Exposition « Picasso et la guerre »
5 avril – 28 juillet 2019
Musée de l’Armée
Hôtel national des Invalides

De la guerre d’indépendance cubaine à la guerre du Vietnam qui s’achève deux ans après sa disparition, Pablo Picasso a été le contemporain de conflits majeurs.
L’exposition du Musée de l’Armée – qui a fermé ses portes le 28 juillet 2019 – proposait d’explorer les différentes manières dont la guerre a nourri et influencé Picasso tout au long de son parcours artistique.

« Massacre en Corée » (1951) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

Vous n’aviez pas réussi à visiter cette exposition ? Suivez-moi pour une séance de rattrapage en images !

Autoportrait (1918) de Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

Espagnol résidant en France dès 1901, Picasso n’a jamais participé activement à une guerre, ni même été soldat. Libéré de l’obligation de service militaire, il a vécu les guerres du XXe siècle en tant que civil.

« L’Enlèvement des Sabines » (1962) par Picasso – Centre Pompidou (Paris)

Dès l’enfance, la guerre et les motifs guerriers sont présents dans l’œuvre du jeune artiste.

« Les Adieux et autres croquis » (1895-1896) par Pablo Picasso – Musée Picasso de Barcelone

« La Bataille de Covadonga » (1895-1896) par Pablo Picasso – Musée Picasso de Barcelone

Au cours de l’été 1914, Picasso peint pour le première fois le thème du peintre et son modèle. Faute de matériel, il choisit pour toile un torchon à rayures rouges et reprend le motif de l’homme à la pipe attablé, inspiré de Cézanne.

« Le Peintre et son modèle » (1914) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

« Homme barbu à la pipe, attablé » (été 1914) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

Dès l’automne 1912, il insère des coupures de journaux relatives au conflit balkanique dans certains de ses papiers collés. Puis la guerre frappe la France, où Picasso réside désormais, et touche ses plus proches amis, partis au front.

« Portrait de Guillaume Apollinaire » (1916) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

Si tu voyais ce pays, ces trous à hommes, partout, partout ! On en a la nausée, les boyaux, les trous d’obus, les débris de projectiles et les cimetières. » – Guillaume Apollinaire, 3 juillet 1915, cité dans les « Œuvres complètes » (1966) publiées chez Balland et Lecat

Lettre de Picasso à Guillaume Apollinaire, donnant des nouvelles de ses amis Braque, Derain, Gris et Jacob, 24 avril 1915 – Musée national Picasso-Paris

Lettre de Georges Braque à Pablo Picasso racontant son baptême du feu, 29 novembre 1914 – Musée national Picasso-Paris

Le déclenchement de la guerre d’Espagne, moment crucial, donne de nouvelles responsabilités à Picasso. Nommé à la direction du musée du Prado à Madrid, il peint, à la suite du bombardement de Guernica, la célèbre toile monumentale portant le nom de la ville martyre.

Picasso, en peignant Guernica en 1937 est d’emblée perçu par son entourage immédiat (Christian Zervos, Michel Leiris, Carl Einstein…) comme celui qui a compris, par-delà l’événement historique, les périls à venir. Il est ainsi un « Voyant », dont l’extrême sensibilité d’artiste lui permet de saisir ce qui se trame. C’est pourquoi, comme en témoigne sa correspondance de guerre, Picasso demeure un point fixe pour de très nombreuses personnalités, qu’il soutient, et une raison de combattre. » – Laurent Le Bon, président du Musée national Picasso-Paris

A droite : « Portrait de Paul Langevin » (1945-1946) par Pablo Picasso

Le début de la Seconde Guerre mondiale, puis l’Occupation, placent l’artiste dans une situation de profonde incertitude. L’art moderne, qualifié de « dégénéré » dans l’Europe sous domination nazie, rencontre un succès grandissant aux États-Unis. L’artiste devient l’épicentre d’un réseau de relations avec des peintres ou intellectuels français, mais aussi allemands.

Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements .C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi » – Pablo Picasso dans un entretien avec Simone Terry dans « Lettres françaises », 24 mars 1945

« Guerre et Paix » (1951) par Picasso – Musée national Picasso-Paris

À la Libération, l’artiste s’engage et engage désormais son art au bénéfice de causes politiques. La guerre et ses motifs, mais aussi la paix et ses symboles traversent après-guerre l’œuvre de Picasso.

A gauche : « Colombe bleue volant devant des barreaux » (1959) par Picasso – Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne)

« Portrait de rebelle marocain, première couverture avec inscriptions » (1933) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

« Nikos Béloyánnis » (1952) par Pablo Picasso

Cette exposition a été organisée par le musée de l’Armée et le Musée national Picasso-Paris, en partenariat avec le musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne.

Toute sa vie fut un combat contre toutes les formes de déshumanisation, d’aliénation et d’oppression, en premier lieu la guerre. Picasso avait une arme, la sienne, l’art. » – Guy Krivopissko, membre du comité scientifique de l’exposition

Sources :
– dossier de presse de l’exposition
– interview de Laurent Le Bon et Guy Krivopissko par Vincent Giraudier et Ariane James-Sarazin dans « Écho du dôme », février-mai 2019.

Toutes les photographies par @scribeaccroupi.

« Minotaure au poignard brisé et Colombe de la Paix » (1953) par Pablo Picasso – Musée national Picasso-Paris

Exposition « Picasso et la guerre »
Musée de l’Armée
Hôtel national des Invalides
5 avril – 28 juillet 2019
129, rue de Grenelle
75007 Paris

A gauche : « Femme nue au bonnet turc » (1955) par Picasso – Centre Pompidou (Paris)

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