[Exposition] « L’art en broderie au Moyen Âge » au Musée de Cluny

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Exposition « L’art en broderie au Moyen Âge »
24 octobre 2019 – 20 janvier 2020
Musée de Cluny (Paris)

La broderie à fils de soie, d’or et d’argent est l’un des arts les plus précieux du Moyen Âge. Le Musée de Cluny met aujourd’hui en lumière cet art à partir de sa propre collection de broderies du 12e au 16e siècle, avec d’autres chefs d’œuvre issus de grandes collections internationales.

« Tenture de la vie seigneuriale » (vers 1500) – Tapisserie à fils de soie et de laine – Musée de Cluny

« Les brodeurs, comme les tapissiers, étaient souvent des artistes ; pour pinceau ils avaient leur aiguille. » – Léon de Laborde, historien du 19e siècle

Antependium dit « de Malines » – Aire mosane ou germanique (début du 14e siècle) – Musée de Cluny

Ange sur un fragment de vêtement liturgique ou d’antependium (vers 1210-1230) – Musée de Cluny

À la ville ou à la cour, les brodeurs se servent des patrons exécutés par les peintres pour réaliser les ornements, armoiries et devises décorant les bannières, harnachements, tentures ou pour décorer les vêtements liturgiques et ornements d’autel.

Chasuble : « Scènes de la vie de la Vierge » (dernier quart du 14e siècle) – Musée de la Chartreuse de Douai

Détails d’un parement d’autel : « Couronnement de la Vierge, Adoration des Mages, Présentation au Temple, Saint Jean et Saint Paul » (vers 1320-1330) – Musée du Trésor de l’Hôtel-Dieu (Château-Thierry)

La broderie est un art du luxe qui emploie des matériaux précieux; c’est aussi le témoignage d’un rang social et un objet de commerce et d’échange.

Sandale liturgique dite de saint Malachie (12e-début du 13e siècle) – Cuir, applications de peau dorée cousue au fil de soie – Trésor de la cathédrale Saint-Étienne de Châlons-en-Champagne

L’exposition propose un tour d’horizon des principaux centres et aires de production de broderie, du monde germanique à l’Italie, en passant notamment par les Pays-Bas, l’Angleterre et la France. Elle aborde aussi les techniques et processus de fabrication.

Détail de l’octroi de Manassès et Ermengarde (13e siècle) – Musée de Cluny

En 1922, le musée de Cluny acquiert une chasuble dite « aux léopards » (photos ci-dessous). Le caractère religieux de la broderie qui orne ce vêtement liturgique fait débat. En effet, les dimensions des fragments montés sur la chasuble et la symétrie des motifs laissent penser à un caparaçon de cheval. De plus, les léopards sont les armes d’Angleterre. Tout porte donc à croire que la broderie a été réalisée pour le roi Edouard III d’Angleterre.

Fragments d’un caparaçon de cheval avec léopards héraldiques et figures courtoises – Angleterre (vers 1330-1340) – Musée de Cluny

Aux côtés des fils de laine et de soie, des fils d’or et d’argent sont employés pour les pièces les plus luxueuses.

Détail d’une parure d’aube : « Martyre de saint Étienne, Conversion de saint Paul, Martyres de saint Hyppolite, saint Barthélémy et saint Jacques » – Angleterre (vers 1340-1360) – Musée Mayer van den Bergh (Anvers)

Fragment d’aumônière : « Homme sauvage » (vers 1340-1350) – Musée de Cluny

Cycle de la vie de saint Martin : « Guérison miraculeuse au tombeau de saint Martin France » (vers 1440-1450) par Barthélémy d’Eyck (patron) et Pierre du Billant (broderie) – Musée de Cluny

Le panneau représentant « La guérison miraculeuse au tombeau de saint Martin » (ci-dessus), conservé au Musée de Cluny, dialogue avec celui du Musée des Tissus de Lyon (voir ci-dessous) provenant du même ensemble. Ces panneaux ont été réalisés par deux artistes travaillant pour le roi René d’Anjou : le peintre Barthélémy d’Eyck et le brodeur Pierre du Billant.

Cycle de la vie de saint Martin : « L’apaisement des flots » (vers 1440-1450) – Musée des Tissus de Lyon

La profession de brodeur, comme bien d’autres, est exercée aussi par les femmes. L’histoire nous transmet la trace de femmes artisans et même de veuves qui dirigent, après la mort de leur mari, l’atelier.

Sept figures d’applique : saint Jacques le Mineur, saint évêque, saint Étienne, sainte Barbe, saint diacre martyr (saint Vincent ?), sainte martyre (Agathe ou Apolline), saint Thomas (début du 16e siècle) – Musée des Tissus et des arts décoratifs (Lyon)

Sources :

« L’Ascension » (vers 1395-1400) par Mariotto di Nardo – Panneau de peuplier peint à la détrempe – Musée du Petit Palais (Avignon)

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

« La Vierge brodant » – France (Avignon ?), 1440-1450 – Enluminure sur parchemin – Bibliothèque nationale de France (Paris)

En savoir +

Sur le site Internet du Musée de Cluny

Réouverture du Musée de Cluny

Le 14 juillet 2018, le musée a ouvert un nouvel accueil et un parcours de visite restreint, autour des thermes gallo-romains, des plus belles pièces de sa collection et des dernières acquisitions présentées à l’étage.
Cliquer sur l’image ci-dessous pour revoir le reportage que j’ai réalisé à cette occasion.

Exposition « L’art en broderie au Moyen Âge »
24 octobre 2019 – 20 janvier 2020
Musée de Cluny (Paris)
28 rue du Sommerard
75005 Paris

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