Exposition « À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui »
27 novembre 2021 – 7 mai 2022
Musée des Beaux-Arts de Lyon

L’exposition « À la mort, à la vie ! » réunit des œuvres qui rappellent que toute vie humaine a une fin, mais aussi combien celle-ci est belle et précieuse.

Première diffusion de la visite : samedi 5 février à 11h sur cette page

Avec des danses macabres, des natures mortes mais aussi des bouquets de fleurs, Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en chef du Patrimoine, en charge des peintures et sculptures anciennes au musée des Beaux-Arts de Lyon, nous invite à un voyage depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.

Près de 160 estampes, gravures, dessins, peintures, sculptures et installations, issus des collections du musée des Beaux-Arts, du musée d’art contemporain de Lyon et d’une collection particulière lyonnaise, sont exposés.
Des œuvres emblématiques du musée des Beaux-Arts, telles que les « Vanités » de Simon Renard de Saint-André et de Pablo Picasso, y côtoient des œuvres moins connues, pour certaines sorties pour la première fois des réserves.

« La Mort appuyée sur une bêche » (après 1543) par un artiste anonyme d’après André Vésale – Musée des Beaux-Arts de Lyon

« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. » – Ecclésiaste 1,2

Dans l’art européen, la notion de « vanité » apparaît au Moyen Âge, à travers les danses macabres et les triomphes de la Mort. Au XVIe siècle, des gravures d’emblèmes prennent pour sujet des squelettes personnifiant la Mort qui s’adonnent à des activités humaines. Le développement du savoir anatomique participe à l’essor de ces images en fournissant des modèles pour ces squelettes.

« Femme âgée avec un livre dans un intérieur » (vers 1620-1630) par Hendrick Gerritsz. Pot – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Certaines œuvres faisant allusion au passage d’un âge de la vie à un autre proposent de s’interroger sur l’emploi que l’on peut faire de son existence. C’est le cas, par exemple, du tableau de Cornelis Schaeck, qui s’offre de prime abord comme la simple représentation d’un « Intérieur de savetier ».

« Intérieur de savetier » (XVIIe siècle) par Cornelis Jacobsz. Schaeck – Musée des Beaux-Arts de Lyon

D’autres œuvres invitent à se détacher des vains plaisirs pour méditer sur le sens de l’existence et à vivre en conformité avec des principes devant mener au salut de l’âme, dans une perspective chrétienne.

« Jeune Homme lisant, inspiré de José de Ribera » (1845) par Charles Jacque (1813-1894) – Musée des Beaux-Arts de Lyon
« Jeune Homme tenant un crâne » (vers 1519) par Lucas de Leyde (1489-1533) – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Pour dénoncer la vanité et la fugacité de la jeunesse, de la beauté et de l’amour, des artistes ont associé la mort aussi bien à un enfant, à une jeune fille, à un jeune homme ou à un jeune couple.

« La Mort apparaissant à un jeune couple » (1639) par Rembrandt Harmensz. Van Rijn – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Le motif combinant la mort et un enfant apparait pour la première fois en Italie, au 16e siècle, au revers d’une médaille de Giovanni Boldù. Le début et la fin de l’existence ont été, par la suite, souvent rapprochés, afin d’exprimer de la manière la plus frappante qui soit la brièveté de la vie. Dans la célèbre gravure de Rembrandt présentée dans l’exposition, la Mort rappelle l’inexorable passage du temps à un couple d’amants.

« Les Mangeurs de Ricotta » (vers 1580) par Vincenzo Campi – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Avec « Les Mangeurs de ricotta », le peintre Vincenzo Campi se serait représenté en Démocrite, le philosophe antique qui préférait rire de la vanité des hommes plutôt que d’en pleurer.

« Saint Bruno en prière » (vers 1700) par Bon Boullogne (1649-1717) – Musée des Beaux-Arts de Lyon

À partir du XVIe siècle, la représentation de saint Jérôme dans le désert est invariablement associée à la présence des instruments de sa méditation et de sa repentance, à savoir un crâne, des livres et un crucifix.

Détail de « Nature morte » (1642) par Willem Claesz. Heda – Dépôt du musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Certains peintres représentent des tables quittées par de riches convives à l’issue d’un repas. Le caractère transitoire de l’existence y est signifié par l’instabilité de la composition, nappes, assiettes et couteaux semblant prêts à glisser à terre.

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

Détail de « Fleur des Champs » (1845) par Louis Janmot (1814-1892) – Musée des Beaux-Arts de Lyon

En savoir +

Consultez la page spéciale sur le site Internet du musée.

Exposition « À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui »
27 novembre 2021 – 7 mai 2022
Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 place des Terreaux
69001 Lyon

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