Un joyau du musée de Palmyre

Il s’agissait de l’une des pièces maîtresses du musée de Palmyre.
Le « Lion du temple d’Al-Lât », connu aussi sous le nom de « Lion d’Athéna », est représenté la gueule entrouverte, une antilope – ou plutôt plus précisément un oryx d’Arabie – entre ses pattes. Le lion est l’attribut traditionnel de la déesse Al-Lât dont le culte est attesté pour la première fois par Hérodote.

Photographie par Mappo, avril 2010 – source Wikipedia – sous licence Creative Commons

Découvert en 1977 par la mission archéologique du Centre polonais d’archéologie méditerranéenne dans le quartier ouest de Palmyre, connu sous le nom de « Camp de Dioclétien », ce Lion est daté du 1er siècle avant J.-C. Les morceaux de pierre en calcaire qui composaient la statue avaient été réemployés au 3e siècle pour réaliser une fondation.

Une première restauration en 2005

En 2005, la statue est restaurée à Palmyre par Bartosz Markowski (Université de Varsovie), et Robert Zukowski (Académie polonaise des Sciences). Les pièces sont alors réassemblées de manière plus stable et certaines parties manquantes sont sculptées et ajoutées.

Restauration de 2005 – photographie D. Wielgosz, Université de Varsovie

Nous pensions préserver cette statue pour 200 ou 300 ans. Malheureusement, notre restauration aura à peine duré une décennie. » – Bartosz Markowskide l’Université de Varsovie

Destruction par Daesch en 2015

En 2015, le Lion est détruit à la pelle mécanique par les djihadistes de Daesh. Placée à l’entrée du musée de Palmyre, la statue n’avait pas pu être évacuée avant la prise de la ville, du fait de sa taille (3,5 mètres de hauteur) et de son poids (15 tonnes).

Fragments du lion lors de sa nouvelle restauration en 2016 – photo Unesco

Nous l’avions recouverte d’une plaque de fer et entourée de sacs de sable car nous voulions la protéger des bombardements mais jamais nous n’avions imaginé que l’EI viendrait dans la ville pour la détruire » – Maamoun Abdelkarim, directeur des antiquités et des musées de Syrie

Numérisation 3D

La société Iconem a numérisé une réplique du Lion conservée au musée de Damas ainsi que les fragments de la statue détruite. La comparaison des deux modèles a permis aux scientifiques d’étudier les dommages subis par la sculpture avant de procéder à sa restauration.

Une nouvelle restauration en 2017

Lorsque Daesch est chassé une première fois de Palmyre, Bartosz Markowski est le premier archéologue étranger à fouler le sol de Palmyre.
En avril 2015, les fragments du Lion sont  évacués de Palmyre à Damas.
De nouveau restauré par la même équipe polonaise qu’en 2005, le Lion vient d’être exposé à Damas. Selon Bartosz Markowski, la moitié environ de la statue restaurée est issue de l’œuvre originale.

Transport des fragments du lion de Palmyre pour sa restauration à Damas en 2016 – photographie : direction des antiquités et musées de Syrie – source : www.dgam.gov.sy

Retour à Palmyre

Actuellement exposée devant le musée de Damas, le Lion retournera très certainement un jour à Palmyre.

Suivez l’actualité de la sauvegarde du patrimoine culturel par l’Unesco : @Unite4Heritage

Sources :
La restauration du lion de Palmyre sur le site Internet de l’Unesco
Article « Sciences et Avenir » le 3 juillet 2015
Page dédiée au musée de Palmyre sur le site Internet de l’Iconem
Article « La Croix » le 24 avril 2016
Article (en anglais) de Bartosz Markowski (université de Varsovie) sur la restauration de 2005

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