
Ce reportage sera disponible samedi 14 février à 19h sur cette page.
Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal »
15 novembre 2025 – 29 mars 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Collectionneur discret à l’affût de tableaux qui pourraient rencontrer ses goûts, arpentant salles des ventes et galeries, Antoine Béal vit au milieu des oeuvres d’art dont nombre a déjà été donné en pleine propriété ou sous réserve d’usufruit aux collections publiques françaises.
Pour la première fois, sa collection est révélée au public dans son intégralité, levant le voile sur une personnalité au service des arts. En soixante tableaux, un pan actuel de l’histoire des musées (Amiens, musée du Louvre, Lyon, Montpellier, Montargis, Orléans, Rennes, Strasbourg) se raconte au gré des passions d’un collectionneur qui, depuis des décennies, a mis son nom aux côtés de ceux qui ont fait l’histoire des collections françaises.
Pour cette visite privée, vous êtes accompagnés par Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans, et d’Antoine Béal, collectionneur et mécène des musées français.

« J’ai toujours tellement aimé les musées, je m’y suis construit et j’y vis de grands bonheurs, c’était la destination la plus heureuse pour les tableaux que j’ai réunis. » – Antoine Béal

Le don sous réserve d’usufruit permet à un donateur d’offrir une œuvre à un musée tout en conservant la jouissance de l’objet. L’œuvre est dès lors inscrite sur l’inventaire et fait l’objet d’un suivi par les équipes scientifiques, mais elle demeure chez le donateur jusqu’à la date de son choix.
Alors que depuis quelques années Antoine Béal avait décidé de ne plus acheter que des oeuvres qui, par leur intérêt historique et leur qualité picturale, pourraient trouver à sa mort leur place dans des musées, une conservatrice du Louvre lui fait découvrir ce dispositif, qui lui ouvre une nouvelle perspective. En 2006, il fait son premier don sous réserve d’usufruit.




Futur juriste, Antoine Béal développe enfant, au contact des musées, une curiosité vive pour cette peinture ancienne qui le stimule et le fascine. Par noms, par écoles, à la façon d’un centre de documentation, il classe les images glanées dans les revues et se forge sans le réaliser une connaissance solide des fondements de l’histoire de l’art. Adolescent, il est passionné par les grands maîtres, les Hollandais, les Français, les Italiens, du XVIe au XIXe siècle.
Une habitude prise dès l’enfance ne saurait disparaître et la joie de parcourir les musées se prolonge à l’âge adulte, dans une période où les expositions connaissent une croissance inédite et un âge d’or permettant plus facilement qu’aujourd’hui de réunir l’œuvre entier d’un artiste. Celles qu’organise Pierre Rosenberg révèlent au grand public les XVIIe et XVIIIe siècles français dont il est spécialiste. Une génération entière de visiteurs est bercée par ce « goût Rosenberg » : Poussin, Restout, Chardin, Subleyras, La Hyre, Cretey…


Qu’auraient été les collections françaises si elles avaient bénéficié de l’extraordinaire collection de Richard Wallace (1818-1890), joyau perdu des musées français lorsque sa veuve la donne à la Grande-Bretagne ? Ses Delaroche restent un idéal de beauté pour Antoine Béal qui aime l’idée de partager avec lui un goût immodéré pour un XIXe longtemps peu exposé dans les musées et vers lequel il a glissé jusqu’à le placer au sommet. Son irrépressible passion pour la peinture de genre historique romantique, qui se croise chez lui dans les tableaux d’artistes aujourd’hui peu connus du grand public et qu’il a appris à connaître en suivant le marché de l’art.



En 2015, « L’Obole de la veuve » de François-Joseph Navez confirme ce « goût Antoine Béal » et l’impose comme un amateur courageux, au goût bien personnel. Quelques minutes avaient suffi, le soir du vernissage du salon Paris Tableau, pour réserver le tableau : grande concession financière, vaste format qui allait prendre une partie de l’appartement, il était aussi d’une beauté qui ne laissait pas la place à l’hésitation et pouvait lui échapper à tout instant. Sa dimension muséale le destinait à une grande collection XIXe, c’est à Orléans qu’il l’a offert pour mieux souligner une communauté de goût avec Eudoxe Marcille, collectionneur et grand directeur du musée d’Orléans de 1870 à 1890 et ses successeurs.




L’exposition « Paysages d’Italie » au Grand Palais en 2001 avait fortement frappé Antoine Béal, comme tous les visiteurs, qui découvraient le voyage en peinture auquel invitaient les peintres partis saisir au XIXe siècle la lumière du Sud. Si nombre des tableaux achetés à la suite, dans cette période de premier développement de la collection, ont été revendus depuis, pour en acquérir d’autres et leur laisser de la place, l’Italie n’a jamais disparu de ses préoccupations, évoluant simplement vers d’autres genres que le paysage et vers des artistes auxquels il s’est attaché au gré des visites de musées.

Le goût pour la peinture a pris un tour intellectuel avec le temps, remplaçant la séduction immédiate d’une esquisse par le plaisir d’un sujet complexe et abouti. De ces peintures savantes, Antoine Béal a tiré une sympathie pour les artistes du XIXe siècle qui ont œuvré dans le champ de la peinture d’histoire, dans une veine romantique ou académique.


Commissariat de l’exposition
Olivia Voisin, directrice du musée des Beaux-Arts d’Orléans

En savoir +
Consultez la page dédiée à l’exposition sur le site Internet du musée des Beaux-Arts d’Orléans.

Exposition « L’art de transmettre. La collection Antoine Béal »
15 novembre 2025 – 29 mars 2026
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
1 Rue Fernand Rabier
45000 Orléans


