Exposition « Regards sur les cadres »
27 juin — 5 novembre 2018
Musée du Louvre, département des Peintures

Le Louvre présente, pour la première fois, une sélection de cadres vides, offrant ainsi l’occasion de découvrir des chefs-d’œuvre méconnus conservés dans les réserves du musée. Qu’il ait été choisi par le peintre lui-même, par un collectionneur ou par un conservateur, le cadre protège et délimite la peinture, la met en valeur et contribue aussi à en modifier la perception.

Le cadre exige manifestement une proportion extrêmement fine de présence et d’effacement, d’énergie et de retenue si, dans la sphère du visible, il doit servir d’intermédiaire entre l’œuvre d’art et son milieu, que tout à la fois il relie et sépare. » – Georg Simmel (1858-1918) dans « Le Cadre, un essai esthétique »

La collection de cadres conservée par le département des Peintures du Louvre est composée d’un fond d’anciens cadres historiques, désaffectés au fil des ré-encadrements, auquel s’ajoutent des cadres vides acquis par le musée.

Cadre de style Louis XV en bois sculpté, dorures à la détrempe

Style Louis XIV

Le cadre ci-dessus, postérieur à la peinture, a été commandé pour elle après son entrée en 1665 dans les collections de Louis XIV. Son décor, avec têtes de dauphins, nasses de pêche et cornes d’abondance, est en accord avec le sujet du tableau d’Annibal Carrache (1560-1609).

Style Régence

Ce cadre a probablement été fabriqué vers 1720, alors que le tableau de Ludovic Carrache (1555-1619) n’avait pas encore été acquis par Louis XV. La profusion et la finesse de ses ornements en font un des chefs-d’œuvre de la collection du Louvre.

Cadre « a cassetta »

A partie du 16e siècle, la production de cadres connaît un grand essor en Italie. Le cadre de gauche sur la photo ci-dessus peut être rattaché à la production vénitienne avec son décor de canaux, de fleurs stylisées et de grosses perles.

Les photos suivantes montrent des détails d’un autre cadre « a cassetta » tout à fait exceptionnel avec quatre têtes sculptées en haut relief. La qualité d’exécution des ornements font penser qu’il s’agit d’une commande très importante… mais la peinture à laquelle il était destiné reste à identifier.

Cadre des Pays-Bas

Ces « Pêcheurs près d’une chaumière », une huile sur cuivre de Peter Gysels (1621-1690), sont entourés d’un cadre noir dans la tradition des écoles de Peintures du Nord. Le décor d’ondes sculptées fait écho à l’atmosphère aquatique de la scène.

Cadre britannique

Dessiné par Jon Martin, qui a également réalisé la toile, ce cadre d’origine borde toujours la peinture pour laquelle il fut fabriqué. Les démons et les serpents sculptés en haut relief font écho aux créatures qui peuplent « Le Pandemonium », palais abritant les démons dans le livre « Le Paradis perdu » de John Milton paru en 1667.

Alors, sans s’arrêter, les yeux emplis de l’or des cadres, ils suivirent l’enfilade des petits salons, regardant passer les images, trop nombreuses pour être bien vues » – Émile Zola dans « L’Assommoir »

Le département des Peintures mène actuellement un programme d’étude et d’inventaire de sa collection qui compte environ 9 000 cadres anciens.

Pour en savoir +

Article de « Libération » avec les propos de Charlotte Chastel-Rousseau, commissaire l’exposition

Exposition « Regards sur les cadres »
27 juin — 5 novembre 2018
Musée du Louvre
Département des Peintures – salles 902 à 904

Commentez cet article

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.