, dissoudre la Chambre des députés et réduire le droit de vote – offre à Delacroix une opportunité inespérée de rebondir. Il a été le témoin direct de cette insurrection populaire et spontanée qui a réveillé la fierté patriotique des Français. Cela résonne tout particulièrement dans le cœur du peintre : le retour du drapeau tricolore, après quinze ans de censure, réactive le souvenir glorieux de son père ministre et ambassadeur de la République française, de ses frères officiers de la Grande armée napoléonienne.
« J’ai entrepris un sujet moderne, Une barricade… et si je n’ai pas vaincu pour la patrie au moins peindrai-je pour elle. » – Eugène Delacroix dans une lettre à son frère
Le peintre renoue avec une peinture très âpre qui traduit l’effort des corps et le sacrifice des vies, sans masquer les atrocités d’une guerre civile, le spectacle hideux des cadavres abandonnés plusieurs jours dans les rues.
Le tableau est à la fois une peinture d’histoire et une allégorie, agrémentée de scènes de genre, de portraits, de natures mortes et d’un paysage urbain. L’œuvre est terminée en à peine quatre mois.
« Scène des massacres de Scio. Familles grecques attendant la mort ou l’esclavage » (1824)
Eugène Delacroix (1798-1863) Musée du Louvre
Delacroix est âgé de 26 ans lorsqu’il peint ce tableau. La toile a marqué le public du Salon de 1824 et forcé la critique à prendre position dans ce que l’on appellera la « bataille romantique ».
Grâce à l’intervention du directeur des Musées royaux, le tableau a été acquis au prix considérable de 6.000 francs. Exposé au château de Versailles et au musée du Luxembourg avant de rejoindre les cimaises du Louvre en 1874, c’est l’un des rares chefs-d’œuvre de Delacroix qui a été visible du public sans interruption depuis sa création.
Côme Fabre, conservateur du patrimoine en charge des peintures françaises du 19e siècle du musée du Louvre, présente le tableau et les enjeux de sa restauration.
Désireux de secouer le joug de l’Empire ottoman, des rebelles grecs ont tenté de soulever le Péloponnèse et les îles de la mer Égée. Mais la répression exigée par le sultan s’exprime avec une violence inédite au printemps 1822 sur l’île de Chios appelée « Scio » par les Vénitiens qui l’ont longtemps contrôlée. Afin de punir les habitants et terrifier le reste du pays, l’armée turque procède au massacre de la population civile, réduisant les survivants en esclavage. L’île aurait alors perdu les deux tiers de sa population.
L’émotion en Europe est considérable. La France, l’Angleterre et la Russie soutiennent les Grecs ; les États comme les artistes s’engagent. Eugène Delacroix se joint au mouvement et y voit, dès mai 1823, un motif pour faire ses preuves comme peintre d’histoire contemporaine.
Comme à son habitude, Delacroix n’a pas la patience d’étudier séparément chaque personnage par un dessin précis, reporté ensuite sur la toile. Il peint directement d’après des modèles posant nus dans son atelier.
Dans son recueil de poèmes « Les Orientales », Victor Hugo raconte les affrontements.
« En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet !
Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait,
Ils relèvent leur tête infâme.
Ecrasez, ô croyants du prophète divin,
Ces chancelants soldats qui s’enivrent de vin,
Ces hommes qui n’ont qu’une femme !
Meure la race franque et ses rois détestés !
Spahis, timariots, allez, courez, jetez
A travers les sombres mêlées
Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor,
Vos tranchants étriers, larges triangles d’or,
Vos cavales échevelées !
Qu’Othman, fils d’Ortogrul, vive en chacun de vous.
Que l’un ait son regard et l’autre son courroux.
Allez, allez, ô capitaines !
Et nous te reprendrons, ville aux dômes d’azur,
Molle Setiniah, qu’en leur langage impur
Les barbares nomment Athènes ! »
– Victor Hugo dans « Les Orientales » (« VI. Cri de guerre du Mufti »)
« La Mort de Sardanapale » (1827)
Eugène Delacroix (1798-1863) Musée du Louvre
Présenté au Salon de 1827, le tableau de « La Mort de Sardanapale » provoque un scandale. Son achat est refusé par l’État et Delacroix conserve l’œuvre dans son atelier jusqu’à son acquisition au milieu des années 1840 par le collectionneur britannique Daniel Wilson. Restée en mains privées durant près d’un siècle, la toile est finalement acquise par le Louvre en 1921.
Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre, et Côme Fabre, conservateur du patrimoine en charge des peintures françaises du 19e siècle, présentent le tableau et les enjeux de sa restauration.
« Les révoltés l’assiégèrent dans son palais… Couché sur un lit superbe, au sommet d’un immense bûcher, Sardanapale donne l’ordre à ses eunuques et aux officiers du palais, d’égorger ses femmes, ses pages, jusqu’à ses chevaux et ses chiens favoris ; aucun des objets qui avaient servi à ses plaisirs ne devait lui survivre… Aïscheh, femme bactrienne, ne voulut pas souffrir qu’un esclave lui donnât la mort, et se pendit elle-même aux colonnes qui supportaient la voûte… Baleah, échanson de Sardanapale, mit enfin le feu au bûcher et s’y précipita lui-même. » – Extrait du second supplément au livret du Salon de 1827-1828
Dans ce tableau, Delacroix évoque le dénouement de la pièce « Sardanapale » de Lord Byron (1788-1824), poète et dramaturge britannique. Assiégé dans son palais par ses ennemis, Sardanapale se donne la mort ; mais Delacroix imagine qu’il sacrifie avec lui, par le feu, ce qui lui appartient et sert ses plaisirs : femmes, pages, chevaux, chiens et trésors.
