[Chef-d’œuvre] Le Gaulois captif du musée Arles antique

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Gaulois captif
Ier siècle avant J.-C.
Musée départemental Arles antique

À présent « déconfiné », le musée départemental Arles antique est de nouveau accessible à la visite depuis le 30 mai, dans la limite de 50 personnes présentes simultanément.

Avez-vous déjà visité ce musée, construit à Arles sur la presqu’île du Rhône où se trouvait l’ancien cirque romain ?

Ses collections sont riches de nombreux sarcophages et de spectaculaires mosaïques, ainsi que du buste présumé de Jules César.

Des découvertes dans le Rhône

En août 2007, plusieurs découvertes majeures sont faites dans le lit du Rhône par le plongeur archéologue Luc Long et son équipe. Parmi ces découvertes se trouvent le fameux buste présumé de Jules César (présenté en 2012 au Louvre), une statue de Neptune, une Vénus en bronze et un captif à genoux.

Le Gaulois captif

Ce Gaulois est représenté les mains ligotées dans le dos. Des monnaies romaines montrent également un Gaulois nu, genou à terre, ainsi qu’une femme assise dans une attitude de soumission.

Six pièces assemblées par soudage

Cette statue témoigne des techniques de fabrication des sculptures en bronze d’époque grecque et romaine. Les recherches effectuées au Centre de recherche et de restauration des musées de France ont montré que la réalisation des grands bronzes antiques reposait sur la maîtrise de deux procédés complexes.

La fonte en creux à la cire perdue
Le fondeur a choisi de découper cette œuvre en six pièces (la tête, le corps et les quatre membres), grâce au procédé de fonte en creux à la cire perdue, lequel permettait d’obtenir des objets aux parois métalliques extrêmement fines. Ici, le Captif, sans doute imberbe au départ, a été pourvu d’une barbe et d’une moustache en ajoutant ces détails sur la cire.

Le soudage par fusion au bronze liquide
Les six pièces ont ensuite été assemblées par un autre procédé, du bronze liquide étant directement versé sur les pièces à joindre. Le savoir-faire de cette méthode a été définitivement perdu à la fin de l’Antiquité.

Sa chevelure abondante est dessinée sans désordre. Sa barbe courte et sa moustache sont parfaitement ciselées. Les arcades sourcilières, tout juste proéminentes, soulignent les orbites vides de ses yeux.

L’anatomie de cet homme captif est déformée : une jambe plus courte, un torse désaxé, l’attache des bras trop épaisse, les bras trop courts, de longs pieds, mais le tout s’équilibre dans la vision d’ensemble.

Captifs et vaincus de Provence

L’Hôtel de Sade à Saint-Rémy-de-Provence présente un autre Gaulois captif.

Un Perse vaincu a récemment été prêté au Louvre par le musée Granet d’Aix-en-Provence, pour y être exposée aux côtés d’un « Gaulois blessé » (photo ci-dessous), découvert en 1514.

Le « Gaulois blessé » du musée du Louvre

Musée départemental Arles antique
Presqu’île du Cirque-Romain
13635 Arles

Le musée départemental Arles antique présente la plupart des découvertes faites dans le Rhône au cours des dernières années.

Sources :
dossier de presse de l’exposition « Arles, les fouilles du Rhône – Un fleuve pour mémoire » au musée du Louvre
article de l’Institut de Soudure

En savoir +

– Visitez le site Internet du musée départemental Arles antique
– Découvrez les photographies sur le site du C2RMF

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