Ce reportage sera disponible samedi 11 avril à partir de 19h sur cette page.
Exposition « Henri Rousseau, l’ambition de la peinture »
25 mars – 20 juillet 2026
Musée de l’Orangerie (Paris)
L’exposition revient sur la carrière d’Henri Rousseau (1844-1910), sa pratique picturale et ses ambitions professionnelles. Organisée en collaboration avec la Fondation Barnes à Philadelphie, elle rassemble des prêts majeurs d’institutions internationales.
Paul Guillaume, dont la collection constitue le cœur du musée de l’Orangerie, a été l’intermédiaire d’Albert Barnes pour l’achat de ses dix-huit peintures de Rousseau. Il a lui-même été un fervent collectionneur de l’artiste, ayant possédé jusqu’à cinquante œuvres de la main du peintre.
Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Juliette Degennes, conservatrice du patrimoine, Musée de l’Orangerie.

« Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire, Ces vins qu’en ton honneur nous verse Picasso, Buvons-les donc, puisque c’est l’heure de les boire En criant tous en chœur « Vive ! Vive Rousseau ! » – Guillaume Apollinaire
Si Henri Rousseau a toujours revendiqué son statut de peintre, sa trajectoire artistique n’a rien de linéaire et sa réception non plus. Il cherche à s’imposer sur la scène artistique en citant des peintres officiels, tels Jean-Léon Gérôme ou Pierre Puvis de Chavannes, mais il est pourtant considéré par la plupart de ses contemporains comme un « naïf ».
Le marchand parisien Paul Guillaume, à l’origine de la collection du musée de l’Orangerie, et le collectionneur américain Albert Barnes, figurent au premier rang de ceux qui se sont intéressés à l’artiste. Pour la première fois, grâce à une collaboration inédite, leurs œuvres dialoguent, aux côtés de toiles issues de prestigieuses collections privées et publiques internationales.

Les premières commandes de Rousseau émanent d’abord de son entourage et sont les reflets de son cercle social et artistique. Il conserve ses œuvres plus intimes hors du circuit marchand, mais les envoie au Salon pour démontrer ses talents.
Depuis son autoportrait manifeste, son procédé se systématise : les figures se découpent sur un fond paysager à valeur symbolique, où les détails sont autant d’indices sur l’identité du personnage.

Pour séduire une clientèle composée d’artisans, de commerçants et de petits bourgeois, Rousseau varie genres et formats et décline ses motifs les plus appréciés. Il peint sur de petites toiles, adaptées aux bourses et aux intérieurs modestes de ses amateurs.
Ces images populaires rencontrent leur public et lui permettent de survivre financièrement. Elles constituent le corpus le plus important de son œuvre, et le plus représenté dans la collection du marchand Paul Guillaume.



Tout au long de sa carrière, Rousseau cherche la reconnaissance institutionnelle. Sûr de lui, il se présente à trois reprises à des concours pour la décoration d’hôtels de ville mais il est évincé dès les premières étapes de la sélection.
Parallèlement, Rousseau s’emploie à des compositions ambitieuses. Il s’approprie les thématiques chères aux tenants de l’académisme : peinture d’histoire, genre allégorique ou portrait officiel. Envoyés au Salon des Indépendants, ces grands formats lui valent quelques articles de presse, qu’il consigne soigneusement et qu’il ne manque pas d’évoquer lorsqu’il sollicite le soutien de l’État.




Réunies pour la première fois, quatre toiles (« La Promenade dans la forêt », « Un soir de carnaval », « Rendez-vous dans la forêt » et « Femme se promenant dans une forêt exotique ») rendent compte de l’évolution de Rousseau. Inspirées par des gravures, ces figures vêtues des costumes d’une mode passée ou de ceux de la commedia dell’arte contrastent dans le décor, progressivement enveloppées par la végétation.




Rousseau développe ces scènes de rencontres inattendues parallèlement aux succès de ses jungles. Il comprend tout l’intérêt commercial de ce répertoire particulièrement apprécié des amateurs. Alors que ses contemporains le croient imprégné des souvenirs d’un voyage au Mexique durant son service militaire, Rousseau reconnaît en 1910 n’avoir en réalité jamais quitté la France. Rousseau s’inspire tout autant des illustrations de presse, tributaires de cette imagerie, que des croquis qu’il réalise dans les galeries du Muséum national d’Histoire naturelle et les serres du Jardin des Plantes, où il observe animaux naturalisés et plantes tropicales.


Réunies pour la première fois, les toiles « Mauvaise surprise », « La Charmeuse de serpents » et « La Bohémienne endormie » surprennent par leur originalité, leur variété et leur caractère unique dans l’œuvre de Rousseau. « Mauvaise surprise », acquise par l’artiste Gabrielle Buffet puis par le Dr Albert Barnes, est aujourd’hui un des fleurons de sa fondation. « La Charmeuse de serpents » intègre la prestigieuse collection de Jacques Doucet, aux côtés des « Demoiselles d’Avignon » de Picasso. « La Bohémienne endormie », quant à elle, se trouve aujourd’hui au Museum of Modern Art de New York.

Commissariat de l’exposition
– Christopher Green, professeur émérite au Courtauld Institute of Art, Londres
– Nancy Ireson, conservatrice consultante, Fondation Barnes
– Juliette Degennes, conservatrice du patrimoine, Musée de l’Orangerie

En savoir +
Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée de l’Orangerie.

Exposition « Henri Rousseau, l’ambition de la peinture »
25 mars – 20 juillet 2026
Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries
75001 Paris