« La Mort de Sardanapale se situe en dehors de toutes les conventions de l’époque, notamment par une négligence assumée des règles de perspective. En outre, Delacroix, s’est servi du sujet de l’œuvre comme d’un prétexte pour pouvoir peindre tout ce qu’il affectionnait : les corps, leur carnation, les textiles, l’orfèvrerie, les animaux, les surfaces. Tout ceci est rendu plus lisible grâce à la restauration dont l’œuvre a fait l’objet. Désormais, en regardant le tableau, on comprend mieux le scandale qu’il a suscité lors de sa première présentation au public. Nous en avions bien sûr des traces archivistiques, mais les raisons de ce rejet étaient devenues difficiles à percevoir. » – Sébastien Allard
La restauration de « La Mort de Sardanapale » a été assurée par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et Cinzia Pasquali de l’atelier Arcanes d’octobre 2022 à juillet 2023.
« La couleur n’est rien si elle n’est pas convenable au sujet et si elle n’augmente pas l’effet du tableau par l’imagination. » – Eugène Delacroix dans son « Journal »
« La Mort de Sardanapale » est à découvrir ou redécouvrir dans la salle Mollien (salle 700), au premier étage de l’aile Denon du musée du Louvre.
Dans cette web-série en quatre épisodes d’une vingtaine de minutes, nous découvrons les tableaux d’Eugène Delacroix (1798-1863) du musée du Louvre qui viennent de retrouver tout leur éclat.
« Femmes d’Alger dans leur appartement », « Les Scènes des Massacres de Scio », « La Mort de Sardanapale » et « La Liberté guidant le Peuple de Delacroix » ont été restaurés dans l’atelier du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).
Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre, et Côme Fabre, conservateur du patrimoine en charge des peintures françaises du 19e siècle, expliquent les enjeux de ces restaurations et présentent le résultat – spectaculaire – de chacune d’entre elles.
Delacroix s’est servi du sujet de cette œuvre comme d’un prétexte pour pouvoir peindre tout ce qu’il affectionnait : les corps, leur carnation, les textiles, l’orfèvrerie, les animaux, les surfaces.
Le coloris éclatant, l’absence de centre de la composition, la hardiesse du dessin et l’ambiguïté assumée de la représentation témoignent d’une audace inédite dans la peinture de cette époque.
Épisode 4 : « La Liberté guidant le Peuple de Delacroix »
Icône française devenue symbole universel de l’idée qu’elle incarne, « La Liberté guidant le peuple » est probablement le tableau le plus célèbre du Louvre après « La Joconde ».
Tous ces chefs-d’œuvre sont à découvrir ou redécouvrir dans la salle Mollien (salle 700), au premier étage de l’aile Denon du musée du Louvre.
« Femmes d’Alger dans leur appartement » (1834)
Eugène Delacroix (1798-1863) Musée du Louvre
Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre, et Côme Fabre, conservateur du patrimoine en charge des peintures françaises du 19e siècle, présentent ce chef-d’œuvre de Delacroix et les enjeux de sa restauration.
« Dans les Femmes d’Alger, le peintre ne veut exprimer aucune passion, mais simplement la vie paisible et contemplative dans un intérieur somptueux : il n’y aura donc pas de dominante, pas de couleur clef. Toutes les teintes chaudes et gaies s’équilibreront avec leurs complémentaires froides et tendres en une symphonie décorative, d’où se dégage à merveille l’impression d’un harem calme et délicieux. » – Paul Signac dans « D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme » (1911)
Peint par Eugène Delacroix (1798-1863) au retour de son voyage en Afrique du Nord, le tableau « Femmes d’Alger dans leur appartement » a été acquis par l’État dès sa création en 1834. Il est entré au musée du Louvre en 1874.
Si la couche picturale du tableau était restée en bon état, de nombreuses couches de vernis qui le recouvraient s’étaient oxydées. Cet écran épais provoquait un jaunissement, un assombrissement et un aplanissement optique de la composition : les blancs, pourtant très variés, étaient ramenés à la même teinte ocre, l’opacité des vernis réduisait l’illusion de profondeur de l’espace, tandis qu’on distinguait avec peine les objets évoqués à l’arrière-plan.
On perdait de vue la virtuosité coloriste qui avait fait du tableau un modèle pour la génération des peintres impressionnistes et néo-impressionnistes. Fantin-Latour l’a copié, Auguste Renoir l’a imité, Paul Signac l’a érigé en leçon « d’application de la méthode scientifique » du contraste simultané des couleurs.
La majeure partie des vernis altérés a donc été retirée ; l’aspect de certaines gerçures de matière a été atténué. Un nouveau vernis naturel a achevé de rendre la saturation et le contraste des couleurs.
La restauration des « Femmes d’Alger dans leur appartement » a été effectuée par Bénédicte Trémolières et Luc Hurter dans l’atelier du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) à Paris, d’avril à octobre 2021.
Les « Femmes d’Alger dans leur appartement » sont à découvrir ou redécouvrir dans la salle Mollien (salle 700), au premier étage de l’aile Denon du musée du Louvre.