Ce reportage sera disponible mercredi 18 février à 19h sur cette page.
Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse »
29 novembre 2025 – 1er mars 2026
Musée des Beaux-Arts de Lyon
Le musée des Beaux-Arts de Lyon, en partenariat avec le Städel Museum de Francfort, présente une exposition consacrée aux représentations d’Étretat, prenant appui sur quatre œuvres majeures conservées dans les collections des deux institutions, toutes réalisées à Étretat : deux « Vagues » de Gustave Courbet et deux peintures de Claude Monet. Ces œuvres témoignent de l’importance de ce village de la côte normande dans l’élaboration de nouveaux langages picturaux au fil du XIXe siècle.
Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Stéphane Paccoud, conservateur en chef du patrimoine, chargé des peintures et des sculptures du XIXe siècle, au musée des Beaux-Arts de Lyon.

Étretat est longtemps demeuré inconnu des artistes. Ce modeste village de pêcheurs est difficile d’accès, faute de route carrossable aménagée, et les côtes normandes n’attirent de manière générale guère les peintres avant le XIXe siècle. La mer a suscité davantage de crainte que d’admiration, jusqu’à ce que l’influence cumulée du goût pour la science introduit par les Lumières et de la fascination pour la notion de sublime du romantisme naissant ne provoquent un basculement.

Si l’une des plus anciennes représentations d’Étretat remonte à la fin du XVIIIe siècle, il faut attendre les années 1820 pour que, peu à peu, les premiers artistes s’y installent. Le peintre de marines Eugène Isabey est réputé être pionnier parmi eux. Il est assez vite suivi de nombreux autres artistes, français ou étrangers, comme Johann Wilhelm Schirmer, Eugène Delacroix et Camille Corot.



À l’arrivée des premiers artistes, la pêche est la principale activité d’Étretat. L’absence d’un port oblige à échouer les bateaux sur la plage, au retour de leurs sorties en mer, à l’aide de cabestans, par de délicates manœuvres. Ces treuils deviennent des éléments incontournables des représentations d’Étretat, tout comme les caloges, bateaux hors d’usage recouverts d’un toit de chaume pour stocker le matériel de pêche.

Eugène Le Poittevin est le premier artiste à faire construire une villa pour s’implanter durablement sur place. Il côtoie les pêcheurs, dont il saisit la vie quotidienne dans des scènes de genre qu’il expose dans les Salons parisiens. Il est aussi le témoin des débuts du tourisme, avec l’apparition des bains de mer.



Le succès des « paysages de mer » que Gustave Courbet peint en Normandie dès 1865 conduit l’artiste à séjourner plusieurs semaines à Étretat à la fin de l’été 1869. La vogue croissante du site auprès du public et des amateurs d’art lui assure de pouvoir vendre facilement sa production, à une période où il connaît des difficultés financières.


« De temps en temps il allait appuyer son visage à la vitre et regardait la tempête. » – Guy de Maupassant à propos de sa rencontre avec Gustave Courbet

Alors que le procédé est encore récent, Étretat devient très tôt l’objet de prises de vues par les pionniers de la photographie sur papier, dès le début des années 1850. Les auteurs ne sont pas des professionnels, mais des aristocrates ou des bourgeois fortunés, en villégiature, passionnés par ce nouveau médium dont ils souhaitent explorer les potentialités.

Claude Monet est familier de la côte normande pour avoir passé son enfance au Havre. Il séjourne à Étretat dès les années 1860, alors qu’il n’est âgé que d’une vingtaine d’années, réalisant de premières études sur le motif. Durant l’hiver 1868-1869, il loue même une maison avec sa famille et travaille à des paysages amorçant les recherches qui aboutiront à l’impressionnisme. Sa réalisation la plus ambitieuse est toutefois une scène d’intérieur, « Le Déjeuner », qu’il souhaite présenter au Salon parisien et qui rompt avec les conventions par son format.


Pressé par son marchand Paul Durand-Ruel de lui fournir des œuvres et contraint par un besoin d’argent, Claude Monet décide en 1883 de se rendre à nouveau à Étretat. Il va renouveler ce séjour chaque année jusqu’en 1886, privilégiant plutôt l’automne ou l’hiver afin d’éviter la foule des estivants. Il crée un ensemble de près de quatre-vingts toiles, auxquelles s’ajoutent des pastels, qui explorent principalement le motif des falaises.



Les dernières années du siècle introduisent une grande variété de regards sur Étretat, qui viennent renouveler les approches plastiques. Félix Vallotton, qui séjourne dans le village pour son voyage de noces en 1899, concentre en revanche son regard sur les estivants et les baigneurs. Ses compositions aux couleurs éclatantes, préparées par des clichés photographiques sur le vif, traduisent avec humour la société de son temps.



Henri Matisse séjourne à deux reprises à Étretat durant l’été 1920, réalisant sur place plus de quarante peintures et de nombreux dessins aux sujets variés. À la mi-juin, le peintre accompagne tout d’abord sa fille Marguerite, convalescente à la suite d’une opération, afin qu’elle puisse prendre du repos.


Commissariat de l’exposition
– Alexander Eiling, responsable de la collection d’art moderne, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main
– Stéphane Paccoud, conservateur en chef, chargé des peintures et des sculptures du XIXe siècle, musée des Beaux-Arts de Lyon
– Isolde Pludermacher, conservatrice générale, peintures, musée d’Orsay
– Eva-Maria Höllerer, conservatrice, département d’art moderne, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main
– assistés de Nelly Janotka
Commissariat pour l’étape de Lyon
– Stéphane Paccoud
– Isolde Pludermacher

En savoir +
Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée des Beaux-Arts de Lyon.

Exposition « Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse »
29 novembre 2025 – 1er mars 2026
Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 Place des Terreaux
69001 Lyon


