[Visite privée] Exposition « Dessins du Seicento » au musée Condé

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Cette visite privée sera très prochainement disponible sur cette page.

Exposition « Dessins du Seicento. L’Italie du XVIIe siècle, autour des collections du musée Condé »
7 mars – 14 juin 2026
Cabinet d’arts graphiques Prince Amyn Aga Khan
Musée Condé – Château de Chantilly

L’exposition présente plus de cinquante oeuvres dont l’intégralité des dessins italiens du XVIIe siècle rassemblés à Chantilly par le duc d’Aumale. Ces dessins dialoguent avec des gravures où l’on retrouve Carrache, Guido Reni ou Jusepe de Ribera.
Plusieurs œuvres initialement attribuées à des artistes des écoles française ou flamande se sont avérées d’origine italienne, influencées par les étrangers séjournant dans la péninsule au XVIIe siècle. Van Dyck a fait place à Giovanni Benedetto Castiglione, Poussin à Giacinto Gimignani ou encore Le Lorrain à Filippo Napoletano.

Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Ulysse Jardat, conservateur du patrimoine au musée Condé.

« Deux femmes se précipitant au secours de la Vierge évanouie » par Federico Barocci – Pierre noire et craie blanche – Musée Condé (Chantilly)

Annoncer le baroque : Federico Barocci

Dans les immenses retables qu’il peint, Federico Barocci (1535-1612) simplifie les formules alambiquées de la Renaissance tardive. Depuis son atelier d’Urbino, celui qu’en France on nomme « le Baroche » exporte ses compositions dans le reste de l’Italie. Elles servent de modèles aux plus grands artistes européens de l’ère baroque, du flamand Rubens au français Jouvenet.

« Figures de femmes et draperies » par Federico Barocci – Étude pour la Madonna del Popolo Pierre noire, craie blanche et traces de sanguine – Fondation Custodia (Paris)

Survivances maniéristes entre Piémont et Lombardie

« Miracle de la messe de saint Grégoire en présence d’un donateur en orant » (vers 1600-1620) par Giovanni Battista Lampugnani (1612-1653) – Plume et encre brune, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)
« Trinité adorée par une femme agenouillée » par Giovanni Benedetto Castiglione (1609-1664) – Plume et encre brune, pierre noire et lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

Giovanni Benedetto Castiglione, dit le Grechetto (1609-1664) naît peu de temps avant la disparition de Barocci : prolixe peintre, dessinateur, graveur et imprimeur, il se forme dans une Gênes (Ligurie) alors poreuse aux influences flamandes, d’abord de Rubens puis surtout d’Antoine Van Dyck (1599-1641).

Autrefois attribué au maître flamand, le dessin du musée Condé (ci-dessus) est pourtant emblématique du style de Castiglione, également influencé par les artistes napolitains et romains qu’il a côtoyés au milieu du siècle.

« Groupe de figures regardant une femme tenant une inscription » (vers 1640-1650) par Giovanni Benedetto Castiglione (1609-1664) – Plume et encre brune, lavis brun – Musée du Louvre, département des arts graphiques

La révolution des Carracci

« Homme drapé » par Agostino Carracci – Plume et encre brune – Collection privée

Depuis leur académie fondée à Bologne en 1588, les trois Carracci (les frères Agostino et Annibale et leur cousin Ludovico) élaborèrent un langage basé sur l’immédiateté du sentiment et le naturel de la pose, qu’ils exportèrent ensuite à Rome. Ils avaient pour principe la pratique du dessin d’après le modèle vivant mêlée à une admiration pour les formules harmonieuses des grands maîtres de la première Renaissance.

« Marie de Portugal, duchesse de Parme et de Piacenza, recevant les lettres de créance d’un membre du clergé, possiblement Andrea Avellino » (vers 1598-1600) par Agostino Carracci (1557-1602) – Plume et encre brune – Musée Condé (Chantilly)

Agostino Carracci a commencé sa carrière en gravant d’après les maîtres. Les modèles de ses gravures – Michelangelo, Correggio, Orazio Sammachini, Denys Calvaert, Antonio Campi, Federico Barocci, Paolo Veronese et Jacopo Tintoretto – lui ont permis d’acquérir une culture très ample dont il fera profiter Ludovico et Annibale ainsi que les élèves de leur académie.

« Tonneliers  » par Annibale Carracci ou Domenico Zampieri, dit il Domenichino – Plume et encre brune – Musée Condé (Chantilly)

Le dessin à la plume ci-dessus est traditionnellement attribué à Annibale Carracci. Il donne à voir une scène d’apparence humble : des hommes s’affairent autour de tonneaux. L’œuvre est représentative des scènes de la vie courante croquées par Annibale et ses nombreux émules. Toutefois, derrière sa surface profane, le sujet semble faire référence à une parabole des évangiles synoptiques, dite « du vin neuf dans de vieilles outres ».

À l’école des Carracci : Domenichino

« La Fuite en Égypte » par Domenico Zampieri, dit il Domenichino – Traces de stylet, pierre noire, plume et encre brune, lavis brun, rehauts de gouache blanche – Musée Condé (Chantilly)

C’est en s’inspirant de son maître Annibale et de sa célèbre « Fuite en Égypte » peinte au milieu d’une nature vaste considérée comme le prototype du paysage classique, que Domenichino médite la même scène dans un dessin parfois considéré comme un carton (modèle dessiné au report), conservé au musée Condé.

