Exposition « Claude Lorrain. Dessins et eaux-fortes »
2 mars – 19 mai 2024
Cabinet d’arts graphiques
Château de Chantilly
Célèbre pour les paysages nimbés d’une lumière dorée qu’il peint principalement à Rome, Claude Gellée (vers 1600-1682) – dit le Lorrain, ou simplement Claude – est tout au long de sa carrière un dessinateur aussi acharné que prolifique. Si la campagne romaine, ses vallées et ses arbres ou les scènes bucoliques sont ses premiers motifs d’élection, il se tourne ensuite vers d’ambitieux sujets mythologiques, religieux ou historiques. Malgré l’aspect fini et léché de certaines de ses feuilles, Claude ne dessine en premier lieu que pour lui-même : presque aucun de ses dessins ne quitte son atelier de son vivant.
Pour cette visite privée de l’exposition, vous êtes accompagnés par Baptiste Roelly, conservateur du patrimoine au musée Condé du château de Chantilly.
L’essentiel des dessins de Claude étant aujourd’hui conservé en Angleterre, le musée Condé détient – avec ses douze feuilles – le plus important ensemble de France après
le musée du Louvre. Cette collection est exposée pour la première fois avec les eaux-fortes de Claude dont le duc d’Aumale fit également l’acquisition.
Les dessins de Claude saisissent la luminosité propre aux différentes heures du jour, le scintillement du feuillage des arbres, les masses dressées à contre-jour ou la dilution du paysage dans l’horizon. Si des lavis d’encre rapidement appliqués au pinceau ou des traits griffonnés à la plume sont les principaux instruments de sa pratique en plein air, il lui arrive aussi de reprendre ses feuilles en atelier pour leur conférer une note plus finie.
Si sa carrière longue de plus de cinquante ans se déroule presque intégralement à Rome, il ne dessine qu’à de rares reprises la topographie urbaine de Rome et les deux feuilles du musée Condé sont à cet égard d’une importance capitale.
Après de premières expérimentations aussi maladroites qu’émouvantes à l’eau-forte, Claude se sert également de l’estampe pour immortaliser des festivités qui se déroulent dans la ville éternelle. Les feux d’artifice qu’il s’attelle à représenter le confrontent à un nouveau type de lumière, non naturelle cette fois.
Si les scènes portuaires, les bateaux qui peuplent celles-ci et les tempêtes en mer comptent parmi les premiers sujets traités par Claude, l’élément aquatique demeure présent dans son œuvre jusqu’au bout. Il sert parfois à confronter l’être humain à un déchaînement des éléments dont la puissance le dépasse et le sidère.
Claude utilise volontiers des papiers à fonds teintés pour faire émerger une atmosphère onirique de ses dessins et ne se sert pas des rehauts de gouache blanche que pour distribuer les ombres et les lumières, mais aussi pour représenter l’effet vaporeux d’une brume légère, de la rosée sur la végétation ou de nuages gorgés de pluie.
Les paysages de Claude sont toujours le lieu d’une action plus ou moins dramatique, plus ou moins discrète. Qu’il s’agisse d’animaux, d’humains ou de dieux, les protagonistes de ses œuvres évoluent dans un environnement qui reflète leurs préoccupations.
En renouant perpétuellement avec ses propres compositions, Claude dialogue avec lui-même et explore toujours plus profondément le potentiel illimité que la nature offre à l’artiste paysagiste. Signe de cette quête exigeante, les études d’après nature qui composent son répertoire dessiné ne sont elles-mêmes jamais reprises à l’identique dans ses peintures, mais presque toujours transformées.
À la mort de Claude, son fonds d’atelier est dispersé et de nombreux collectionneurs achètent les dessins que l’artiste gardait jusqu’alors pour lui. Les collectionneurs anglais développent un goût particulier pour lui et l’essentiel de son œuvre est aujourd’hui conservé outre-Manche. Durant ses années d’exil à Twickenham, dans la banlieue de Londres, le duc d’Aumale contracte à son tour cette passion.
Sources pour cet article :
– texte : dossier de presse de l’exposition
– photographies : @scribeaccroupi
Commissariat de l’exposition
Baptiste Roelly, conservateur du patrimoine au musée Condé
En savoir +
Consultez la page spéciale sur le site Internet du château de Chantilly.