Bronze, vers 300 avant J.-C.
Antiquités étrusques du Louvre

Découverte à Fiesole, près de Florence, cette tête de bronze appartenait à une statue en pied. Il s’agit du portrait honorifique d’un jeune homme.


Ce portrait rappelle les effigies des défunts figurés sur les urnes et les sarcophages du IIIe siècle avant J.-C., et les ex-voto représentant le plus souvent des types génériques.
Ici toutefois, le visage du jeune homme semble davantage individualisé.


La chevelure est détaillée mèche par mèche.


Des rides profondes, un nez fort et un menton proéminent donnent au personnage une expression soucieuse et volontaire.


A l’origine, les yeux étaient incrustés d’une matière qui indiquait l’iris et la pupille.

L’obèse Étrusque

Ce visage rappelle la description de l’ « obèse Étrusque » (obesus etruscus) par le poète latin Catulle (84-54 avant J.-C.).

En toute occasion, en quelque lieu qu’il soit, quoi qu’il fasse, il rit toujours. C’est là sa manie ; mais elle n’est, à mon sens, ni de bon goût, ni polie. Je dois donc t’avertir, brave Egnatius, que quand bien même tu serais né à Rome, ou chez les Sabins, à Tibur, ou chez l’Ombrien économe, chez l’Etrurien bien nourri (« obesus etruscus ») […] ou tout autre peuple qui se rince la bouche avec une eau pure, encore ne te permettrais-je pas de rire ainsi à tout propos : car rien n’est plus sot qu’un sot rire. Mais tu es Celtibérien ; et les gens de ton pays ont tous la coutume de se rincer chaque matin les dents et les gencives avec leur urine ; or, plus l’émail de tes dents à d’éclat, plus il prouve que tu as avalé de ce dégoûtant gargarisme. » – Catulle dans l’un de ses « Poèmes »

Sources :
Article sur le site Internet du Louvre
– Poème XXXIX « Contre Egnatius » de Catulle, traduction de 1862 par Héguin de Guerle

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