Dans les palais de Rome, entre paysages et marines

Projet pour un fragment de frise par Giovanni Francesco Grimaldi, dit il Bolognese – Plume et encre brune, lavis brun sur une esquisse à la pierre noire – Fondation Custodia (Paris)

C’est également dans le sillage des Carracci que Giovanni Francesco Grimaldi, dit il Bolognese (du nom de sa ville natale), fait une spécialité de la représentation de paysages aux feuillages foisonnants, qui ne sont pas sans rappeler également l’école vénitienne de la Renaissance. Il en recouvre de nombreux intérieurs d’églises ou de palais, mêlant aux décors couvrants exécutés en collaboration avec des quadraturistes (spécialistes de la représentation d’architectures illusionnistes) une végétation luxuriante.

Détail de « Paysage au pêcheur » attribué à Gaspard Dughet – Plume et encre brune – Musée Condé (Chantilly)

Longtemps considéré comme un croquis exécuté dans l’entourage des Carracci, le « Paysage au pêcheur » (détail ci-dessus) est en réalité l’œuvre de Gaspard Dughet. D’un trait de plume fugace et tourmenté, ce Romain d’adoption y livre ses premières pensées pour une salle du palais Colonna à Rome.

« Étude de la quille et de la mature d’un navire vu en contre-plongée » (vers 1620) par Filippo Napoletano (1589-1629) – Plume et encre brune, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

Batailles : l’affirmation d’un genre autonome

« Cavalier attaqué par un pertuisanier » (vers 1650) par un artiste du cercle de Jacques Courtois, dit le Bourguignon (1621-1676) – Plume et encre brune, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

Au XVIIe siècle, les représentations de mêlées guerrières s’affirmèrent comme un genre à part entière. L’archétype en était la vaste « Bataille entre les Romains et les Véiens » réalisée par le Cavalier d’Arpin au palais des Conservateurs à Rome. À travers l’Italie, ces visions de tumulte se nourrissaient également de la permanence des bas-reliefs antiques figurant sur les sarcophages, arcs de triomphe ou fragments dispersés.

Poccetti ou le récit des cloîtres

« Le miracle de l’Annonciation des Servites » par Bernardino Barbatelli, dit il Poccetti – Plume et encre brune, lavis brun, sanguine, rehauts de blanc – Musée Condé (Chantilly)

À Florence et dans les villes toscanes environnantes, Bernardino Barbatelli dit il Poccetti investit intérieurs d’églises et cloîtres par des cycles de fresques narrant différents épisodes hagiographiques. Il travaille notamment pour l’ordre monastique des Servites, dont il orne d’abord le cloître de Pistoia puis celui de Florence, préparant chaque lunette par des compositions d’ensemble et des études isolées de chaque personnage, qui révèlent une attention à la complexité des poses et à la justesse des expressions.

« Les Sept fondateurs de l’ordre des Servites se retirent villa Camarzio » (1601-1602) par Bernardino Barbatelli (1548-1612) – Plume et encre brune, lavis, sanguine, rehauts de blanc à la gouache – Collection particulière

Guercino

« Le Christ au roseau » (fin des années 1630) par Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino – Plume et encre brune, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

Peintre prolifique, Giovanni Francesco Barbieri, dit le Guerchin (1591-1666) mettait la pratique du dessin au centre de sa méthode de réflexion pour l’élaboration de ses compositions. Il est ainsi fréquent de conserver plusieurs dizaines de feuilles qui documentent les tâtonnements progressifs précédant la réalisation d’une fresque, d’un retable ou même d’une peinture de chevalet.

« La Charité » par Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino – Plume et encre brune, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

Alessandro Tiarini

Détail du « Martyre de sainte Thècle » (vers 1630) par Alessandro Tiarini (1577-1668) – Plume et encre brune, lavis gris, lavis brun, pierre noire, rehauts de blanc – Musée du Louvre

Le cavalier d’Alpin : représenter le martyr

Giovanni Baglionbe et les fresques du dernier maniérisme

« Présentation de la Vierge au temple » par Giovanni Baglione – Plume et encre brune, lavis – Musée Condé (Chantilly)

Le musée Condé conserve l’une des plus belles feuilles (ci-dessus) de Giovanni Baglione, artiste demeuré célèbre pour le récit biographique qu’il a laissé de nombre de ses contemporains peintres, sculpteurs et architectes romains. Il a en outre récemment été mis en lumière par son conflit ouvert avec Caravage, contre lequel il intenta de retentissants procès. Baglione fut pourtant un peintre reconnu de son temps et un dessinateur tôt recherché parmi les collectionneurs.

Giacinto Gimignani, entre Poussin et Bernini

« Le Temps découvre la Vérité » (vers 1668) par Giacinto Gimignani (1606-1681) – Plume et encre brune, lavis brun, sanguine – Musée Condé (Chantilly)

Ribera et l’exploration du supplice

« Homme nu attaché à un arbre, la tête en bas » par Giuseppe de Ribera, dit Lo Spagnoletto – Plume et encre noire, lavis brun – Musée Condé (Chantilly)

D’origine espagnole, Giuseppe de Ribera fut également tôt marqué par Caravage, dont il diffusa dans le royaume de Naples le vibrant réalisme en clair-obscur. Il fut également un fascinant graveur et dessinateur, dont le musée Condé conserve l’une des rares feuilles au sein des collections françaises. Sa pratique graphique quotidienne lui permit d’explorer avec une grande liberté d’imagination des scènes de martyr souvent atroces, parfois burlesques.

En savoir +

Consultez le site Internet du château de Chantilly.

Étude pour le personnage d’Alessio Falconieri dans « La mort d’Alessio Falconieri » (vers 1604-1612) par Bernardino Barbatelli (1548-1612) – Sanguine, craie blanche – Fondation Custodia (Paris)

Exposition « Dessins du Seicento. L’Italie du XVIIe siècle, autour des collections du musée Condé »
7 mars – 14 juin 2026
Cabinet d’arts graphiques Prince Amyn Aga Khan
Musée Condé – Château de Chantilly

 

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